22/05/2008

Le manque d’essence à Gaza frappe les plus faibles – les jeunes malentendants

Grâce à l’onzième histoire dans la série « Récits du Siège » publiée par le Centre palestinien pour les droits humains (PCHR), nous apprenons les problèmes actuels de l’unique école pour malentendants de Gaza, l’école Atfaluna (ou, en arabe, « nos enfants »). 

Des visiteurs de Gaza dans un temps plus heureux reconnaîtront peut-être le nom du Centre Atfaluna, qui forme et emploie des adultes malentendants. La vente de l’artisanat Atfaluna est une source précieuse de revenus pour des centaines de familles, surtout celles des femmes (environ 150) qui font des borderies exquises. (http://www.atfaluna.net/ )

Le récit peut se lire dans son original en anglais sur le site du PCHR (http://www.pchrgaza.org/ ).

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« L’école Atfaluna pour enfants malentendants répond normalement aux besoins de 275 enfants, mais ses salles de classes sont malheureusement vides depuis 6 semaines, à cause de à la pénurie de carburant nécessaire pour le transport scolaire des élèves. » (photo PCHR)

« ‘Pour nos enfants, l’école Atfaluna n’est pas uniquement leur école – pour beaucoup d’entre eux, c’est toute leur vie. Malgré cela, nous ne pouvons pas envisager de rouvrir l’école pour l’instant. ’»  

Tous les jours, la Société Atfaluna our les Enfants Sourds de Gaza reçoit des téléphones de parents d’élèves. Ils veulent savoir quand l’école rouvrira ses portes. Souad Lubbad, la directrice administrative de l’école, qui dessert 275  élèves entre 4 et 17 ans, a été obligée de fermer l’école sans avertissement mi-avril. Faute de carburant, les bus qui transportaient les enfants entre leur maison et l’école ont soudainement cessé leurs trajets. Plus d’un mois plus tard, 90% des voitures privées ont déserté les rues de Gaza. Le tarif des taxis a doublé dans les deux derniers mois sans qu’un transport alternatif soit accessible aux élèves. Maintenant, ils restent isolés à la maison.

Souad explique l’importance de l’école comme lieu de vie : « Beaucoup de nos enfants se sentent très isolés chez eux, sans pouvoir avoir recours au langage des signes pour communiquer. Ici à l’école, ils ont un sens d’appartenir, puisqu’ils sont pleinement respectés. Tous nos employés utilisent le langage des signes, et nous encourageons son emploi à la maison en offrant des cours aux parents. » La plupart des élèves viennent des foyers très pauvres, alors Atfaluna leur fournit un repas chaud par jour, ce qui a bien augmenté leur capacité de se concentrer, selon Souad. Les élèves reçoivent aussi un appareil de correction auditive et les piles nécessaires à son fonctionnement de l’école. Un appareil est cher : chacun coûte un minimum de NIS 1,3000 (presque $400). Mais l’école n’a pas d’appareils pour ses élèves depuis six mois, parce que les autorités israéliennes ont empêché une livraison pour des raisons de « sécurité ».

La bande de Gaza comprend environ 25,000 personnes sourdes ou malentendantes, beaucoup sans aucune structure de soutien. Gerry Shawa, une américaine qui vit à Gaza depuis 1971, a commencé la Société Atfaluna pour Enfants Sourds en 1992. L’association a débuté dans une maison louée, avec une petite équipe de bénévoles qui s’occupait de 27 enfants sourds ou malentendants. Seize ans plus tard, Atfaluna possède 168 employés, gère une école qui fonctionne à plein temps et dirige une équipe d’assistants sociaux tous compétents dans le langage des signes en arabe. Ces derniers ont la tâche de se rendre chez des malentendants tout autour de la bande de Gaza. Atfaluna est également responsable pour un programme d’études avancées pour 88 élèves plus âgés qui ont de la peine à suivre à l’école, mais qui arrivent à progresser en lecture et en écriture à Atfaluna. Ce programme a aussi été forcé de fermer à cause de la pénurie d’essence, mais il a pu rouvrir il y a une semaine malgré la fermeture de l’école principale.

Iman, 18 ans, et Fadwa, 21, font partie des élèves du programme avancé. A travers la langue des signes, ces jeunes femmes expliquent ce que l’école Atfaluna représente pour elles.

‘ Lors de la suspension des cours, je suis restée coincée à la maison, » dit Fadwa. « Mes frères et sœurs allaient à l’école du quartier, alors je suis restée seule, et j’ai commencé à déprimer. Après l’école, ils rentraient avec plein de choses à raconter, mais moi, je n’avais rien fait du tout. Quelquefois, j’ai l’impression de ne pas avoir une place dans l’endroit où je vis. Mais ici à l’école, je me sens entièrement respectée, et j’ai beaucoup d’amis ici. Je suis heureuse d’être de retour. ’

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Iman et Fadwa (photo PCHR)

Iman raconte : ‘ La vie devient plus dure à Gaza à cause du siège. Ma famille a déjà assez de problèmes, et, quand je dois rester seule à la maison, ça leur fait encore plus de pression, et cette situation me stresse aussi. Ils n’ont pas toujours envie de parler le langage des signes avec moi, alors je me sens vraiment isolée. Je suis super contente, moi aussi, de me retrouver à l’école, et j’espère que nous ne serons pas obligés d’arrêter nos cours à nouveau.’ 

Selon la loi du droit humain international, la punition collective d’une population civile est illégale. Le crise en carburant imposé par l’Etat d’Israël, qui perturbe le processus d’éducation dans toutes les écoles de la bande de Gaza [voir le billet de ce blog « Gaza : Education en danger ! du 20.04.08] et qui frappe particulièrement les élèves handicapés constitue en effet une punition collective. Les écoles se trouvent face à des ressources inadéquats, des pannes d’électricité, un moral à raz les chaussettes et un système de transports publics complètement dépassé pas la demande. Souad et ses collègues ne savent pas à quelle date ils pourraient rouvrir les portes de leur école. Entre-temps, 275 élèves sont privés de leur droit à l’éducation et restent chez eux, en attente. 

‘ Nos élèves disent souvent pour blaguer que cette école n’est pas la notre, mais la leur, » dit Souad. « Ils ont un grand potentiel comme individus, et nous voulons simplement qu’ils puissent revenir aussi vite que possible.’ »

 

20:00 | Tags : pénurie, essence, enfants, gaza, malentendant | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

Commentaires

salam rindi31an oride an atajaoj biahadihiafatate alai tahmileal9amis az3a9 ida lam tojaouji waida

Écrit par : kaka | 20/08/2008

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