15/10/2009

« Le blocus prive les écoliers de papier, de stylos et de manuels scolaires »

Le blocus illégal continue à petit feu, sciemment imposé pour dévaster la fibre même de la vie à Gaza. Les futurs adultes de Gaza s’en souviendront. Les écoliers de Gaza ont témoigné sur leur situation mardi 13 octobre à la BBC dans l’émission « La Faim d’apprendre ». La situation précaire des écoles de Gaza est aussi le sujet d’un communiqué de presse récent de Human Rights Watch. L’original en anglais se trouve sur  http://www.hrw.org/en/features/israel-gaza.

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« Les enfants de Gaza méritent mieux. » Mia Farrow à Gaza, 15 octobre 2009, UNICEF


 « Israël : levez le blocus sur les fournitures scolaires à destination de Gaza !

(Jérusalem, 11 octobre 2009)

 

Aujourd’hui, Human Rights Watch a appelé les autorités israéliennes à lever immédiatement les restrictions qui privent les écoles publiques de Gaza de manuels scolaires et de toute fourniture scolaire, même des cahiers et des stylos. …

 

La rentrée est vieille de plus d’un mois, mais les restrictions israéliennes ont fait grimper les prix pour le peu de fournitures scolaires disponibles. Les élèves sont obligés d’être à deux par manuel ou livre d’exercices usé ou d’attendre à s’en servir à tour de rôle. Les fournitures qui arrivent en contrebande dans les tunnels entre l’Egypte et le sud de la bande de Gaza ne peuvent pas combler la pénurie de matériel scolaire créée par les restrictions arbitraires de l’Etat d’Israël.

 

‘Le blocus israélien pèse sur tout aspect de vie à Gaza. Il va jusqu’à priver les écoliers des fournitures scolaires nécessaires,’ dit Sarah Leah Whitson, directrice pour le Moyen Orient et l’Afrique du Nord à Human Rights Watch. ‘Quelle justification peut-il avoir pour un blocus sur des fournitures scolaires, ce qui revient à priver des enfants de leur droit à l’éducation ?’

 

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(Basel Al Maqousi)

 

Selon Riyadh Lubbad, directeur de l’école secondaire al-Karmel, ‘Certains livres de base du programme scolaire n’ont pas été imprimés, faute de papier et d’encre. Ce sont les cours d’histoire, de géographie et d’anglais qui en pâtissent le plus.’

 

Salim Ayoub, élève de onzième année à al-Karmel, raconte : ‘Dans le cours d’anglais, nous avons un livre pour deux élèves. Je travaille sur le cahier d’exercices pendant que mon camarade travaille avec le manuel, puis nous les échangeons. Notre classe a eu de la chance. Dans d’autres cours d’anglais, ils n’ont aucun livre.’

 

Ayoub a expliqué que les élèves ne peuvent pas se payer des cahiers. ‘Il n’y avait aucun cahier sur le marché à la rentrée. Plus tard, j’ai vu des cahiers en provenance des tunnels [d’Egypte], mais ils coûtent cher. Nous sommes censés avoir trois cahiers par cours, mais je n’en ai acheté qu’un ou deux.’

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(Shareef Sarhan)

 

Un autre élève de onzième, Mohamed Abu Karsh, nous dit : ‘Il nous faut environ vingt cahiers pour tous nos cours. Je n’ai pu en acheter que dix.’

Selon les Nations Unies, le conflit armé à Gaza en décembre et janvier a détruit 18 des 641 écoles dont la population dépasse 440'000 élèves. Deux cent quatre-vingts autres établissements scolaires ont subi des dégâts. Israël a interdit presque toute livraison de matériel pour la reconstruction, alors que les écoles restent à l’état où elles se trouvaient en janvier. Il a fallu déplacer 15'000 écoliers vers d’autres écoles. L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (l’UNRWA) a dû annuler ses projets de construction de nouvelles écoles, faute de matériel.

 

L’article 50 de la Quatrième Convention de Genève sur les devoirs de l’occupant exige qu’il ‘facilite le bon fonctionnement de toutes les institutions vouées aux soins et à l’éducation des enfants.’

