17/12/2007

Exposition du livre français à Gaza

Nouvelles de la faculté de français de l’Université d’Al-Aqsa

(avec mes remerciements à Ziad Medoukh)


  
Entre le 12 et le 16 décembre, le Centre culturel français (CCF) de Gaza et le Forum Interprofessionnel Francophone (FIF) de Gaza sponsorisaient une exposition de livres et d’autres matériels pédagogiques pour l’enseignement et l’apprentissage du français. L’exposition était marquée par la participation du doyen de la faculté des lettres, le chef du département des bibliothèques, une représentante du FIF et le directeur du CCF, M. Gaëtan Pellan. Ce dernier, qui représente le Consulat Français à Jérusalem à Gaza, ne manque jamais une occasion pour promouvoir des évènements positifs pour les jeunes gazaouis. On le voit tout à fait à droite sur la photo.

 

 Invités de lexposition

 

invités de l'exposition

 

C’est Ziad Medoukh, chef de la faculté de français, qui m’envoie ces nouvelles et ces quelques photos. A Genève, on imagine mal une telle exposition axée sur une langue étrangère qui passionnerait les jeunes. Mais à Gaza, le français est vu comme une clé pour l’accès au monde extérieur. Les étudiants savent que leur professeur s’est fait beaucoup d’amis lorsqu’il étudiait à l’Université de Grenoble. Le français est surtout une promesse qui motive ces jeunes universitaires en dépit des circonstances éprouvantes de leur vie de jour en jour. Dans les salles de la faculté de français, on n’entend pas un mot d’arabe : professeur Medoukh parle aux débutants comme aux avancés, et il faut lui répondre en français ! L’apprentissage se fait en exerçant la langue : Il faut faire ceci. Avez-vous fait cela ? Où sont les chaises et la table pour nos invités ?  Est-ce que vous vous rappelez où nous avons mis ce papier ? Etes-vous prêts ? Allez-y alors et revenez avec les détails …


  

Pour revenir à l’exposition, Ziad précise que c’est la maison d’édition CLE International à qui on doit les méthodes pour l’enseignement de français comme langue étrangère, les CD, les cassettes audio et vidéo, les livres de compréhension, l’expression orale et expression écrite, les DVD, les livres de vocabulaire , les logiciels de langue, les examens du DELF, les dictionnaires et les revues pédagogiques.


  

étudiants visitant lexposition

 

étudiants visitant l'exposition

 

De leur part, les étudiants ont contribué à l’exposition avec des travaux originaux : une carte en relief de la Cisjordanie avec le tracé du Mur ; une carte de la France avec des fromages français de différentes régions ; une présentation des grandes villes palestiniennes et françaises par le moyen d’une caisse sous forme de télévision. Une étudiante a même brodé la carte de la France avec, à son intérieur, la carte de la Palestine.
 

 broderie

 

broderie

 

A quand une rencontre entre la dynamique faculté de français de l’Université d’Al-Aqsa et la Suisse romande ?!


  
(Ziad Medoukh peut être contacté à : aqsafrancais@yahoo.fr )
 
 

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09/12/2007

Lumière d’espoir ou espoir de lumière ?

A Genève, les lumières de Noël illuminent la grisaille des jours d’hiver. En Israël, c’est Hanukka, la fête des lumières. Dans la bande de Gaza c’est aussi l’hiver, mais l’Etat d’Israël coupe la lumière. Des coupures d’électricité de plus en plus fréquents ravagent le bon fonctionnent des hôpitaux, détruisant le stock déjà réduit de médicaments et vaccins.

 

Des milliers d’étudiants gazouis attendent depuis des mois, parfois même depuis plus qu’un an, de pouvoir partir ou retourner à l’étranger, afin de commencer ou poursuivre des études pour lesquelles ils on reçu une bourse. Le passage aux frontières leur sont constamment refusés, même avec un visa bien en ordre. Il n’y a pas de lumière dans leurs vies.

 

Depuis la conférence d’Annapolis, 30 palestiniens ont été tués par missiles, bombes à sous-munitions et balles réelles par l’armée israélienne, qui semble parfois tirer par pure envie de tuer : ainsi, un homme en visite dans le jardin de son frère et un paysan dans son champs ont trouvé la mort, sans provocation ni avertissement.

 

Au moins 12 malades (cancer, problèmes cardiaques, accident de route) sont morts, soit dans une ambulance arrêtée à la frontière, soit de retour à l’hôpital après qu’on leur ait refusé le passage, malgré des papiers tout à fait en ordre. Il s’agit d’un bébé, d’enfants (dont un mort des complications de la varicelle!), de femmes (dont une mère de 7 enfants, empêchée à plusieurs reprises de suivre un traitement pour le cancer du sein) et d’hommes de tous âges. Voir leurs patients mourir par manque de soins aux portes même de Gaza remplit leurs médecins de désespoir.

 

Miri Weingarten, des Médecins pour les droits de l’homme – Israël (PHR, Tel Aviv) explique la situation derrière ces refus : à la frontière d’Erez, des agents du Shin Bet (l’intelligence israélienne) interrogent les malades sur leurs amis et leurs voisins. Les malades refusent souvent de parler. Ils sont alors simplement renvoyés à leur mort. Le PHR fait partie des nombreuses organisations locales et internationales qui ont soumis des pétitions à la Cour Suprême israélienne et au gouvernement israélien pour faciliter le passage des patients à la frontière. A ce jour, ils n’ont reçu aucune réponse. (Détérioration de la situation sanitaire dans la bande de Gaza , 7-12-2007)

 

Les médias en général continuent d’informer partiellement ou pas du tout sur la situation précaire entretenue par l’Etat israélien dans la bande de Gaza. Dans ce contexte, une voix rare, une voix suisse, s’exprime sur la réalité sur place : « L’automne à Gaza plage », d’Alain Campiotti, le 8 décembre 2007.

Assemblage

Les artistes venus à Genève en mai et d’autres collègues ont crée un beau site internet qui  montre, entre autres, leur « Nuit blanche » au Centre culturel français (octobre 2007). De la lumière, donc !

 

Et une pensée pour un professeur qui fait face tous les jours à des étudiant(e)s découragés, déçu(e)s et tristes, qui lui ont fait confiance pour des séjours linguistiques en France, dont les visas obtenus avec grande difficulté n’ont pas été respectés. Ce professeur écrit un poème « Le mort lente à Gaza » :

 

« Pas de perspectives (…)
Seulement la souffrance (…)
Attaques permanentes
Blocus et embargo
Economie effondrée
Unité nationale absente
Malades qui meurent (…)
ce monde d’intérêts(…)
a oublié
Gaza la méditerranée (…)
Il a oublié le parfum de sa terre
(…)
A Gaza, nous avons tout perdu
Il ne reste qu’un mot : espoir. »

 

Muni de son espoir inébranlable, Ziad Medoukh a organisé deux évènements récents au Centre de la paix de l’Université Al Aqsa : une exposition artistique sur la violence contre les femmes le 28 novembre ...

Exposition violence contre les femmes

... et une rencontre, le 6 décembre, avec un psychiatre pour discuter de la situation psychologique des palestiniens sous le blocus à Gaza.

Psychiatre de Gaza et étudiants 

 

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