30/03/2008

Le Centre de la Paix Persiste et Signe !

L’infatigable Ziad Medoukh, responsable de la faculté de français de l’Université d’Al-Aqsa dans la ville de Gaza, fondateur et animateur de l’unique Centre de la Paix de l’Université Al-Aqsa continue ses activités citoyennes avec les étudiants.  

« Atelier sur la démocratie et les droits de l'homme

Ziad Medoukh

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Malgré une situation particulière dans la bande de Gaza marquée par le blocus, la fermeture et l'absence des perspectives politiques, sans oublier les difficultés économiques, le Centre de la Paix de l'université Al-Aqsa à Gaza poursuit ses activités de sensibilisation à la paix, à la démocratie, aux droits de l'homme et la non-violence.

Le jeudi 27 mars 2008, le centre a organisé un atelier sur la démocratie et les droits de l'homme avec la participation de 25 étudiants et étudiantes de l'université Al-Aqsa. Ziad Medoukh a affirmé la volonté de l'équipe du centre de proposer des activités variées pour les étudiants malgré le contexte difficile  dans la bande de Gaza. Il a parlé des prochaines activités du centre. Il a annoncé que le centre a décidé d'organiser une activité chaque semaine; une activité libre pour les étudiants et animées par eux et une conférence animée par un professeur ou un spécialiste.

Monsieur Nasser Abou Al Ata, membre de notre Centre de la Paix a animé cette rencontre. Son exposé a été théorique et pratique, décrivant les principes de la démocratie et les droits de l'homme en évoquant quelques exemples de l'histoire ainsi que l'évolution historique de ces principes. Il a également parlé de la situation palestinienne et les événements politiques dans notre pays comme les élections libres.

Plusieurs étudiants  ont évoqué lors de leurs interventions et de leur participation active à cet atelier leur attachement aux principes de la démocratie en Palestine malgré les difficultés et malgré la situation actuelle. » 

Brisez l’isolation de ces jeunes universitaires !

Contribuez à leurs activités hebdomadaires avec vos commentaires, vos questions et vos propositions !

On peut leur adresser la parole à : paixaqsa@yahoo.fr

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24/03/2008

SOS de Gaza

L’espoir rime avec le jour et la lumière ; le désespoir avec la nuit et le noir. Le jour de Pâques, Dr Eyad El Sarraj a écrit une note courte mais puissante de désespoir sur le site du Gaza Community Mental Health Programme (http://www.gcmhp.net) dont il est le fondateur et l’âme.

Dr. Sarraj était l’invité de la branche genevoise des Universitaires pour la paix israélo-palestinienne en juin 2006. Diplômé d’un PhD en psychologie de l’Université de Harvard, il a fait trois séjours dans les prisons de l’Autorité Palestinienne pour ses critiques du gouvernement. Il est mondialement sollicité pour ses vues de la situation en Palestine et surtout dans la bande de Gaza, d’où il est originaire.

Lors de mon séjour à Gaza, Dr Sarraj luttait contre la leucémie dans un hôpital israélien. Depuis, il est revenu a Gaza pour dénoncer la situation du siège actuel avec des organisations non-gouvernementales israéliennes (voir blog du 17 février sur le convoi israélien du 26 janvier). 

  
Dr Sarraj a investi toute son énergie professionnelle pour les enfants de Gaza. Maintenant, il assiste à la mort de tout ce qu’il a construit. Il dresse un bien sombre tableau des jours à venir :


 
 

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plage de Gaza la nuit (photo Carol)


 

« Dans une heure arrive la nuit 


L’établissement militaire israélien a décidé d’arrêter l’arrivée de l’électricité et de carburant à Gaza. Depuis jeudi [20 mars], la bande de Gaza n’a reçu ni aide humanitaire ni nourriture. On ne peut même pas pomper l’eau pour avoir un verre d’eau. Chaque nuit, mon fils doit resté branché sur un ventilateur à cause de son asthme. Que va-t-il lui arriver lorsque notre générateur ne fonctionnera plus ? Qu’en est-il des hôpitaux, des banques de sang, et les vaccins ? Et que va-t-il se passer pour les patients en besoin de dialyse et les bébés dans les couveuses ?


