19/03/2009

Pénurie de poulets

Le journaliste Rami Almeghari choisit une des nombreuses chicaneries quotidiennes des gazaouis pour illustrer jusqu’où l’Etat d’Israël peut aller pour rendre aussi misérable que possible la vie des survivants de son assaut criminel du 27 décembre au 18 janvier. Ces deux derniers mois, de diverses personnes, instances européennes et américaines ont protesté à propos des restrictions de livraisons à Gaza. Les israéliens ont laissé passer des camions de pâtes après que le sénateur John Kerry ait demandé pourquoi le riz mais pas les pâtes pouvaient être qualifié d’aide humanitaire. Le Programme alimentaire de l’ONU a vu une livraison de pois chiches bloquée pendant des semaines.[http://blogs.reuters.com/axismundi ] A des moments différents, le papier WC, le savon, le dentifrice et les poussins ont été frappé d’interdiction. La situation est absurde : elle est également cruelle. Une disette est orchestrée délibérément dans cette terre désolée où toute reconstruction la plus élémentaire reste impossible à cause du blocus israélien sur des matériaux comme le verre et le ciment. L’article original de M. Almeghari se trouve sur http://electronicintifada.net/v2/article10400.shtml.

 

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une des 30,000 poulets massacrés par l’armée israélienne dans ses attaques récentes


 « Difficile de trouver des poules, pourtant, elles étaient autrefois partout  -  16 mars 2009

 

Dans les attaques récentes sur la bande de Gaza, l’armée israélienne a détruit sept grands poulaillers [http://www.europalestine.com/spip.php?article3759 pour plus de détails ndlt].

En conséquence, une denrée importante est devenue rare et son prix, inabordable pour la plupart des habitants de la bande de Gaza.

 

‘Aujourd’hui (vendredi 13 mars), c’est la première fois en plus d’un mois que j’ai autant de poules pour mes clients. Mes habitués n’ont pas eu les moyens d’acheter du poulet toutes ces dernières semaines puisque son prix avait doublé.’ Abdullah al-Bayoumi, 75 ans, est propriétaire d’un magasin de poules dans le camp de réfugiés de Nusseirat, au milieu de la bande de Gaza. Une cliente, Umm Omar, une dame d’un certain âge, est venue acheter du poulet pour les huit membres de sa famille. ‘J’ai entendu que les prix baissent,’ dit-elle, ‘mais je ne peux pas me permettre plus de deux poules. Avant cette crise, on mangeait du poulet quatre fois par mois, mais depuis plusieurs semaines, cela ne nous est plus possible.’

 

Dans le camp de réfugiés avoisinant Al-Bureij, la situation est identique. Propriétaire d’un

magasin de poules, Muhammad Khallaf se plaint de l’effet des prix élevés sur son commerce : ‘Ces dernières semaines, j’ai vendu peut-être 80 poules. Comme vous le savez, on ne trouve pas de poussins ni de gaz pour cuisiner ni même d’alimentation pour les animaux.’

Nahed Aqel, père de quatre enfants et ouvrier dans une fabrique de biscuits, dit que c’est la première fois dans un mois qu’il achète une poule : ‘Je suis là aujourd’hui pour en acheter une seule – le poulet coûte 20 NIS ($5) le kilo ….’

 

Le prix élevé du poulet change les habitudes alimentaires dans tout ce petit territoire, même dans le quartier aisé Al-Rimal, centre de la vie commerciale de la ville de Gaza.

Le propriétaire du magasin de poules Al-Sawafiri, Marwan Al-Sawafiri, explique qu’avant, sa vente tournait autour de 300 à 400 poules par jour. ‘Maintenant, je vends entre 40 et 50 poules par jour. Hier, je n’en ai vendu que deux pour 130 NIS ($32).’

 

La pénurie de poules se fait sentir dans les restaurants et chez les traiteurs. Beirut Food Delivery dans la rue En-Nasr existe depuis huit ans. Yehyia al-Katib, son propriétaire, témoigne : ‘La situation est très difficile pour nous et pour nos clients. Ces jours-ci, le client doit payer plus que 50 NIS ($12) pour une poule avec du riz. Nous avons très peu de clients. Je dois me déplacer tout autour de la bande de Gaza pour dénicher quelques poules. Nous ressentons tous le problème.’

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poulailler détruit pas les attaques israéliennes dans le quartier Al-Zeitoun, ville de Gaza, 18 janvier (Wissam Nassar/MaanImages)

 

Dans le quartier Al-Zeitoun, spécialement touché dans l’invasion récente israélienne, le restaurant Shafout n’a que quelques clients ce jeudi à midi. C’est un moment dans la semaine où, dans le passé, les deux étages du restaurant étaient remplis de monde. Nader Assam, le gérant, dit :’Depuis la fin de l’agression, je ne sers plus de poulet. Une seule poule nous coûte environ 35 NIS ($8.50) et personne, même quelqu’un d’aisé ne peut se le permettre.’

 

Selon Dr. Adnan Awehaidi, directeur de la clinique de l’association de bienfaisance Ard al-Insan [terre des êtres humains ndlt] , il y a une augmentation des cas d’enfants et d’adultes sous-alimentés dans la bande de Gaza : ‘Nous observons des formes multiples de la malnutrition. Les cas d’anémie sont en hausse. A notre avis, la pénurie de poulets n’est pas le seul problème – il y a beaucoup de tpe de nourriture introuvables. C’est un problème qui s’aggrave, et je ne vois pas de solution dans l’immédiat.’

 

Le responsable du Comité palestinien qui coordonne l’entrée des biens dans la bande de gaza, Raed Fattouh, explique qu’Israël permet le passage de dizaines de camions par jour, mais que la nourriture et les autres marchandises admises ne sont pas en quantité suffisante pour subvenir au besoin : ‘Beaucoup d’articles nous manquent toujours. Israël rouvre le seul passage de Karem Abu Salem, ou Kerem Shalom, au sud de la bande de Gaza, six jours par semaine. Ils laissent passer des biens moins essentiels, tels des couches pour bébés, des mouchoirs en papier et des fruits. Mais il y a un million de bouteilles de gaz vides à Gaza qui attendent d’être remplies depuis plusieurs semaines.’

 

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homme transportant une bouteille de gaz qu’il vient d’acheter (photo Sameh A. Habeeb)

Israël déclare que certains articles sont proscrits parce qu’ils risquent d’être utilisés pour fabriquer des armes et des missiles. Mais selon un fonctionnaire palestinien responsable pour les passages, il ne semble pas y avoir une liste officielle des denrées proscrites. Au contraire, les palestiniens sont surpris presque tous les jours par de nouvelles interdictions. »

 

 

  

 

 

     

09:53 Publié dans Connaissance du Monde | Tags : gaza, poulets, blocus, pénurie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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