17/02/2008

La vengeance n’est pas une réponse

Les jours passent avec beaucoup de morts et blessés dans la bande de Gaza. Du côté israélien à Sdérot : une morte et deux blessés. Des deux côtés : des dommages matériels importants, la peur comme pain quotidien, un ras-le-bol et la fatigue de survivre au lieu de vivre. Mais les êtres humains sont capables d’une résilience inouïe !

 

Une voix du Centre d’Information Alternative, une ONG israélo-palestinienne (http://www.alternativenews.org - site en arabe, hébreu et anglais), éclaire l’impasse entre les villes voisines de Sdérot et Gaza. Shir Hever, jeune économiste israélien, parle des citoyens israéliens engagés pour changer la politique actuelle de l’Etat d’Israël dans la bande de Gaza.

 

Qu’ils mangent du Schadenfreude : la souffrance des gazaouis comme panacée pour Sdérot,  7 février 2008

 

L’échec prolongé du gouvernement israélien de venir en aide à Sdérot est attribuable à aucune impuissance, mais à une logique cruelle qui réfléchit les priorités des autorités politiques. Le seul bonheur accordé par le gouvernement à Sdérot en ce moment difficile est le Schadenfreude – le bonheur qui vient de la souffrance des autres. Au lieu d’assister les victimes, le gouvernement crée de nouvelles victimes à Gaza : pour chaque citoyen de Sdérot blessé par une roquette Qassam, l’armée israélienne tue des dizaines de palestiniens. Est-ce que cette situation réconforte les gens de Sdérot qui subissent les attaques Qassam ?

le gouvernement israélien déçoit les habitants du nord-ouest du Néguev.  Exercer de la violence envers des résidents de Gaza qui n’ont aucun moyen de défense ne constitue pas une réponse constructive à la détresse des gens dans le Néguev du nord-ouest.  En réalité, le gouvernement n’a pas de réponse à leur détresse.

La politique israélienne prouve continuellement aux palestiniens que des négociations avec Israël n’amènent pas à une amélioration de leur vie et que seule l’action violente est capable d’influencer l’opinion publique israélienne à examiner la situation des palestiniens.

 

En fait, dans sa détermination d’ignorer le droit international, les résolutions de l’ONU et les demandes des palestiniens pour leurs droits individuels et collectifs, Israël pousse la population palestinienne à l’ultime action possible de lutte pour leurs droits : le militantisme armé.

Israël doit être forcée de développer une approche alternative afin de montrer aux palestiniens qu’il existe un autre chemin pour la réalisation de leurs droits, d’ouvrir le passage sécurisé entre Gaza et la Cisjordanie, d’arrêter le siège économique et militaire des Territoires Occupées Palestiniennes, d’assumer la responsabilité pour les dégâts causés par l’occupation et de commencer à offrir des compensations à la population palestinienne pour la reconstruction des infrastructures détruites ou endommagées par les forces de l’occupation israélienne.

 

Le samedi 26 janvier, un long convoi d’israéliens provenant de partout dans le pays a convergé vers le checkpoint d’Erez pour demander une fin du siège et pour essayer de faire passer de la nourriture essentielle de l’autre côté.  Des citoyens de Sdérot se sont joints à ce mouvement sûrs d’une chose : affamer Gaza et le plonger dans le noir ne garantit en rien leur sécurité mais la prétérite encore plus. Ces gens de Sdérot font partie d’une minorité actuellement, mais ils représentent une fissure dans le mur de propagande sioniste qui exige du sang pour du sang comme unique solution. … Entre-temps, le gouvernement continue sa politique d’agression au prix de souffrances des deux côtés.

 

 

Shir Shodzik 

 

Shir Shodzik, résidente de la ville israélienne de Sdérot, à la manifestation du 26 janvier (photo : Bryan Atinsky, 2008).

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Commentaires

J'ai eu sous les yeux des documents démontrant clairement que les militants palestiniens tirent leurs roquettes depuis ou juste à côté de maisons d'habitation dans la Bande de Gaza. Cela prouve qu'ils n'ont aucune considération pour la vie de leurs propre civils. En tout cas, il est certain que ces morts civils leur profitent puisque toutes ces victimes provoquent une pression de l'opinion internationale contre Israël. A qui profite le crime? Je peux être d'accord avec certaines de vos solutions concernant le conflit, mais je pense que vous êtes aveugles concernant le partage des responsabilités. Vous faites preuve d'un parfait manichéisme à la George W. Bush. Les gentils Palestiniens et les méchants israéliens... La vérité est beaucoup plus complexe et sans accepter la vérité dans son entièreté il sera impossible de jamais trouver une solution à ce conflit.

Écrit par : Raphael Zbinden | 13/03/2008

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