30/08/2009

Le silence autour de Gaza

 

Entre le 14 septembre et le 2 octobre, le Conseil des Droits de l’Homme à Genève écoutera le rapport du juge Richard Goldstone sur les évènements à Gaza et au sud d’Israël pendant les 22 jours de décembre et janvier derniers. Le 30 novembre 2008, Ramzy Baroud émettait l’espoir que les nouvelles de Gaza soient meilleures (Voir l'entrée du blog « Espoir : demain les nouvelles seront bonnes ! ») Neuf mois plus tard, il accuse les médias de carrément passer sous silence la situation humainement intolérable. Voici un résumé de l’article publié en anglais  sur le site de Ma’an News, le 29 août : http://www.maannews.net/eng/ViewDetails.aspx?ID=222126.


« Lutter pour le droit de marcher

 

Les souffrances de Gaza ont été étrangement passées sous silence par les média. Par la même occasion, le public mondial a été sevré d’information sur de la situation de Gaza. Cela revient à donner la fausse impression que les choses vont mieux et que les gens peuvent refaire leur vie.

 

Khaled Abed Rabbu qui était père de quatre enfants, en est l’exemple par excellence. Sa maison a été détruite. Il a perdu deux filles – Suad, 9 ans et Amal, 2 ans. [l’histoire de cette famille est disponible sur http://www.youtube.com/watch?v=AfT4QrqOnYM ndlt]

 

Le siège de Gaza mérite l’appellation de barbarisme absolu. Il empêche l’entrée ou la sortie de blessés, de matériel médical ou de nourriture. Des quartiers entiers ont été supprimés de la carte lors des attaques, ainsi qu’un grand nombre de maisons, de mosquées, d’hôpitaux et d’autres structures. Mais le béton nécessaire pour reconstruire est interdit d’importation par Israël. Khaled, comme beaucoup d’autres, pense pas ne pouvoir reconstruire sa maison.

 

Le 13 août, le Haute commission de l’ONU pour les droits humains a publié un rapport de 34 pages sommant l’Etat d’Israël de lever le blocus sur Gaza. Le rapport dévoile maints détails incompréhensibles de l’assaut brutal sur la bande de Gaza, alors que c’est un des endroits le plus pauvre et le plus peuplé du monde.

 

Parmi les faits reprochés à l’Etat d’Israël : selon la Déclaration des droits humains, tout individu a droit à quitter son pays et à demander asile. Mais les frontières de Gaza sont resté fermées pendant les 22 jours du conflit. Le droit à la santé des enfants est une question brûlante à l’ONU, c’est aussi le cas pour les autorités du Ministère palestinien de Santé ainsi que pour les ONG s’occupant de la santé. Tous émettent des signaux d’alarme :  la malnutrition est en augmentation à cause du chômage, d’une pauvreté croissante et des restrictions de nourriture. Selon l’UNICEF, 10,3 % des enfants âgés de moins que 5 ans souffrent d’un arrêt de croissance.

 

La seule exportation autorisée en deux ans de siège fût 13 camions de fleurs coupées. Le rapport conclut qu’Israël a failli à ses devoirs sur toute la ligne en matière de tous les droits prônés par le Comité des droits économiques, sociaux et culturels de l’ONU (CESCR).

 

La vie brisée de la famille Abed Rabbu illustre l’abnégation des droits élémentaires. Ce jour-là,  Samar, 4 ans, a eu la chance de survivre, alors même qu’elle perdait ses deux sœurs et sa maison. Elle a été amenée en Egypte et ensuite en Belgique, passant d’un hôpital à l’autre. Mais la balle logée dans son épine dorsale est placée si profond que les chirurgiens belges excluent une opération. En chaise roulante, avec un support pour son dos, Samar est paralysée. C’est vrai que La Déclaration des droits humains ne dit rien sur le droit volé à de petits enfants de pouvoir marcher. »

 

Voir : http://www.sott.net/articles/show/189934-World-Without-Soul-Paralysed-child-s-story-reflects-Gaza-s-plight

 

Samars-plight4.jpg

 

 Samar en Belgique

 

 

Ramzy Baroud, journaliste palestinien et américain,  (http://www.ramzybaroud.net) a grandi dans un camp de réfugiés de la bande de Gaza.

18:34 Publié dans Connaissance du Monde | Tags : gaza, media, droits humains, blocus | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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