01/10/2014

Des jeunes soutiennent les plus jeunes

C’est l’idée du professeur Ziad Medoukh : guérir des blessures psychologiques en venant à l’aide à d’autres encore plus vulnérables. Dès le cessez-le-feu, le Centre de la paix de l’Université Al-Aqsa s’est lancé dans un projet pour former les étudiants intéressés à entourer les enfants traumatisés de Gaza et les aider à regagner stabilité dans une situation qui reste tout sauf normale. Le 28 août, Ziad a réuni ses étudiants et Dr Radwan Abou Roukba, professeur de psychologie universitaire. Le but était d’organiser des ateliers de soutien pour les enfants traumatisés dans les écoles et les centres de loisir de Gaza.

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Première réunion avec le professeur Abou Roukba le 28 août 2014 (photo Centre de la paix)

Le 4 septembre, les étudiants du Centre ont commencé une formation au bien-être personnel en partageant leurs vécus pendant les 51 jours des bombardements israéliens.

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Chacun se raconte et vit l’expérience d’être écouté, passage obligatoire pour comprendre l’importance de cet exercice, 4 septembre 2014 (photo Centre de la paix)

Le 14 septembre, deux petites filles sont venues au Centre pour partager leurs vécus avec les étudiants dans un exercice d’écoute. 

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Une petite fille témoigne (photo Centre de la paix)

Le 17 septembre, les étudiants ont revu toutes les activités proposées par leur formateur Dr Roukba, toujours en milieu familier à l’intérieur de l’université. Le jour suivant, en préparation pour leur travail, les étudiants ont reçu des enfants et commencé des activités avec eux à l’extérieur. 

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18 septembre 2014 avec Dr. Medoukh (photo Centre de la paix) 

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Tout le monde prend confiance, 18 septembre 2014 (photo Centre de la paix)

Un E-mail tout récent du Dr Medoukh raconte la suite. Voici ce qu’il écrit.

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21/09/2014

Enfin, la rentrée !

 

Dans la bande de Gaza, l’école s’est ouverte avec deux semaines de retard, le dimanche 14 septembre. Les assauts israéliens ont détruit ou endommagé 69% des écoles selon Connie Hackbarth du Centre des informations alternatives à Jérusalem. Dans ce contexte, Chris Gunness, porte-parole et directeur du soutien et des communications stratégiques de l’agence onusienne pour les réfugiés palestiniens, témoigne de la situation des écoliers de Gaza. Il écrit en anglais. Je traduis ses propos ici.

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Des écoliers boivent du jus assis sur un mur de leur école endommagée à
Shujahiya dans la ville de Gaza le jour de la rentrée, 14 septembre 2014 (Photo par AP)

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20/09/2014

À petits pas

Le changement commence souvent grâce à des minorités : après la lettre des réservistes du renseignement, on apprend que les Druzes israéliens commencent enfin à être dispensés du service militaire, comme ils le demandent depuis longtemps. Des citoyens israéliens vivant près de la bande de Gaza en ont aussi assez de la punition collective de Gaza. Naomi Benbassat, résidente du Moshave Ein Habesor, a écrit un article en anglais dans le Haaretz en tant que membre de l’association Other Voice (L’autre voix). Je le traduis ici.

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 Un enfant blessé attend des soins à l’hôpital Shifa, ville de Gaza après des attaques israéliennes, 30 juillet 2014. (Basel Yazoun/Activestills.org)

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14/09/2014

Des militaires du renseignement israélien condamnent la punition collective des habitants de la bande de Gaza

La nouvelle s’est répandue depuis trois jours : 43 réservistes des renseignements de l’armée israélienne ont envoyé une lettre aux autorités israéliennes déclarant leur refus de servir en tout domaine qui concerne l’occupation des territoires palestiniens. L’annonce originale était dans Ynet et le quotidien Yediot Aharonot. Le Monde l’annonce le 12 septembre. Dahlia Scheindlin, journaliste du + 972 Magazine, interviewée hier sur la chaîne anglaise d’Al Jazeera, a traduit le rapport de son collègue Haggai Matar en hébreu pour Local Call. Hier également, Le Temps a consacré un article à l’évènement. Aujourd’hui, Gideon Levy signe un article sur le même sujet pour le Haaretz.

Les hommes et les femmes de l’unité 8200 sont la crème de la crème des renseignements israéliens, responsables, entre autres, pour le recrutement de collaborateurs palestiniens, par tous les moyens. Ils accumulent de l’information sur toute personne considérée comme potentiellement vulnérable au chantage, de par ses habitudes sexuelles, ses besoins d’argent que ce soit pour ses propres besoins ou pour un enfant en besoin de chimiothérapie. Ils planifient des assassinats ciblés et des bombardements sur Gaza depuis l’Opération Plomb Durci qui, selon un refusnik interviewé par Matar, « n’était pas justifiée, a causé du mal à des innocents et n’a pas contribué à la sécurité des résidents d’Israël. »

Le Courrier et Le Monde ont publié des extraits de la lettre, qui est parue en entier dans The Guardian. Je la traduis ici avec les phrases du Courrier et du Monde en italiques. Le Monde et Le Temps affirment que tous ceux qui ont signé la lettre encourent des peines de prison. Les objecteurs de l’unité 8200 affirment que leur décision est une question de conscience. 

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Israel Defense Forces (IDF) unité 8200 (Photo par Moti Milrod)

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13/09/2014

Jusqu’à quand ?

