27/04/2008

Pas de paix sans le Hamas

C’est la mort d’une fille de 14 ans qui me pousse à traduire l’article qui suit. L’image de la jeune Maryam Talat Mahuf, morte innocente, ne me quitte pas. Elle était habillé en bleu : petite chemise manches courtes et jeans, une fille comme des milliers d’autres, mais elle était fille d’un chef du Hamas, de Beit Lahia, Gaza, que l’armée israélienne a jugé bon de tuer comme un insecte, le 26 avril. Le missile qui a frappé sa maison a tué Maryam et blessé 8 autres personnes, parmi elles, sa maman, grièvement. M. Mahuf lui-même était arrêté.

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16:00 Publié dans Conditions pour la paix | Tags : gaza, palestine, hamas, paix, innocence, carter, négociations | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook | | | |

20/04/2008

Gaza : éducation en danger !

1251919199.jpgToutes les universités de la Bande de Gaza sont fermées depuis plus d'une semaine à cause du manque de moyens de transports et de carburants puisque les frontières qui relient la Bande de Gaza à l'extérieur sont fermées par ordre des militaires israéliens.Après plus d’une semaine d’absentéisme dans les écoles et les universités de Gaza, Ziad Medoukh, professeur à l’université Al-Aqsa, fait un appel aux universités européennes. (aqsafrancais@yahoo.fr)

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23:12 | Tags : gaza, université, education, blocus | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | | |

15/04/2008

L'armée israélienne à la dérive

La voix d’Al Mezan Center for Human Rights s’élève à propos d’une tragédie incompréhensible. L’armée israélienne vient de tuer deux garçons et quatre jeunes civils à Gaza. Ce sont des violations flagrantes de la quatrième Convention de Genève. La Suisse reste silencieuse, la presse mondiale aussi. 

Lire le rapport complet d’Al Mezan Center for Human Rights à www.mezan.org.

Incursion à Gaza du 11 avril 2008

A environ quatre heures du matin, le 11 avril 2008, une unité spéciale des Forces d’Occupation Israéliennes (IOF) a pénétré à pied dans la bande de Gaza. … Dans la partie nord-est du camp des réfugiés de Bureij, les hommes sont entrés en force dans plusieurs maisons et ont pris des positions sur les toits. Des tanks, des véhicules militaires et des drones ont suivi. Les tanks ont ouvert le feu de façon arbitraire et ont rasé des oliviers. A environ une heure de l’après-midi, des soldats ont ouvert le feu sur un groupe d’enfants qui vivaient autour. Ils ont tué Riyad Sherif al-Owais, âgé de 13 ans, et blessé cinq autres enfants.

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Un parent fait le deuil a côté du corps sans vie de Riyad Sherif al-Owais dans le lit familial du camp al-Bureij, bande de Gaza, 11 avril 2008 (photo deWissam Nassar / MaanImages)

A environ 2 heures 20, l’IOF a tiré un obus sur un groupe d’enfants et d’adolescents qui se rassemblaient pour regarder les manœuvres de l’armée, tuant quatre d’entre eux. Shihab Mohammed Ahmad Abu Zubeida, 18 ans, et Jihad Mohammed Salem Abu Zubeida, 19 ans, venaient du camp de Bureij, tout comme Yousif Ali al-Maghari, qui avait 18 ans. Abdul-Raziq Atta Nofal, 18 ans, vivait dans le camp avoisinant d’Al Nuseirat.

Des trois autres adolescents blessés, Yousif Sarhan, aussi de Bureij, a succombé à ses blessures plus tard à l’hôpital. Il avait 15 ans.

L’armée continuait de tirer sur la foule. En tout, 31 personnes ont été blessées, parmi eux 15 enfants 

Al Mezan a confirmé que l’armée a rasé 50 dunams [1 dunam = 0.85 kilomètres carrés] d’oliveraies et détruit un puits. Les soldats ont démoli trois maisons et un véhicule privé. L’armée a arrêté et interrogé 17 palestiniens, de façon qui paraît arbitraire, pour les relâcher plus tard, à l’exception d’une personne. C’est une tactique typique qui humilie et atteint la dignité de l’individu.

De plus, l’armée continue à interdire l’importation de carburant et ceci retarde les soins médicaux pour les personnes blessées …

Al Mezan Centre pour les Droits Humains condamne l’augmentation de meurtres dans la bande de Gaza, particulièrement ceux de simples citoyens et d’enfants. Comme on peut lire ici, la majorité des gens tués dans l’incursion de Bureij était composée d’enfants et d’adolescents civils. Par ailleurs, des maisons familiales et des fermes ont été rasées, ces dommages touchent des centaines de personnes. Al Mezan souligne que le comportement de l’IOF constitue une violation grave du droit international humanitaire (DIH).

Le Centre demande une action internationale immédiate pour examiner les comportements de l’IOF et pour lever le siège de la bande de Gaza. Le blocus actuel des biens, du carburant en particulier, nuit à la qualité de vie et risque de mettre un terme au travail des hôpitaux et des équipes médicales. Al Mezan avertit que le silence prolongé de la communauté internationale va avoir des conséquences majeures sur la population civile : en ce moment, les israéliens multiplient leurs menaces d’attaques brutales sur Gaza. …

 

22:57 | Tags : gaza, droits de l'homme, enfants tués | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | | |

12/04/2008

Israël et Gaza : une dépendance réciproque

Ce billet est le résumé d’un article de Sadie Goldman pour l’Israel Policy Forum. L’original peut être lu, en entier, en anglais sur www.palestine.chronicle.com.  

