05/06/2009

Femmes Cinéastes

Grâce à un stage de six mois à Genève les femmes de Gaza  font du cinéma. D’après un article récent de Rami Almeghari, Imtiaz Diab, actuellement correspondante au Palais des Nations, a aidé à lancer la carrière de Etimad Wishah, bien connue comme cinéaste à Gaza. A son tour, Mme Wishah enseigne le septième art au Centre des femmes palestiniennes de la Ville de Gaza. (L'article original en anglais se trouve au http://electronicintifada.net/v2/article10566.shtml.)


« A Gaza, les femmes cinéastes développent leurs talents derrière la caméra

 

Rami Almeghari, depuis la bande de Gaza occupée, Live from Palestine, 1 juin 2009

 

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de jeunes femmes en formation comme cinéastes au Centre des femmes palestiniennes de la Ville de Gaza

 

‘Ma carrière a toujours été une lutte – tout simplement, « être ou ne pas être » - surtout dans ces circonstances très difficiles,’ dit Etimad Wishah. Une des rares cinéastes femmes gazaouies, elle vit dans le camp de réfugiés de Jabalia au nord de la bande de Gaza. Depuis 1994, elle enseigne le métier de cinéaste au Centre des femmes palestiniennes.

 

‘En 1998, je suis devenue la première femme à enseigner le cinéma à des hommes et des femmes, une caméra à l’épaule, dans les rues de Gaza,’explique-t-elle. Mme Wishah a appris son métier grâce aux cinéastes Christine Necier (canadienne) et Imtiaz Diab (palestinienne israélienne), avec l’agence de presse de Reuters. Elle se rappelle bien de son séjour à Genève : ‘C’était une expérience intéressante pour moi, un sacré défi pour une fille qui venait d’un camp de réfugiés.’

 

Depuis ses débuts professionnels à Genève, Etimad Wishah a dirigé une série de films sur des questions concernant les femmes, y compris le viol. Elle a formé une cinquantaine de femmes comme cinéastes, dont huit viennent d’être sélectionnées pour un festival de films qui aura lieu en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

 

‘Pendant la dernière guerre israélienne à Gaza, j’ai été impressionnée par les expériences des femmes gazaouies, alors j’ai voulu faire des films qui parlaient de ce qu’elles ont vécu. J’ai produit quatre films sous le titre « Histoires de Guerre », dit-elle. ‘C’est la situation d’une femme du quartier de Zeitoun, dans la partie est de la ville de Gaza, qui m’a touché le plus. Elle avait perdu son mari, ses enfants et sa maison. Son histore était l’une des plus misérables que j’ai filmée.’

 

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Au Centre, une étudiante s’exerce à filmer.

 

Mme Wishah admet que c’est loin d’être facile d’encourager ce genre de créativité pour les femmes. ‘Le regard de notre société conservatrice est souvent critique. Filmer la nuit, par exemple, présente beaucoup de problèmes.’ Elle ajoute, ‘Le siège israélien de la bande de Gaza rend l’acquisition de l’équipement essentiel difficile.’ Mme Wishah aspire à développer une renommé internationale comme cinéaste palestinienne pour continuer à créer sans être prisonnière des frontières.

 

Nour al-Halabi a suivi une formation avec Mme Wishah entre 2005 et 2006, lorsqu’elle a commencé a produire ses propres courts-métrages documentaires. Elle a rencontré les mêmes obstacles que celle qui l’a formée. Mais selon Mme Halabi, les femmes cinéastes de Gaza persévèrent :’Nous ne sommes pas beaucoup, et c’est vrai que financer un film et circuler partout à Gaza n’est pas facile, mais lorsque nous avons une idée, nous y allons ! Nous recherchons continuellement des cameramen et des dialoguistes, des perles rares à Gaza.’

 

En ce moment, Mme Wishah et une collègue forment huit étudiantes. Une d’entre elles, Nelli al-Masri, explique, ‘Je suis là pour apprendre à diriger des films, malgré toutes les difficultés et la situation à Gaza. Allumer une chandelle vaut bien plus que maudire le noir.’» 

 

Rami Almeghari, journaliste et enseignant à l’université dans la bande de Gaza, est également responsable pour les photos qui accompagnent cet article.   

 

  

10:02 Publié dans Connaissance du Monde | Tags : gaza, genève, cinéma, femmes | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Merci pour ce blog émouvant. Des informations telles que les vôtres, mises bout à bout, font mieux comprendre l'ampleur du problème et nous invitent à rechercher des solutions rapides dans l'espoir de ne pas anihiler des générations entières.

Écrit par : danielle bertola | 05/06/2009

Autant que "l'habit ne fait pas le moine", autant le voile de fait pas la femme et ne les empêche nullement d'être ambitieuses, créatives, de s'affirmer et de montrer leurs valeurs!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 07/06/2009

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