20/09/2018

« L’esprit de notre temps »

Il y a des Gazaouis qui lisent + 972 Magazine ! Le refus du service militaire de Hilel Garmi (voir mon blog du 11 septembre) a suscité une réponse du pacifiste de Gaza Ahmed Abou Artema sur le même site. Cette réponse, rédigée en arabe, a été traduite en hébreu et publiée dans Local Call. Elle a paru ensuite en anglais dans + 972, et c’est ce texte dont je vous livre ici la traduction. Que c’est beau, cette danse des langues et surtout ces affirmations de valeurs et d’espoirs réciproques !

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Ahmed Abou Artema et Hilel Garmi : les précurseurs d’un changement de paradigme (photo Local Call)

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13/09/2018

L’heure du thé

Tout est possible. C’est une approche qui apporte du bien et de l’énergie. Rien n’est possible. C’est une conviction qui confirme le désespoir et l’impasse. Au milieu de tout cela, le changement s’annonce, inexorable. Résister, c’est se faire mal. C’est une constatation dans les arts martiaux et dans les défis que la vie avec les autres nous imposent. Le changement, par contre, peut venir à tout petits pas, comme celui de la résistance de l’objecteur de conscience de notre dernier article. Et comme l’invitation au thé de quelques Palestiniens de Gaza à des voisins Israéliens, vendredi dernier, au milieu des manifestions pacifiques et pourtant mortelles pour certains. Une histoire qui ne risque pas à être raconté dans les médias, parue sur le site + 972 mag en anglais. Je vous livre la traduction en français ici. Demain, c’est vendredi.

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L’heure du thé le long de la frontière entre Israël et la bande de Gaza lors de la Grande Marche du Retour, 7 septembre 2018 (Haim Schwarczenberg)

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11/09/2018

Bonne et heureuse, la nouvelle année de Hilel Garmi !

La troisième condamnation en prison pour l’objecteur de conscience israélien Hilel Garmi tombe au moment de à la nouvelle année juive. Garmi refuse le service comme bien d’autres jeunes avant lui, il cite notamment les idées de résistance non-violente d’un des penseurs gazaoui de la Grande Marche de Retour, Ahmed Abou Artema. Enas Fares Ghannam a expliqué comment Artema, qu'elle appelle Ratima,déjà en 2011, inspiré par le printemps arabe, a eu l’idée d’un grand rassemblement pacifique aux frontières avec l’Etat d’Israël pour demander d’appliquer des droits humains élémentaires. Artema et deux autres collègues de la société civil disaient entre eux que la situation spécialement critique à Gaza était un moment propice pour essayer cette approche, en visant, à la longue, un seul état « avec des Palestiniens et le peuple juif réunis sous un gouvernement élu par les deux parties. »

Ratima (ou Artema) était idéaliste. Garmi l’est aussi. Un article récent en anglais du + 972 mag, une traduction d’un article à l’origine en hébreu, relate le raisonnement expressif de ce jeune de 18 ans. Je le traduis ici en français.

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Hilel Garmi (photo Yoav Eshel)

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06/09/2018

Pourquoi les affaires ne marchent pas ? (4e partie)

Les légumes et les fruits de Gaza sont délicieux, comme peut témoigner toute personne qui a pu goûter de leur mangues, des pommes de Beit Hanoun, de leurs tomates, de leurs petits concombres succulents, … la liste pourrait être très longue. Pourtant, peu des produits agricoles sont exportés ou plutôt, exportables. De manière complètement déséquilibrée, les marchés de Gaza reçoivent de leur côté des quantités de légumes et fruits en provenance d’Israël.

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Exposition des produits agricoles locaux, ville de Gaza, 28 novembre 2017 (Ashraf Amra / APA images)

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04/09/2018

Pourquoi les affaires ne marchent pas ? [3e partie]

Pourquoi les affaires ne marchent pas ? [3e partie]

Une communication de Gisha, Centre israélien pour la libre circulation donne les détails d’un processus légal extrêmement long et compliqué qui a abouti à l’établissement de qui avait le pouvoir d’autoriser quoi concernant l’importation des biens dans la bande de Gaza. Grâce à Gisha, il y a plus d’un an, on sait que ce sont les autorités environnementales et en communication de l’Administration civile (CLA) pour la Cisjordanie qui délivrent les permis pour tout article dans les domaines de la communication, de la chimie ou du plastique. D’autres articles, tels des véhicules, des matériaux pour la construction, du bois de charpente, des machines à rayons-X, des réservoirs d’essence et des pompes, ont besoin de permis délivrés par l’officier de l’industrie et du commerce ou le chef du département de l’économie, qui travaillent tous les deux dans le CLA pour Gaza.

Les articles dits d’«aide humanitaire» (nourriture et tout ce qui est médical, par exemple) sont coordonnés avec le COGAT par l’Autorité palestinienne et l’ONU. Pour ce genre d’article, c’est le CLA pour Gaza qui a le mot final. C’est ainsi que Majd a appris que les Sunbox n’avaient pas reçu l’approbation nécessaire des autorités.

Le problème qui obsède les autorités israéliennes est le potentiel de l’« usage double » d’un article, c’est-à-dire, qu’un article ostensiblement à l’intention d’un usage civil risquerait à servir à un usage militaire. Les conséquences de ce souci sont le sujet de la troisième partie de l’article de M. Sadeh.  

