14/01/2009

L’enfer sur terre

Depuis plusieurs jours, des témoignages de sources différents (Middle East Online , Le Monde) signalent l’utilisation par l’armée israélienne d’armes terriblement blessantes.

 

« Les nouvelles bombes d’Israël – les survivants racontent

                 

13 janvier 2009

 

… C’était une nuit de terreur. Nous étions terrifiés. Nous pensions que nous allions brûler vifs.

 


Il y avait des bombes partout. Ce sont les mots de Fadia Al-Najjar, 27 ans. Elle a donné ce témoignage aux côtés de son mari Ghanem, entouré par ses collègues, travailleurs médicaux, qui essaient de lui sauver la vie. Il était atteint pendant son service, alors qu’il transportait des blessés à l’hôpital. Par téléphone, on l’avait averti d’une fumée blanche étrange après une frappe aérienne, il y avait des blessés. Ghanem a aspiré de cette fumée.

 

‘Les frappes avec des bombes au phosphore ont commencé à Khaza’a. Deux des bombes sont tombées autour de notre maison,’ explique Fadia. Elle décrit comment le feu s’est rapidement étendu partout dans la maison, la fumée blanche ondoyant par les fenêtres.

 

‘Les voisins hurlaient à l’aide … j’ai réveillé mes enfants, et je les ai amené a la maison de mes parents, où j’espérais ils seraient à l’abri. … Mais deux heures plus tard, des bombes sont tombées sur leur maison aussi, et le feu est allé partout. L’étage en-dessus était entièrement consumé.’

 

Les enfants de Fadia sont également hospitalisés.

 

‘Ils voulaient nous brûler vifs dans la maison. Nous étions 40 à l’intérieur : des hommes, des femmes, des enfants,’ raconte-elle à propos du deuxième bombardement. ‘On entendait les corps qui brûlaient. ‘Nous ne savions pas où aller. Notre maison, celle de mes parents et de mes beaux-parents, toutes étaient brûlées, endommagées, détruites. Mais où est-ce possible d’aller par ce temps ? Il fait très froid.’

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4 janvier, frontière israélo-palestinienne, stocks de phosphore blanc (WP - en bleu pâle sur la photo- M825A1 - made in USA), The Times (publié le 8 janvier)

 

 Zakaya, 51 ans, aussi à la recherche de membres de sa famille blessés à l’hôpital Nasser au nord-ouest de la ville de Gaza, avait de la peine à se rappeler exactement des évènements. ‘Mais vers 22h nous avons entendu des explosions à plusieurs endroits de Khaza’a. Elles s’approchaient de nous. Nous habitons très près du mur à la frontière (une cible de l’armée israélienne), alors notre peur est à atteint un niveau maximum. J’avais commencé à réveiller les enfants pour aller à un endroit plus sûr lorsque les bombes sont tombées sur notre maison de deux étages. De la fumée blanche a rempli la maison, et il y avait des feux partout.’ Pendant qu’elle nous parle, Zakaya veille sur ses enfants dans l’unité des soins intensifs de l’hôpital.

 

‘Nous avons commencé à hurler – quelle peur ! Je voulais sortir les enfants dehors, mais les bombes continuaient à tomber. Il y en a eu encore six qui ont frappé la maison.’ Après le sixième bombe, Zakaya et tout ceux qu’elle et sa famille ont pu aider sont sortis de la maison, forcés d’abandonner les autres à l’intérieur à cause de la chaleur et de la fumée intense.

 

‘La fumée s’étendait très rapidement – nous ne pouvions rien voir, mais nous pouvions entendre.’ Les cris de ses enfants et ses cousins remplissaient la rue. Ceux des voisins aussi.

 

Des ambulanciers sont arrivés sur place et ont évacué ceux qui avaient pu sortir de l’immeuble. Ils ont encore inhalé de la fumée en allant chercher quelques personnes à l’intérieur avant que tout l’immeuble ne soit envahi par les flammes.

 

Adel Kdeih, 48 ans, a pu sortir ses douze enfants à temps de sa maison avec l’aide des travailleurs médicaux arrivés sur place. ‘J’ai vu beaucoup de maisons ainsi que des champs qui brûlaient.’

 

Dr Yousif Abu Ar-Reesh, directeur médical du Centre Médical Nasser, dit que plus que 90 patients sont arrivés avec des brûlures dimanche soir.

‘La plupart étaient des brûlures à la peau, des lacérations et des blessures profondes,’ dit-il.

 

A son avis, l’armée israélienne utilise deux sortes de bombes : ‘la première cause des brûlures sévères à la peau qui sont mortelles, comme pour Mme Hanan Al-Najjar, 41 ans, que vous voyez ici avec d’autres. La deuxième sorte de bombe étouffe, les gens congestionnent, ils ne peuvent plus respirer.’

 

Dr Ar-Reesh précise qu’il ne peut pas confirmer que ces bombes sont au phosphore blanc, puisqu’il n’existe pas de laboratoires spécialisés dans la bande de Gaza. Mais il se dit préoccupé par les descriptifs des témoins oculaires et par les blessures qu’il a examiné dans son hôpital.

 

‘Ce qui est certain,’ dit-il, ‘c’est que l’armée israélienne utilise un nouveau type de bombe et des explosifs dont le personnel médical à Gaza n’a jamais entendu parler. Même les médecins arabes qui viennent d’arriver ne peuvent pas nous aider.‘

 

Les blessures sont terribles et horrifiantes, précise le docteur. ‘Et elles peuvent être mortelles. Hanan Al-Najjar était carbonisé par l’obus qui l’a frappé.’

 

Ma’an a demandé au docteur si Israël utilise délibérément des armes illégales selon le droit international à l’intention des civils. Dr Ar-Reesh a pesé ses mots en répondant : ‘C’est possible.’ »

09:44 Publié dans Conditions pour la paix | Tags : gaza, phosphore, brûlures, feu, civils, armée israélienne | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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