27/04/2008

Pas de paix sans le Hamas

C’est la mort d’une fille de 14 ans qui me pousse à traduire l’article qui suit. L’image de la jeune Maryam Talat Mahuf, morte innocente, ne me quitte pas. Elle était habillé en bleu : petite chemise manches courtes et jeans, une fille comme des milliers d’autres, mais elle était fille d’un chef du Hamas, de Beit Lahia, Gaza, que l’armée israélienne a jugé bon de tuer comme un insecte, le 26 avril. Le missile qui a frappé sa maison a tué Maryam et blessé 8 autres personnes, parmi elles, sa maman, grièvement. M. Mahuf lui-même était arrêté.


Cet article est paru en anglais le 12 avril (http://electronicintifada.net/v2/article9469.shtml ) après sa publication dans le Washington Post. Dr. al-Zahar, chirurgien de profession, est un des fondateurs du Hamas. Il est Ministre des affaires étrangères dans le gouvernement du Premier Ministre Ismail Haniyeh élu en janvier 2006. Ecoutez ce qu’il a à dire sur son désir réel de voir l’installation d’une paix durable entre Israël et la Palestine. Ecoutez son désespoir, mais écoutez surtout ses espoirs d’adulte envers les jeunes. 
253560417.jpg

à l'enterrement de Maryam, Photo:Mahmud Hams/AFP

Pas de paix sans le Hamas

La visite du [ex] Président Jimmy Carter à l’autorité du Hamas cette semaine aborde la situation au Moyen Orient avec honnêteté et pragmatisme tout en mettant en évidence l’impasse de la politique américaine. La Secrétaire d’Etat Condoleeza Rice se comporte comme si quelques petits arrangements ici et là suffiraient pour faire mieux porter la camisole de force de l’apartheid. Ainsi, elle persuade les forces de l’occupation israélienne d’enlever quelques douzaines de barrages routiers, dépourvus de sens, parmi plus de 500 autres sur l’ensemble de la Cisjordanie. Entre-temps, l’armée empêche l’arrivée du carburant à Gaza en imposant un blocus à ses 1,5 millions d’habitants. Le gouvernement israélien approuve des projets illégaux d’expansion de colonies en Cisjordanie et attaquent la ville de Gaza avec ses F-16, en tuant hommes, femmes et enfants.

L’attaque sur le dépôt de carburant de Nahal Oz de la semaine passée ne devrait pas surprendre les occidentaux qui nous critiquent. Les palestiniens affrontent une guerre totale par un pays qui mobilise toutes ses forces contre notre peuple : ses moyens militaires de haute technologie, une strangulation économique, son histoire falsifiée et une judiciaire qui «légalise» les infrastructures de l’apartheid. La résistance est tout ce qu’il nous reste comme choix. Soixante-cinq ans en arrière, les courageux juifs du ghetto de Varsovie se sont mobilisés pour défendre leur peuple. Nous les habitants de Gaza, la prison à ciel ouvert la plus grande du monde, ne pouvons pas faire moins.

L’alliance entre Israël et les Etats-Unis cherche à désavouer les résultats des élections de janvier 2006 lorsque le peuple palestinien a donné un mandat à notre parti. Il y a avait pourtant des centaines de contrôleurs, dont Monsieur Carter. Ils ont loué ces élections comme les élections les plus démocratiques jamais vues dans le Moyen Orient arabe.  Malgré tout cela, notre expérience démocratique est sabotée, en particulier par ce «coup d’état» américain, qui a mis en place un nouveau paradigme sectaire entre le Fatah et le Hamas, ainsi que la guerre d’usure contre Gaza et son isolation forcée.

Maintenant, enfin, avec l’arrivée salutaire de Monsieur Carter, nous avons quelqu’un qui déclare ce que n’importe quel penseur indépendant sans mobile vénal dirait : le succès de tout «plan pour la paix», «feuille de route», ou «héritage» viendra de négociations autour d’une table, sans aucun préalable.

L’escalade de la violence israélienne depuis la soi-disant «conférence de paix» d’Annapolis, en novembre, poursuit sa politique de punition collective illégale, souvent meurtrière, en violation des conventions internationales. Les frappes militaires israéliennes ont tué des centaines de palestiniens [plus de 400, selon l’Agence France Presse] depuis lors avec l’approbation constante de la Maison Blanche : seulement pour l’année 2007, il y avait 40 morts palestiniens pour 1 mort israélien ; en comparaison,  entre 2000 et 2005, il avait 4 morts palestiniens pour 1 mort israélien.