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Le Sunbox – danger potentiel ? (https://www.launchgood.com/project/bringing_light_to_gaza_1#!/)

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02/09/2018

Pourquoi les affaires ne marchent pas ? [2e partie]

Lorsque j’ai commencé ce blog à Gaza en 2007, je fréquentais une imprimerie où les employés avaient des relations téléphoniques quotidiennes avec une firme en Israël qui leur fournissait du papier de meilleure qualité et meilleur marché que celui disponible depuis l’Egypte. Un employé de l’imprimerie en particulier apprenait l’anglais (dans un cours que j’enseignais) avec plaisir afin de mieux discuter avec son homologue israélien. Leurs discussions professionnelles tournaient autour des difficultés de l’importation de ce papier que l’Israélien voulait vendre et que le Palestinien voulait acheter. Cela me semblait absurde.

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Marché de la ville de Gaza, 6 mars 2018 (Ashraf Amra / APA images)

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29/08/2018

Pourquoi les affaires ne marchent pas ?

Un article récent en anglais dans le journal israélien Haaretz offre un aperçu rare et complet du cauchemar des commerçants des deux côtés de la frontière entre Israël et la bande de Gaza. L’article montre comment des difficultés inouïes liées aux échanges commerciaux ne sont pas inéluctables mais qu’ils sont soumis aux péripéties de la politique, sans aucune considération de la vie ordinaire souhaitée et souhaitable par et pour tous. Je propose de traduire l’article en quatre parties, vu sa longueur. C’est le titre de l’article qui m’a attiré tout d’abord, puisqu’il concerne une jeune entrepreneuse qui a figuré dans un blog précédant .

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Le passage commercial principal de Kerem Shalom, fermé en juillet 2018

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26/08/2018

La nécessité est la mère de l’invention

L’existence d’un pêcheur à Gaza est des plus précaires. Le 14 août, les autorités israéliennes ont annoncé que la pêche serait autorisée jusqu’à 9 miles nautiques dans la Méditerranée le long des côtes de Gaza au lieu des 6 miles imposées également de façon arbitraire. Pourtant, deux jours plus tard, la marine israélienne a poursuivi deux bateaux de pêcheurs palestiniens à une distance de 1 mile de la côte ! Après avoir tiré sur les bateaux, les soldats ont ordonné aux 5 pêcheurs entre 58 et 35 ans d’enlever leurs habits, de sauter dans la mer et de nager jusqu’au bateau militaire, où ils les ont arrêtés. Les deux bateaux ont été confisqués.

Cela servira-t-il d’avertissement à Mouath Abou Zeid, qui s’est lancé récemment dans la profession périlleuse de pêcheur ? Se trouvant au chômage, Abou Zeid s’est inventé un petit bateau de pêche original à partir de 700 bouteilles en plastique vides. Un article dans le Times of Israël décrit comment il a répondu à l’appel de la mer. Je le traduis ici en espérant la clémence des canonnières

 

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Le bateau-bouteilles, avec Abou Zeid et collègues à bord, navigue dans la mer de Rafah, au sud de la bande de Gaza, 14 août 2018 (AFP PHOTO / SAIF KHATIB)

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31/07/2018

La canicule à Gaza

Deir al-Balah, ou « the home of the dates » (qui compte 75'000 habitants, contre 200’000 à Genève), se trouve au milieu de la bande de Gaza. Comme à Genève, la météo estivale – 33° aujourd’hui avec 61 % d’humidité – pose des défis aux habitants de ce camp des réfugiés, établi en 1948. À sa porte, au lieu du Lac Léman, il y a la Méditerranée. Mais la mer est polluée et l’eau n’arrive pas toujours jusqu’aux habitations, de même pour l’électricité – ce qui est difficile à imaginer à Genève. Pour les résidents de la bande de Gaza, chaque jour est un exercice de survie. Un article du journal israélien Haaretz par un employé de Gisha, le Centre israélien pour la libre circulation, décrit la vie des gens ordinaires – et encore privilégiés ! – dans sa ville de Deir al-Balah pendant ces jours de grande chaleur. Je traduis ces propos ici.

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Le désespoir d’une femme bloquée au passage à la frontière de Rafah, 15 mars 2018 (photo Ibraheem Abou Moustafa/Reuters)

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25/07/2018

Le Quatorze Juillet à Gaza

A Genève, c’était la Belgique contre l’Angleterre. Le temps n’était pas meilleur pour la fête du quatorze juillet. Le long de la frontière avec Gaza, le soldat israélien Aviv Levi, 21 ans, fut abattu par des tirs. C’était la première issue fatale israélienne. (Depuis le 31 mars, on compte 142 morts et plus de 16'000 blessés Palestiniens.) En représailles, l’armée israélienne a bombardé une soixantaine d’immeubles liés, selon elle, au Hamas. Un de ces immeubles à la place Katiba, un parc dans la ville de Gaza, était vide – presque.

Deux amis inséparables de 15 et 16 ans qui se trouvaient sur le toit de l’immeuble abandonné ont rejoint le sergent Levi dans l’au-delà. Quel gâchis ! Selon le dictionnaire online, Aviv veut dire « printemps » ou « jeune ». Amir veut dire « prince », Luay, « perle ». Les trois familles et beaucoup de jeunes amis sont en grand deuil.

Un écrivain palestinien de 23 ans raconte en anglais le contexte de la courte vie d’Amir et Luay. Je traduis ces propos ici. Il faudrait qu’un ami d’Aviv prenne la plume également. La mort de ces jeunes pèse. Lourdement. La plupart des morts gazaouis de la Grande Marche du Retour sont des hommes, dont la plupart ont le même âge que les soldats qui tirent sur eux. Que les armes cessent de parler à la place des gens !

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Un ami d’Amir et Luay endeuillé à Gaza (Al Jazeera)

 

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