16/01/2009

Les vrais héros de l’offensive contre Gaza ne portent pas d’armes

Le Centre Palestinien des Droits de l’Homme (PCHR) commence une série de témoignages des violations des droits de l’homme par l’armée israélienne dans la bande de Gaza depuis le 27 décembre. L’original de l’article se trouve en anglais sur creative-i.info. Le deuxième article de la série date du 15 janvier :  


 

« Les ambulanciers gazaouis risquent leur vie pour évacuer les civils vers des endroits sûrs

 

pchr-150109.jpg

 

 

des ambulanciers palestiniens risquent leurs vies pour récupérer les morts et sauver les blessés et les mutilés dans la bande de Gaza (photo PCHR)

 

‘ Nous travaillons 24 heures sur 24 – nous dormons uniquement lorsque les obus israéliens cessent. Le reste du temps, c’est notre devoir de rester au travail. Je ne suis pas rentré chez moi depuis des journées, et je ne peux pas croire la situation que nous subissons. Le 90 % des victimes que nous essayons de sauver ont déjà perdu les jambes, les bras ou les deux.’

 

Khalid Yusef Abu Sa’ada vit dans le camp de réfugiés de Jabaliya au nord de la bande de Gaza. Il travaille comme ambulancier pour l’Hôpital Al Adwa à côté du camp de Jabaliya, au risque de sa vie, pour évacuer les victimes des attaques des Forces Occupantes Israéliennes (IOF en anglais).  ’J’étais au volant d’une ambulance à Beit Lahia, il y a quelques jours, lorsque les israéliens ont tiré un obus sur nous,’ dit-il. ‘J’étais avec deux collègues – nous avons reçu un obus, puis un deuxième. Mon collègue Arafa Abdul Dayem est mort sur le coup; Ala Sarhan a été gravement blessé. Il est à l’hôpital, paralysé.’ Ce n’était pas la première attaque que Khalid et ses collègues aie subi pendant qu’ils portaient secours à des civils blessés. ‘Il y a quelques jours, on essayait d’aider un garçon blessé à Beit Lahia lorsque les israéliens nous ont bombardé,’ dit-il. ‘La bombe nous a frappé au moment où nous portions le patient pour le mettre dans l’ambulance – la force de l’explosion lui a arraché la tête.’

 

SAM_0205.JPG
photo Sameh A Habeeb (desertpeace)

 

Selon M. Sa’ada, l’Hôpital possède deux ambulances, mais les deux ont été détruits par l’armée israélienne pendant l’opération militaire massive en cours à Gaza. L’ambulance qu’il conduit a été offerte à l’hôpital par la Société du Croissant Rouge Palestinienne (PRCS en anglais). Depuis le début de l’Opération Plomb Durci le 27 décembre, environ 983 palestiniens ont été tués, dont au moins 673 civils et 225 enfants. Au moins sept travailleurs médicaux palestiniens font partie des morts, tous tués par l’IOF pendant qu’ils faisaient leur travail, essayant de récupérer des morts et sauver des blessés. Le Centre Palestinien pour les Droits de l’Homme (PCHR en anglais) a enquêté sur les tueries de travailleurs médicaux pendant cette opération militaire toujours en cours. Il est arrivé à la conclusion que des travailleurs médicaux ont été délibérément ciblés.

 

Le 31 décembre, 2008, l’ambulancier Mohammed Abu Hasera, 21 ans, été tué à Jabal Alrees, à l’est de la ville de Gaza, debout à côté d’une ambulance appartenant au Ministre palestinien de santé bombardée par les forces occupantes israéliennes. Son collègue, le Docteur Ehab Al Madhoun, était grièvement blessé dans la même attaque. Il est mort plus tard à l’hôpital. Le 4 janvier, 2009, les ambulanciers Yasser Shubeir, Ana Naim et Rafat Abdul Aal sont morts tous les trois dans le quartier de Tal Al Hawa de la ville de Gaza pendant qu’ils essayaient d’évacuer des civils blessés. Ils étaient arrivés à Tal Al Hawa dans une ambulance ; l’IOF a bombardé l’ambulance, alors les trois collègues ambulanciers ont essayé d’atteindre les blessés à pied, en poussant les chariots-brancards médicaux devant eux. Un obus israélien les a frappé de plein fouet – ils sont morts sur le champs. Ce même jour, le travailleur médical Arafa Abdul Dayem a été tué en faisant son travail à Beit Lahia.