Il y a juste trois mois, j’ai enterré mon fils Hussam, étudiant en économie à l’université : il voulait devenir comptable. Il est mort dans une frappe par la force aérienne israélienne. En 2003, j’ai enterré Khaled, mon premier-né, après qu’un F-16 israélien ait tiré sur moi. Ma fille et ma femme étaient blessées, et notre appartement écrasé : beaucoup de nos voisins étaient tués ou blessés. L’année passée, c’est mon beau-fils qui a été tué.

Hussam n’avait que 21 ans, mais comme la plupart de jeunes à Gaza, il a grandi vite par la force des choses. A son âge, j’aspirais être chirurgien : dans les années 1960, nous étions déjà réfugiés, mais il n’y avait pas de blocus humiliant. Maintenant, après des décennies d’emprisonnement, de tueries, d’inexistence de l’état et d’appauvrissement, nous nous posons la question suivante :  quelle sorte de paix peut-on espérer sans d’abord se sentir respecté ? Et d’où vient la dignité si ce n’est de la justice ?

Notre mouvement continue sa lutte parce que nous ne pouvons pas permettre que ce crime originel au cœur de l’Etat israélien – l’expulsion forcée de nos terres et nos villages qui a fait de nous des réfugiés – s’efface de la conscience du monde, par l’oubli ou par des négociations qui nient cette réalité. Le judaïsme a contribué énormément à la culture humaine à travers ces anciens législateurs et les défenseurs modernes du tikkun olam.  Il a faussé chemin à ses traditions par le sionisme, la nationalisme et l’apartheid.

Un «processus de paix» avec les palestiniens ne peut pas se mettre en route sans qu’Israël se retire jusqu’aux frontières de 1967, sans que toutes les colonies soient démantelées, sans que tous les soldats quittent Gaza et la Cisjordanie, sans qu’Israël renonce à son annexion illégale de Jérusalem. Il faut qu’Israël relâche tous les prisonniers et lève le blocus de nos frontières internationales, notre littoral et notre espace aérien définitivement. Ces mesures donneraient un point de départ pour des négociations équitables et établiraient des bases pour le retour de millions de réfugiés. En considération de tout ce que nous avons perdu, ces mesures forment la seule base pour nous donner la possibilité de nous nous reconstituer [en anglais, le Dr. al-Zahar écrit : «to be whole» – «guérir»].

Je suis fier éternellement de mes fils et ils me manquent tous les jours. Je pense à eux comme tout père le ferait, partout dans le monde, même en Israël – comme des garçons innocents, des étudiants pleins de curiosité, des jeunes avec un potentiel sans limites – pas comme des «terroristes» ou des «activistes». Mais c’était mieux qu’ils aient été défenseurs de leur peuple que complices devant leur dépossession ultime ; c’était mieux qu’ils aient été actifs dans la lutte palestinienne pour la survie que témoins passifs de notre répression.

L’histoire nous enseigne que tout change continuellement. Notre lutte à redresser les crimes matériels de 1948 ne fait que commencer, et l’adversité nous a appris la patience.  L’Etat d’Israël et sa culture spartiate de guerre permanente est trop vulnérable au temps, à la fatigue et à la démographie : finalement, pour nous tous, il s’agit de nos enfants et de ceux qui vont suivre.

16:00 Publié dans Conditions pour la paix | Tags : gaza, palestine, hamas, paix, innocence, carter, négociations | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Eh bien ce n'est pas avec ce genre de commentaire partial et antisemite digne des plus beaux discours l'ère Nazis que la Paix se fera au proche orient !
1) vous oubliez que c'est les Palestiniens en 48 qui ont lancé la guerre contre israel !
2) Vous oubliez que du côté des Israéliens il y a aussi des morts et des mutilés
3) Vous oubliez que le hamas ne respecte pas la trève demandée par M Abas du Fatah !
4) vous oubliez les appels au meurtres contre les Rabins lancés dans les écoles!
5) Vous oubliez les enfants palestiniens utilisés par leurs Pères pour creusé des tunnels vers l'Egypte au lieu d'aller à l'école et au mépris de leur vie!
6) vous oublier que cette terre était Juive bien avant que Mahomed de proclame l'Islam qui n'est autre qu'une religion discidente du Judaisme !

