13/06/2009

Nager … mais à vos risques !

C’est l’été. Comme chaque année, les genevois seront bientôt avertis des dangers des puces de canard lorsqu’ils se baignent dans le Lac Léman. Mais c’est l’état de l’eau dans la Méditerranée gazaouie qui préoccupe une coalition de groupes à Genève WSSCC - International Environment House - Chemin des Anémones 9 - 1219 Châtelaine - Geneva – Switzerland . Les gazaouis doivent se méfier de leurs plus belles plages à cause de la pollution entretenue et aggravée par le blocus israélien de la bande de Gaza. L’IRIN, agence de presse du Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires, a publié le rapport suivant le 10 juin. (http://electronicintifada.net/v2/article10592.shtml)

ph028.gif

la Méditerranée à Gaza (Shareef Sarhan)


« Les risques pour la santé sur les côtes de Gaza

(IRIN – ville de Gaza)

 

L’Organisation Mondiale de la Santé (l’OMS) dans la bande de Gaza et le Ministère de Santé a lancé cette semaine une campagne sur les dangers potentiels des décharges des eaux usées non-traitées dans la mer pour des nageurs et des pêcheurs.

 

Des panneaux ont été placés dans sept régions le long des 42 kilomètres des plages de Gaza où ces eaux sont versées directement dans la mer, selon Mahmoud Daher, le responsable de l’OMS à Gaza.

 

‘Il y a des zones à éviter en raison des risques de maladies de type diarrhéique ou de la peau,’ dit Daher. ‘Les poissons et les crustacés (mais ces derniers ne sont que peu appréciés par les résidents de Gaza) peuvent aussi être affectés dans ces zones à risque.’ Une analyse complète est attendue pour plus tard cet été.

 

L’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) confirme en la personne du conseiller pour la sécurité Erminio Sacco, basé à Jerusalem, que la pollution des eaux sur la côte pose un problème pour la santé de la population de Gaza.

 

04%20(12).jpg

  

Shalihat autrefois, plaisir interdit ? (Majed Shala)

 

L’autorité environnementale gazaouie a diffusé des avertissements à la télévision, à la radio et dans la presse par rapport au sept endroits, qui représentent 10% des plages, interdits à la baignades et à la pêche. L’ingénieur Bah al-Ghazi a expliqué que l’autorité n’était pas en possession de tous les éléments nécessaires pour estimer les effets de la pollution depuis le début de la saison chaude. Selon la porte-parole du Ministère de la Santé Hamam Nasman, l’autorité est actuellement en train de mettre en place un système pour mesurer les effets potentiels de la mer polluée.

 

Des sept endroits signalés comme malsains par les autorités environnementales et par le Coastal Municipal Water Utility, dépendant de la Banque Mondiale (CMWU), quatre sont des plages de la ville de Gaza : le camp des réfugiés de Shati, les plages des hôtels, la plage des bâtiments du président réduit en ruines par les bombardements de cet hiver et le quartier des buvettes Shalihat. Au sud, il y a une plage à l’endroit de l’ancienne colonie de Netzarim, celle du Wadi Gaza (Vallée de Gaza) et celle de Rafah (près de la frontière avec l’Egypte). Dans tous ces endroits, un tuyau d’égout verse des eaux usées non-traitées directement dans la mer.

 

En dépit des avertissements, quelques familles continuent de nager et faire de la pêche dans ces endroits proscrits. Eyad, âgé de 30 ans, ex-officier de sécurité sous l’ancien gouvernement du Fatah, et sa femme Nasrin ont amené leurs enfants pour nager dans la région « Shalihat » de la ville de Gaza le 4 juin. ‘ Nous avons entendu les avertissements du Ministère de la Santé, mais à notre avis, il n’y a pas de problème,’ dit Eyad, tout en surveillant sa fille Noa, 5 ans, et son frère Adel, 3 ans, qui se jettent joyeusement dans la mer.

 

090610-gaza-beach.jpg

  

Un enfant se baigne a Shalihat en dépit des avertissements du Ministère de la Santé.(Erica Silverman/IRIN)

 

En avril 2009, le WASH, une coalition d’agences des Nations Unies et d’autres organisations internationales, a publié un rapport sur la crise de l’eau et de l’hygiène à Gaza (http://www.irinnews.org/report.aspx?ReportId=84074 ndlt).  Il faisait état du déversement des eaux usées, dont seulement une partie est partiellement traitée, directement dans la mer et ceci à plusieurs endroits le long de la côte.

 

Selon le rapport, le blocus des territoires qui dure depuis 23 mois et les dommages dûs à l’offensive israélienne du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009 ont augmenté la fragilité du système des égouts encore embryonnaire à Gaza.

 

Toute reconstruction de l’infrastructure est impossible en raison de l’interdictions d’importation des matériaux industriels et pièces de rechange selon le Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires (l’OCHA). »

 

phbs%20(134).jpg

  

photo par Basel Al Maqousi

 

Nos remerciements aux artistes du groupe www.artwfg.ps pour les photos, tirées de leurs portraits de la vie quotidienne à Gaza.

14:31 Publié dans Connaissance du Monde | Tags : gaza, plages, mer, pollution, blocus, maladies, méditérranée | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

Les commentaires sont fermés.