08/07/2009

Une histoire sans bruit

Le 2 juillet une famille de Gaza a été frappée tragiquement. Une jeune fille de 17 ans est morte, tuée « par erreur » selon l’armée israélienne, qui a tiré deux obus sur deux maisons familiales à environ 1,5 kilomètres de la frontière avec Israël. L’armée a d’abord imputé les tirs à des palestiniens puis a admis plus tard la responsabilité decette dernière attaque sur des civils.

 

Depuis la fin de l’assaut israélien sur Gaza, qui a duré 3 semaines, le 18 janvier, 25 autres personnes (activistes, civils, pêcheurs et paysans au travail) ont été tuées. D’autre part, selon le Centre palestinien pour les droits humains (PCHR) 64 individus, dont 25 femmes et enfants, ont été blessés par tirs ou obus. Les soldats tuent et blessent en toute impunité. Ignorés par une presse internationale lasse de cette région qui souffre en permanence, les victimes civils n’ont ni visage ni nom. Rami Almeghari rend la dignité de la famille Abu Ayish en racontant leur histoire. Lire l’original en anglais sur http://electronicintifada.net/v2/article10643.shtml . 

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 Le corps de Hiyam Abu Ayish à la morgue de l’hôpital al-Aqsa à Gaza entouré par ses proches le lendemain de son décès suite à une attaque israélienne (Hatem Omar/Maan Images)


« Hiyam, une adolescente gazaouis tuée en rendant service

 

par Rami Almeghari Live from Palestine 5 juillet 2009

 

Jeudi passé, l’après-midi était calme comme c’est l’habitude dans le village de Johr-al-Deek au milieu de la bande de Gaza. ‘ Je t’amène chez le dentiste dans une demi-heure,’ Salim Abu Ayish  avertit sa fille Hiyam, 17 ans. Il raconte la suite. ‘A 17 :30, un obus israélien a frappé la maison de mon frère.’ Son neveu était blessé, et Salim s’est précipité pour aider.

‘J’ai demandé à Hiyam d’aller chercher la clé de la voiture qui se trouvait dans ma chambre à coucher, » dit M. Abu Ayish. ‘Elle s’exécutait lorsque un deuxième obus a soudainement frappé la chambre à coucher. Hiyam fut tuée sur le coup par les éclats d’obus qui ont pénétré partout dans son corps. Moi-même, j’ai reçu des éclats dans le dos et la nuque.’

 

Les deux obus … ont gravement blessé Husam Abu Ayish, le cousin de Hiyam. Ils ont causé des blessures moins graves au père de Hiyam et à sa sœur, Nawal. … M. Abu Ayish essaie de dominer sa douleur pour raconter sa fille : ‘Elle avait un excellent sens d’humour, toujours active, polie et souriante. Le jour où son âme s’en est allé au ciel, elle m’avait demandé d’acheter une pastèque, mais le destin m’a dévancé. Heureusement, il y a deux mois, j’ai pu lui offrir un collier qu’elle désirait. » 

 

Son frère Emad, 24 ans, se rappelle d’elle : ‘Hiyam était plus qu’une sœur … juste une heure avant sa mort, elle me parlait de mon mariage… nous voulons fêter ton mariage, mon frère,’ dit-elle.’ Tout ce qu’il reste d’elle maintenant pour Emad sont les photos qu’il a pris sur son téléphone portable de son visage marqué par les obus.

 

Saleh Abu Hajjaj, le beau-frère de Hiyam garde un souvenir qu’il tient à partager : ‘Chaque fois qu’elle venait à la maison, les enfants se réjouissaient énormément. Elle remplissait notre maison de la bonne humeur et de rires.’

 

‘Elle était une de mes meilleures élèves,’ dit Jamal al-Nabahin, enseignant à l’Ecole Secondaire pour Jeunes Filles de Qaysaria, où Hiyam a récemment reçu son certificat pour sa onzième année d’études. ‘Elle participait pleinement, parfois elle pouvait être vraiment très amusante. Sa mort est une grande perte, que son âme reste en paix.’

 

Ragjda al-Aydi, une camarade de classe et une amie, avait parlé avec Hiyam au téléphone peu avant les tirs d’obus. Elle s’est évanouie et est restée inconsciente pendant trois heures en apprenant les nouvelles par son père Mahmoud. ‘Elle ne pouvait pas croire que Hiyam était tuée.’

 

La mère de Hiyam, Um Jihad, n’avait prononcé que peu de mots : ‘que Dieu demande des comptes à ceux qui ont tué ma fille bien-aimée.’

 

… Les 22 jours en décembre et janvier ont vu 1'400 palestiniens tues dans l’invasion israélienne, la plupart des civils non-armés. Comme avant ces attaques, Israël continue à entretenir un blocus sévère sur la bande de Gaza, empêchant toute vie normale pour ces 1,5 d’habitants.

 

‘Nous n’avons nulle part où aller,’ dit le père de Hiyam. ‘Même si nous avions envie de déménager, le siège nous empêche de construire, car il y a aucun matériel de construction. La situation est terriblement difficile, pourtant le monde garde le silence au sujet de notre agonie qui ne fait que durer.’ »

 

Rami Almeghari est journaliste et enseignant universitaire basé dans la bande de Gaza.

11:48 Publié dans Connaissance du Monde | Tags : armée israélienne, jeune fille tuée, gaza | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

Commentaires

merci beaucoup pour cet article madame scheller j'ai bcp de respect pour ce que vous faite et j'apprécie bcp vos artciles et notes .
il malheureux de constater que des enfants palestiniens ainsi que leurs mamans ,papa se fassent tuer devant l'indifférence du monde civilisé !!!
aucun article sur les médias ni sur les télé comme si tout le monde etait satisfait de cela quel honte !!!

Écrit par : fredo | 08/07/2009

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