Écrit par : Cédric | 27/04/2008

Ce n’est pas non plus en chassant des habitants de leur terre, en construisant des murs d’apartheid qui les empêche d’aller voir leur famille, accéder à l’éducation ou aller tout simplement travailler, en mettant des barrages qui les privent de circuler librement, en détruisant leur maison, en arrachant leurs oliviers et en tuant leur économie par la dévastation de leur récoltes, en pratiquant des rafles, en asphyxiant 1,5 millions d’habitants avec un blocus total, en les empêchant d’accéder à l’éducation en fermant les universités et en tuant enfants, femmes et vieillards que vous espérez faire la paix.
Et pour ton information personnelle :
C’est Israël qui a attaquée l’Egypte et qui a bombardé toutes ses bases aériennes par surprise (championne de l’attaque dans le dos)
C’est le Hamas qui a demandé une trêve le vendredi 29 avril 2008 alors que le gouvernement israélien à refusé.
Tu oublies la tentative de tuer le Imâm de la mosquée Al Aqsa et la destruction de cette même mosquée considérée comme 3eme lieu saint.
De plus si ses enfant n’avais pas vu leur parent frappés, humiliés et même abattu devant eux et bien ils auraient eux envi eux aussi de vivre au lieu de participer à la résistance en se faisant sauter ou en creusant des tunnels comme tu dis.
Sinon il faut arrêter avec le fait de traiter d’antisémite toutes personnes qui critique la politique d’Israël( surtout que ca politique est vraiment critiquable). Vous devez réfléchir à ce que vous êtes entrain de commettre en Palestine au lieu de traiter d’antisémite toutes personnes qui vous fait des remarques et reproches surtout quand celle-ci sont justifiées.

Écrit par : ahmed | 28/04/2008

je suis d'accord avec ahmed .ce qui resiste non pas le choix :ou bien il meurt comme des chiens a petit feu en regardant egalment mourir les siens..:ou bine il meurt par les armes en defendan son peuple sa terre et son honneur ......etb ensuite jvoudrais savoir quel et cette maladie tipyquement judeo-sioniste que de consideré toutes critiques et toutes sugestion a propos des juifs comme de l'antisemitisme du nazisme ou encore de l'islamisme radical...et le pire c'est que les media qui son chargé de nous dire la verité en font de meme il diabolise machinalement tout ceux qui ose critiquer la politique israelienne

Écrit par : antoine75 | 28/04/2008

Deux remarques
On parle toujours des réfugiés palestiniens.Il s'agit dans la plus grande majorité des cas de leurs enfants ou de leurs petit-enfant.Ce n'est pas le même vocabulaire pour d'autres réfugiés.
Quand le docteur Zahar dit que la démographie joue en faveur des palestiniens, pense t-il que des familles de douze ou quinze enfants nourris par l'aide internationale soit un avenir souhaitable pour son peuple ou s'agit t-il de fabriquer des martyrs à la chaine ? En Europe on parlait jadis de chair à canon.
Je reconnait que le catholicisme n'a aucune lecon à donner sur la démographie.

Écrit par : bernard63 | 29/04/2008

Seuls les Arabes ont le droit de tuer, au nom de l'Islam, au nom du peuple "palestinien" et au nom de leur civilisation feodale, clanique et tribale.
Nous attendons toujours la "reforme" de l'islam, c'est pas pour demain ni apres-demain.
Le peuple "palestinien" est le plus grand mensonge du 20 siecle. Il n' y a aucune preuve historique de "palestiniens", les Arabes oui....
La revolution pour un monde meilleurs ne verra pas le jour chez les Arabes, actuellement c'est surtout de l'obscurantisme.

Écrit par : kasimir | 29/04/2008

Chère Madame Carol Scheller, vous avez un parti pris dans ce combat.
C'est bien dommage, une suissesse, se devrait d'être neutre.
Dommage !

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 29/04/2008

il faut que les falastiniens arrêtent avec leurs comédies du genre"mr c'est pas moi qui a tiré c'est les juifs" l'affaire mohamed al dura, comme le "mec" qu'on croyait mort qui dégringole de la civière et qui se relève en plus en courant comme l'essence à gaza etc.....ce n'est même pas un mauvais film...c'est de la merde...on ne croit plus...ces conneries sont destinées à gens crédules et qui ne croient plus...
alors abbas ou hanieh il faut qu'ils se décident...ou alors le mieux c'est qu'ils se tirent...le mauvais feuilleton çà n'amuse plus personne!!!

Écrit par : momo | 29/04/2008

Au sujet du mur de séparation...

"Les peuples chinois construisent des murs depuis leurs plus anciennes dynasties : le mur des Erliguan, construit près de la ville actuelle de Zhengzhou au début de la dynastie Shang (XVIIIe au XIIe siècle av. J.-C.) fait près de 7 km de circonférence et est toujours de nos jours à certains endroits plus de 9 m de haut."

3'800 ans avant nous, en 2008...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Muraille_de_chine

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 30/05/2008

Les commentaires sont fermés.