Pendant que les pénuries désastreuses continuent dans la bande de Gaza, le Ministre israélien de l’agriculture Shalom Simhon se soucie des conséquences du siège pour l’agriculture israélienne. Il en parle à Nahum Barnea dans le journal Yediot Acharonoth du 4 avril.   Simhon explique que l’Etat d’Israël produit une fois et demie ses besoins en agriculture. La moitié du surplus est exportée en Europe et aux Etats-Unis. L’autre moitié va aux « territoires » – une moitié à la Cisjordanie, une moitié  à Gaza. Ceci revient à environ un milliard de dollars en 2006, selon Meron Rapoport qui s’exprime dans le Ha’aretz du 10 février – des bénéfices équivalents aux exportations de la France ou de l’Italie   Autrement dit, pour les agriculteurs israéliens, la situation à Gaza n’est pas une simple question de sécurité : elle menace leur gagne-pain.  

Israël fournit Gaza avec presque toutes ses matières premières, y compris les médicaments et le ciment. Si Israël n’avait plus la possibilité d’exporter dans les territoires occupés, Rapoport dit qu’il perdrait à peu près 2 milliards de dollars par année et quelques 76’000 emplois. « Chaque année, les gens de Gaza achètent entre 60 et 80 tonnes de fruit de l’Etat d’Israël – bananes, pommes, poires, pêches et avocats. »  Certains paysans israéliens dépendent complètement de ce marché pour leur revenus. Ceux-ci ne comprennent rien lorsqu’ils entendent le député au ministère de la défense Matan Vilnai dire « Nous voulons nous couper de Gaza », ou quand le Ministre de logement et de la construction Ze’ev Boim dit, « Nous couperons l’électricité de Gaza, puis ils peuvent s’étouffer là-bas. ». Du point de vue de l’agriculteur, voire du vendeur ou de la famille qui achète la nourriture, c’est dramatique que son pays se coupe de ses voisins.

 

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poivrons au marché de Gaza (photo Shareef Sarhan) 

 

Simhon insiste: « On peut construire mille et une barrières … On ne peut pas s’ignorer. C’est la même eau, les mêmes eaux usées et la même agriculture entre la rivière du Jordan et la mer. » Il donne l’exemple du bétail. Après qu’Israël ait fermé ses frontières, ce n’était plus possible d’acheter du bétail israélien, alors on a passé du bétail égyptien à travers la frontière avec l’Egypte. Maintenant, il y a des menaces de fièvre aphteuse qui pourrait éventuellement contaminer le bétail israélien.

La peur de l’eau contaminée est particulièrement présente pour les israéliens et les palestiniens, et le blocus sur Gaza augmente les risques.  Selon Alex Renton dans le Sunday Herald du 5 mars, « Parce qu’Israël interdit l’importation des pièces de rechange, le vieux système des égouts pour la bande de Gaza … risque de s’effondrer. » Ce système, explique Renton, fonctionne grâce à un réseau de pompes alimentées par du combustible. Les pompes « enlèvent le trop-plein des eaux usées et le verse directement dans des décharges ou dans la mer. »

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raisin de Gaza (photos Shareef Sarhan) 

Omar Abbas habite à côté d’un site d’égouts à Gaza. Il décrit les résultats du blocus : « Une heure après une coupure d’électricité, les eaux des égouts commence à sortir des bouches d’accès … l’eau sale déborde dans les rues jusqu’à dans les champs. » Des eaux contaminés nuisent autant aux habitants de Gaza qu’à ses agriculteurs. Il y a un an, un réservoir d’eau usée a débordé à côté d’un village au nord de la bande de Gaza, tuant quatre personnes. Le risque d’un autre incident plane toujours.

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figues (photo Shareef Sarhan)

Le blocus de la frontière entre Israël et Gaza porte un coup dur aux agriculteurs gazaouis. Selon Dr Mohammad al-Agha, Ministre de l’agriculture du gouvernement de Gaza, le secteur agricole essuie des pertes journalières de 150’000 dollars depuis le jour où Israël a commencé à limiter ses exportations. « Ce chiffre dépassera les 125 millions de dollars à la fin de l’année s’il n’y a pas de changement, » a-t-il déclaré le 27 mars.  

Ironiquement, cette année aurait pu être spécialement propice pour les agriculteurs de Gaza. Tous les sept ans, les juifs ultra-orthodoxes laissent leurs terres en friche suivant un dictat de la bible, et l’année 2008 est une année de ce shmita. Simhon regrette que les agriculteurs gazaouis ont été empêchés d’exporter en Israël juste quand il y a plus de demande que d’habitude. « En fermant les frontières, nous avons poussé les gens de Gaza dans les mosquées et dans les bras du Hamas. »    

La situation politique et sécuritaire a indiscutablement des répercussions pour les agriculteurs des deux côtés de la frontière. Certains risquent leurs vies par des tirs de roquettes ou des balles de snipers. Mais ils risquent aussi la perte de leurs moyens de subsistance. La vraie question tourne autour de l’économie, l’eau potable et la nourriture saine : palestiniens et israéliens sont, de part et d’autre, mis en danger par la situation actuelle.   

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 marché à Gaza (Basel Al Maqousi et Shareef Sarhan)

Mes remerciements aux photographes gazaouis du groupe www.artwfg.ps pour les illustrations de cet article.          

22:43 | Tags : palestine, gaza, israël, agriculture, eau | Lien permanent | Commentaires (12) | |  Facebook | | | |