 

Falah Lubbad est l’un des 25 importateurs pour les papeteries de Gaza. ‘Avant, je commandais des cahiers d’une fabrique d’Hébron, mais maintenant nous n’avons plus la possibilité d’importer depuis la Cisjordanie,’ dit-il. Les cahiers qui arrivent en contrebande depuis l’Egypte coûte 70% plus cher, ce qui les rend inabordables pour beaucoup d’élèves. ‘Je n’ai pas voulu de ces cahiers puisqu’ils sont trop chers et de mauvaise qualité : beaucoup arrivent déjà déchirés. Je suis aussi en rupture de stock pour les stylos, les gommes et le papier pour les étudiants.’ Lubbad paie pour le stockage en Israël de l’équivalent de quinze camions pleins qui n’ont pas reçu l’autorisation d’importation ; huit d’entre eux attendent une autorisation depuis septembre 2008.

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(Shareef Sarhan)

 

Israël a autorisé seulement deux camions en 2009 alors que 120 attendaient le feu vert israélien pour le 25 août, selon l’IRIN, l’agence de presse de l’ONU.

 

Khalid Raddi, porte-parole pour le Ministère d’Education du Hamas, a informé Human Rights Watch que les écoles de Gaza étaient confrontées à une ‘pénurie sévère’ de papier, d’encre et de cahiers.’ Dix pour cent des manuels n’ont pas pu être imprimé par l’UNRWA parce qu’Israël n’a pas approuvé l’importation nécessaire de papier et d’encre. Israël n’a pas répondu non plus aux demandes d’UNWRA pour 5'000 pupitres et 4'000 chaises et tables pour les enseignants dans des salles de classe, selon Aidan O’Leary. Vu le manque d’espace pour les élèves, dit O’Leary, l’UNWRA a besoin d’importer des salles de classes sous forme de container, mais ‘nous les attendons toujours’. Une distribution planifiée de crayons et de papier a également dû être annulée..

 

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 (Shareef Sarhan)

 

En mars, lors d’une conférence en Egypte, les Etats-Unis, le plus important bailleur pour Israël, a promis 300 millions en dollars américains d’aide humanitaire pour Gaza. A cette occasion, la Secrétaire d’Etat américaine Hilary Clinton a déclamé : ‘Un enfant de Gaza sans abri, sans soins de santé, ou sans éducation a le même droit de fréquenter l’école, de consulter un médecin ou de vivre sous un toit qu’un enfant dans votre pays ou dans le mien.’ Dans une lettre à Clinton, Human Rights Watch a fait un appel aux Etats-Unis pour ils retirent leur soutien au blocus et le dénonce, compte tenu du poids de leur influence politique, militaire et financière en Israël.

 

… Dans son commentaire officiel sur les Conventions de Genève, le Comité international de la Croix Rouge affirme que le ‘concept de punition collective doit être compris dans son sens le plus large : il ne couvre pas seulement les peines légales, mais aussi les sanctions et les harcèlements de toutes sortes.’ »

 

Nous remercions les artistes de Windows from Gaza (http://www.artwfg.ps/) pour leurs photos d’écoliers de Gaza il y a quelques années.  

22:12 Publié dans Conditions pour la paix | Tags : ecoliers, gaza, blocus, unwra, conventions de genève, israël | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Merci pour ces éléments qui montrent une fois de plus que l'Etat sioniste ne respecte pas les Conventions internationales:
"L’article 50 de la Quatrième Convention de Genève sur les devoirs de l’occupant exige qu’il ‘facilite le bon fonctionnement de toutes les institutions vouées aux soins et à l’éducation des enfants.’"
Merci pour les enfants de Gaza.
Vous faites un travail remarquable!

Écrit par : Hani Ramadan | 15/10/2009

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Bravo, Carol, d'oser aller mettre votre regard dans les dimensions silencieuses et souterraines du blocus.
Au XXIe siècle, le pouvoir des Organisations Internationales est vraiment déplorable.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 16/10/2009

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De nos jours, l'anglais est devenue une langue courante et utilisées dans le monde entier.
Pour pouvoir le parler correctement, il est approprié de l'apprendre et de le pratiquer ensuite.
En étant enfant, le cerveau assimile beaucoup plus rapidement, il est donc judicieux d'apprendre l'anglais aux enfants.
Sur le net, il existent maintenant des sites pour enfant qui proposent des cours en forme de jeux. Vraiment utile pour attirer les enfants et les pousser à apprendre.

Écrit par : Apprendre l'anglais | 12/12/2009

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