Malgré le cessez-le-feu, des terres agricoles à Gaza ont été rasées le matin du 11.09.2014 par quatre bulldozers Caterpillar accompagnés par des véhicules de l’armée israélienne. Le 12.09, des forces marines israéliennes ont tiré sur des bateaux de pêcheurs pour la deuxième fois cette semaine. Déjà le 9.09, l’armée de la mer avait arrêté quatre pêcheurs et confisqué leur bateau. Cela se passe à maintes reprises depuis de longues années, passé sous silence par les médias et le monde international. Ce n’est qu’un peu de terre, ce ne sont que des paysans pauvres. Des pêcheurs ? Ont-ils des droits ? On reste coi. Cela fait partie du siège. Et, petit à petit, il y a moins de terre et moins de nourriture pour les gens de la bande de Gaza, moins de travail dans les métiers traditionnels de la terre et de la mer.

Des témoins sont pourtant là : Charlie Andreasson, qui a risqué sa vie sous les bombes israéliennes cet été, nous livre ses dernières observations en anglais. Nous le traduisons ici.

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Des Palestiniens pourvus d’un passeport étranger ont pu fuir les bombardements israéliens pendant une rare ouverture du passage de Rafah cet été.

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11/09/2014

« C’était au-delà des mots »

Un entretien avec Dr Mona El-Farra, directrice des projets à Gaza pour le Middle East Children’s Alliance (MECA) aide à comprendre l’état d’esprit des gens ayant survécu aux horreurs des sept semaines de juillet et d’août. Journaliste, Nora Barrows-Friedman connaît Dr El-Farra depuis des années. Elle l’a interviewée pour le podcast hebdomadaire de l’Electronic Intifada, en anglais. Ci-dessous, je traduis le témoignage de cette doctoresse.

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Des enfants palestiniens regardent par une ouverture de leur maison endommagée, le 26 août, jour suivant la déclaration de cessez-le-feu (Ramadan El-Agha / APA images)

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05/09/2014

L’énormité incommensurable des pertes

Le silence règne sur le deuil et le désarçonnement de gens de Gaza face à la désolation de leur lieu de vie. La désolation des lieux est visible ici : http://www.kolor.com/virtual-tours/20140818-kolor-lewis-whyld/. Mais la désolation la plus grande est invisible : il continue dans le cœur de chaque personne qui a survécu à l’assaut israélien. Il y a des enfants qui ont perdu la parole devant l’horreur, comme en 2009. Un exemple : Sara Ahmed, 7 ans, qui ne parle plus depuis que l’on l’a trouvé dans les bras de son père mort, sous les décombres de sa maison. Elle ne fait que gémir ou pleurer. Une autre Sarah de 23 ans s’exprime pour la petite Sara et pour tant d’autres dans un article en anglais sur le site du Mondoweiss. Je le traduis ici. 

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Sara Ahmed a déjà subi trois opérations. Elle ne peut plus mouvoir l’une de ses jambes dont le nerf est sectionné. (photo UNICEF/NYHP2014-1070/d’Aki)

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29/08/2014

La mort chez soi

Mourir lors d’une frappe d’un missile israélien sur sa maison : c’était le sort de 999 Palestiniens, dont 329 enfants et 212 femmes, durant les dernières attaques sur Gaza. A ceux-ci s’ajoutent 233 personnes tuées lorsqu’elles fuyaient les bombes. A Gaza, le Centre Al Mezan pour les droits humains continue à documenter toutes sortes de violations du droit international dans des circonstances extrêmement éprouvantes pour ses employés. Les rapports sont en anglais. J’en traduis un ici.

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Un enfant de la famille Al Qassas devant leur maison après l’attaque (photo Al Mezan)

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24/08/2014

Message d’une jeune palestinienne de Gaza

C’est lorsque j’ai commencé ce blog à Gaza, en mars 2007, que j’ai rencontré Karama. Son nom veut dire « dignité », « honneur », ou encore « respect » en arabe. En 2007, Karama, née au début de la première Intifada, avait 17 ans. Elle parlait l’anglais avec beaucoup de plaisir. Elle aimait danser et écouter la musique des Back Street Boys. C’était une jeune fille qui avait un regard positif : « Demain, ça ira mieux, » se disait-elle chaque jour.

Puis, tard dans la nuit au mois de juin, l’armée israélienne a tiré deux missiles sur un immeuble en face de chez Karama. Toutes les vitres de leur appartement sont parties en éclats, causant des blessures légères à trois personnes de sa famille. Le jour après, son visage était éteint. Je reconnaissais à peine la souriante jeune fille. Karama m’a confié :’C’est la première fois dans ma vie que je me dis que, peut-être, demain ne sera pas meilleur.’ 

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Dommages (photo Carol juin 2007), il n'y a plus de vitres et les cadres sont déformés.

Quand je suis retournée à Gaza en 2011, j’ai retrouvé Karama, une jeune femme. Elle terminait ses études d’anglais à l’université tout en enseignant l’arabe qui est parlé à Gaza. Après mon départ de Gaza en 2012, nous sommes restées en contact. Karama me demande maintenant de traduire et publier un texte qu’elle a écrit tout récemment. Le voici.

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21/08/2014

Comment en sont-ils arrivés là ?

Journaliste israélien, Ami Kaufman est en deuil : ses concitoyens ont perdu toute sensibilité morale. Il écrit en anglais. Je vous propose la traduction de son article tout en réfléchissant aux propos de Didier Burkhalter et Peter Maurer dans Le Temps d’aujourd’hui :« Un droit qui est régulièrement violé, sans que cela suscite de véritable réaction, risque peu à peu de perdre de sa validité. … Le droit international humanitaire est… un droit irrévocable ; ce droit repose sur une conviction forgée à travers les siècles et les cultures [pour] éviter que les guerres ne dégénèrent en barbarie. »

 

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Bombe non explosée dans une maison de Beit Hanoun 4 août 2014 (Photo Activestills par Anne Paq)

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