05/04/2007

Ziad

Ma première connaissance sur le Web s'appelle Ziad.  Ayant fait maintes formations dans la communication non-violente, je cherchais des informations lorsque je suis tombée sur un inconnu qui défendait la nécessité de l’action non-violente en Palestine. Il écrit en français, et il est palestinien. Pour moi, c’était du jamais vu ! J’ai lu ses écrits et ses poèmes pendant des mois jusqu’à l’opération « Arc en Ciel », le nom cynique donné aux incursions meurtrières à Rafah, au sud de la Bande de Gaza, en mai 2004.  Tout d’un coup, la personne que je lisais à son insu exprimait un grand désespoir. Il se demandait pourquoi le monde avait abandonné la Palestine.  J’ai eu envie de lui répondre, et notre amitié électronique s’est liée.

Ziad Ziad au Pré Byron, Cologny, Genève été 2004, Photo Carol

Quelque temps après, Ziad m’a écrit qu’il venait à Genève, suivre la formation « Ecole, instrument de paix » http://www.portail-eip.org/indexf.html. Il se trouvait en France, où il terminait des études pour l’enseignement du français comme langue étrangère. Il voulait me rencontrer.  Moi et ma famille, nous avons invité Ziad à manger à la maison. Nous avons appris que, sur les deux millions d’habitants de la Bande de Gaza, quelques centaines parlent le français et l’aiment pour ce que cette langue apporte de culturel. Dans la ville de Gaza, il y a même un Centre culturel français très actif.

Rentré à Gaza à la fin de l’été 2004, Ziad est devenu responsable pour la faculté de français de l’Université d’Al-Aqsa.  En 2005, 54 jeunes ont reçu leurs diplômes d’étude du français. Le contexte était sombre.  Gaza continuait à subir des attaques de l’armée israélienne qui réduisait la vie en survie pour beaucoup. La situation est devenue pire en janvier 2006, lorsque la communauté internationale, qui avait pourtant souhaité des élections démocratiques, a coupé l’aide en réaction à la victoire du Hamas.

 

C’est dans cette période que mon ami Ziad a initié son Centre de la Paix à l’intérieur de l’Université d’Al-Aqsa. Depuis, malgré tous les évènements difficiles, il a tenu ferme dans la poursuite de son rêve : faire connaître les principes de la non-violence comme nécessité, surtout aux étudiants qui sont les futurs enseignants des écoles publiques de Gaza.  Tenir bon voulait dire répéter et convaincre que la paix n’est pas un luxe :  elle est possible parce qu’elle est absolument nécessaire http://www.peaceispossible.info/french/La%20Paix%20est%20.... Et ceci en dehors de tout contexte spécifique géopolitique.   

Alors, moi qui aime les nouveaux horizons, j’ai récemment répondu à une invitation de mon ami Ziad de venir enseigner dans le Centre de la Paix.  Le Réseau de la communication non-violente européenne http://www.nvc-europe.org/suisse/ s’intéresse vivement à son travail, et nous espérons appuyer ses échanges d’étudiants. Je me réjouis de partir et de pouvoir communiquer quelques nouvelles du Centre de la Paix de Gaza ici sur le blog de La Tribune grâce à ce nouveau mode de communication !

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Commentaires

J'espère contribuer ici à mettre en lien des organisations qui oeuvrent pour la paix ou pour un monde plus juste. Pour ce faire, je tente d'être aussi précise que possible sur les références de ces organisations. Si l'une ou l'autre des dites organisations ne désirent pas figurer ici, je m'engage à supprimer au plus vite les mentions ou images les concernant.

Écrit par : Carol | 05/04/2007

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