Avant que la nuit tombe, avant qu’il n’y ait plus de communication avec le monde extérieur, je veux vous dire que la politique actuelle de l’Etat d’Israël - qui consiste à nous presser comme un citron - a un but précis : Israël veut obliger l’Egypte à ouvrir ses frontières avec Gaza, ramenant ainsi la situation à celle d’avant 1967 [l’année où Israël a occupé Gaza et la Cisjordanie pendant la Guerre de Six Jours].  Si l’Egypte ouvre ses frontières, Israël scellera ses frontières avec la bande de Gaza, la coupant définitivement de la Cisjordanie, ce qui anéantira tout projet de paix pour un seul ou deux états.


Bref, Israël est en train d’achever la stratégie Sharon de retrait unilatéral. Si jamais l’Egypte n’ouvre pas ses frontières avec Gaza, Israël nous poussera par Rafah dans le désert du Sinaï. Préparez-vous à l’Exode. »

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11/03/2008

Rêves d’un meilleur avenir pour Gaza

La parole est à Fida Qishta, journaliste et éducatrice de la petite enfance dont l’article original se trouve sur http://electronicintifada.net/. Fida a 25 ans.

Les autorités israéliennes ont annoncé le 3 mars que leur opération militaire dans la bande de Gaza est terminée, mais les attaques vont continuer, et nous craignons qu’Israël planifie toujours une invasion majeure.  Le 29 février, Matan Vilnai, député ministre de la défense, a averti que les palestiniens allaient subir un « plus grand holocauste ».

Entre le 27 février et le 2 mars, l’armée israélienne a tué environ 110 palestiniens de Gaza, dont presque la moitié sont des civils, et le quart des enfants. Ce sont les statistiques du Centre palestinien des Droits Humains de Gaza. Des centaines de personnes ont été blessées. Les palestiniens ont tué deux soldats israéliens et un civil israélien.

Ce qui se passe à Gaza nuit à tous les gazouis, pas seulement au Hamas. Avant cette attaque, la bande de Gaza et ses 1,5 million d’habitants ressemblait déjà à une prison sous siège.  Les approvisionnements de nourriture, de médicaments, de carburants, d’eau propre et d’électricité diminuaient et la pauvreté augmentait. Bien nombreuses sont les familles qui ne mangent qu’un repas par jour. L’électricité manque entre 6 à 12 heures par jour.

Le 1er mars, j’étais chez moi avec ma famille dans la ville de Rafah à l’extrême sud de la bande de Gaza. Nous regardions la télé pour voir ce qui se passait au nord. Vers 10 heures du soir, on a soudainement entendu le son des avions de combat M-16 israéliens. « Quelque chose va arriver, » j’ai dit à ma maman. Le bruit des avions devenait plus fort. Puis, il y a eu une explosion assourdissante de roquettes.

Ma sœur courait en criant, « C’est tout près d’ici. »  Ma maman s’est coupé la main en essayant de se protéger la tête du verre qui tombait. Beaucoup de nos fenêtres se sont brisées.

Nous sommes sortis dans la rue puisqu’il n’y avait plus d’électricité. Mon père a dit que nous étions plus en sécurité dehors. Là, au moins nous pouvions voir d’où venaient les missiles et où aller.

Quatre missiles se sont abattues sur la mosquée à 150 mètres de distance. Six civils ont été tués, trente blessés. Une des victimes était mon cousin Samer. Il avait 30 ans. Il était policier pour l’Autorité Palestinien du Fatah, marié, père d’une petite fille.

Les dernières attaques israéliennes ont débuté le 27 février, lorsque Israël a assassiné cinq combattants palestiniens à Gaza. En retour, les combattants palestiniens ont tiré des roquettes sur Israël, tuant un enseignant israélien de Sderot. Israël a tiré encore des missiles et ont commencé l’invasion.

Certains palestiniens pensent que tirer des roquettes sur Israël est le seul moyen de répondre aux attaques israéliennes répétées qui ont tué tant de civils et d’enfants, le seul moyen de protester de manière forte. Israël a assiégé Gaza après que le Hamas a gagné les élections palestiniennes en janvier 2006. En 2006 et 2007, 823 habitants de Gaza sont morts, selon l’organisation des droits humains israélienne B’Tselem. Le Hamas a proposé un cessez-le-feu à plusieurs reprises, mais le gouvernement israélien a rejeté ses offres. Des roquettes de Gaza ont tué quatorze israéliens depuis 2000.