 

fvittime4.jpg
photo Sameh A Habeeb (desertpeace)

 

La dernière victime de profession médicale gazaouie est mort à Jabaliya le 12 janvier. Docteur Eysa Saleh, 32 ans, était à son poste de travail aux Services de Sécurité Médicale (Medical Security Services) lorsqu’on lui a demandé d’aller au bâtiment Al Bam, un bloc résidentiel dans la rue Al Zarqa à Jabaliya-ville. Avec son collègue Ahmed Abu Fuul, 25 ans, il essayait d’évacuer un corps vers une ambulance qui les attendait dans une rue attenante lorsqu’un obus de l’IOF les a frappé. La tête du docteur fut arrachée. Son collègue Ahmed a lui-même été frappé par la tête arrachée de son collègue et est hospitalisé avec des blessures à la tête et au dos.

 

Le droit international humanitaire spécifiquement interdit des attaques sur des institutions médicales et du personnel médical. La Quatrième Convention de Genève déclare que tout « personnel engagés dans la recherche, l’enlèvement et le transport de civils blessés et malades … doit être respectés et protégés. » (Article 20) Des travailleurs médicaux qui accomplissent leurs devoirs légitimes ne doivent en aucune circonstance subir des attaques. Délibérément cibler du personnel médical constitue un crime de guerre.

 

Les docteurs, les travailleurs médicaux, les ambulanciers et tous les autres qui font partie de la profession médicale à Gaza sont épuisés et complètement accablés par le nombre de morts et de blessés qu’ils reçoivent jour et nuit. Ils luttent pour traiter même les blessures les plus graves et horribles en se trouvant eux-mêmes en première ligne des attaques.

 

SAM_0177.JPG

 

photo Sameh A Habeeb (desertpeace)

‘Nous savons qu’il y a encore beaucoup de personnes que nous n’arrivons pas à atteindre, puisque certains quartiers sont trop dangereux pour nous et que les israéliens ciblent nos ambulances délibérément,’ dit Khalid Sa’ada calmement, un homme qui a déjà vu le pire. Mais malgré le danger mortel, tous les jours, lui et ses collègues exténués et dévoués continuent leur travail en témoignant du carnage sanguinaire des attaques aveugles sur les civils palestiniens. ‘Hier, dit M. Sa’ada, ‘à environ 10h du matin, nous étions à Ral Al Zaatar à Jabaliya. Depuis mon ambulance, j’ai vu un homme qui marchait devant moi dans la rue. Un instant plus tard, un missile a déchiré son corps en deux devant nos yeux. La situation à Gaza dépasse tout entendement – mais nous essayons de faire le mieux que nous pouvons – parce que, comme je vous ai dit, c’est notre devoir.’ »

 

 

090115-bartlett-saber.jpg
Saber (photo Eva Bartlett)

 

22:19 Publié dans Connaissance du Monde | Tags : gaza, travailleurs médicaux, quatrième convention de genève | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Merci infiniment pour ces témoignages

Écrit par : Hani Ramadan | 17/01/2009

On ne peut s'empêcher de penser que les Israéliens veulent se venger sur les Palestiniens de ce qu'ont fait les Allemands...

Il y a ici une volonté d'extermination.

Écrit par : Johann | 17/01/2009

"Les commentaires de ce blog sont modérés".
Et pourquoi donc ?
Seuls les commentaires allant dans le sens de votre propagande sont agréés ?

Écrit par : Blondesen | 17/01/2009

"Seuls les commentaires allant dans le sens de votre propagande sont agréés ?"

Parce qu'évidemment dire que les Israéliens tirent sur les ambulanciers, ont la volonté de faire un maximum de dégâts et de tuer un maximum de civils, c'est de la propagande, de la désinformation...

Ah, c'est vrai, j'oubliais, tout ambulancier, tout médecin à Gaza est un terroriste.

Alors qu'interdire aux journalistes l'accès à Gaza, c'est la liberté de la presse et la démocratie...

Votre remarque n'est ni plus ni moins qu'un procès d'intention. Même si je suis contre tout contrôle.

Et puis postez un message de propagande sioniste. Vous verrez bien s'il passe.

Un dernier mot:

http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=200001&sid=10208957

L'emploi de telles armes n'a rien de "chirurgical", et utilisées sur des populations civiles elles visent clairement à tuer un maximum de personnes indistinctement. C'est un crime de guerre. Pour le moins.

Il n'y a que des salopards pour justifier et soutenir l'emploi de telles armes, justifier et soutenir de tels crimes.

http://www.sousmunitions.org/grandes-conferences/traite-dinterdiction-des-basm-une-victoire-historique/les-etats-signataires/

Écrit par : Johann | 17/01/2009

Les commentaires sont fermés.