Apparemment, le monde est au courant que les israéliens de Sderot ont peur des roquettes de Gaza, mais on ne voit pas ce que fait l’armée israélienne. J’ai parfois le sentiment que les gens de Gaza vivent dans un monde à part.

L’armée israélienne a détruit notre maison familiale par bulldozer en 2004. [Lire « Lumière à travers le Mur » du 31 janvier 2008 : http://www.apartheidmasked.org ]

En 2006. ils ont bombardé une maison à 40 mètres de chez nous. Le soir du samedi, ils auraient pu frapper notre maison. Je lutte avec toutes mes forces pour écarter la haine de mon cœur, mais j’ai peur quelquefois de ne plus pouvoir résister. J’espère que je peux continuer à gagner dans cette lutte contre moi-même.

La violence et la mort donnent naissance à la violence et la mort. L’espoir donne le jour à l’espoir. En dépit de tout, les enfants de Rafah me racontent qu’ils espèrent jouer, s’amuser, voyager et rencontrer des enfants d’Egypte. Ce sont les rêves de ces enfants qui me redonnent du courage. 

Fida Qishta  est la fondatrice et le responsable du Life Makers Center, qui desservit 70 enfants entre 6 et 18 ans à Rafah. [ http://www.lifemakerscenter.net/ ]  

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Fête au jardin d'enfants, Bureij, Gaza (photos Carol)

 

 

                                              

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07/03/2008

Gaza-Sderot : la pétition

 

Hope man et Peace man ( http://gaza-sderot.blogspot.com/ ) vous prient de signer leur pétition : un appel à un mois d’arrêt d’hostilités pour donner aux responsables politiques un espace de réflexion. Ils se veulent porte-parole de la grande majorité d’israéliens et de palestiniens sans voix et sans espoir. La pétition est à lire en hébreu, anglais et arabe sur www.one-month.org .

Carte Gaza-Sderot

 

Voici le dernier billet de Hope man de Sderot du jeudi 6 mars 2008

 

 

Des représailles ou du terrorisme

Ce soir, nous avons appris que, dans une école religieuse de Jérusalem, au moins 7 jeunes étudiants ont été tués et 7 autres blessés, certains très gravement.

 

 

Il y a environ une heure et demie de route de Sderot à Jérusalem, mais cette dernière subit maintenant les conséquences de la violence endémique dans la région de Gaza/Sderot.

En écrivant le titre de ce billet, je me suis demandée : est-ce que cela a vraiment de l’importance ? Quelle importance pour le père, la mère, la sœur et le frère, l’ami et l’étudiant-camarade ?

 

 

Il y a moins d’une semaine, une famille de 7 personnes a été tuée dans une attaque israélienne à Gaza. Représailles ou terrorisme ? Action défensive ou offensive ? Est-ce que cela a vraiment de l’importance pour la parenté et les voisins ? Pour les amis et les connaissances ?

 

 

Il y a deux jours, un bébé d’un mois était tué dans une attaque israélienne. Il était tué pendant qu’Israël cherchait un militant du Hamas. Le militant a été tué, mais comment justifier la mort du bébé ?

 

 

Après des jours terriblement violents qui ont commencé il y a une semaine, ces derniers jours à Sderot ont été un peu plus calmes. Seulement un peu, puisque la maison de la famille d’un collègue a été fort endommagée par une roquette hier et, aujourd’hui, encore deux maisons de plus ont été très touchées par deux frappes directes. Dans tous les cas, personne n’a souffert de blessures graves. Néanmoins, les blessures profondes de la peur, de l’angoisse et de la douleur risquent de rester béantes pour toujours.

 

 

Si notre initiative One Month (« un mois ») a l’air peut-être naïve, alors les initiatives de nos chefs politiques sont-elles meilleures ? Les roquettes frappent toujours des deux côtés, et elles n’ont rien fait pour nous avancer vers une solution. Tout ce qui a été fait est d’amener encore de la douleur et de la frustration. Notre initiative n’est pas pire que ce qu’on a essayé jusqu'à présent.

 

 

Des gens des deux côtés de cette souffance se joignent pour arrêter cette folie. Même si ce n’est que pour un mois, c’est précieux. Et qui sait, si ça marche pour un mois, pourquoi pas pour deux ?

 

 

Nous, la majorité, ne devons pas rester silencieux. S’il vous plaît, rejoignez-nous : www.one-month.org

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