27/10/2009

« Merci infiniment pour votre écoute. »

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Abdul-Raziq Abu Shar [« raziq » veut dire «celui qui comble de bienfaits » ndlt]

  

Eva Bartlett, canadienne qui vit à Gaza depuis bientôt une année, écoute des paysans habitant les régions de Gaza les plus dévastées par les attaques israéliennes de l’hiver passé. Malgré les agressions israéliennes quotidiennes dans ces régions proches de la frontière, les familles essayent de survivre sur les terres qu’il leur reste.

 


« Au-delà des pertes : la dignité

18 octobre 2009

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Mahmoud Musleh : ‘Les forces israéliennes ont détruit ma fabrique de tuiles à la rue Sikka (Beit Hanoun nord), une deuxième fabrique de tuiles à la rue Salah al Din (Beit Hanoun), ainsi que le puit situé sur mes terres. L’armée a déraciné mes oliviers à plusieurs reprises. J’ai 70 ans, et je n’ai plus rien maintenant, pas plus de ce que j’avais à l’âge de 16 ans.

 

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Mohammed Zaneen (de l’est de Beit Hanoun): ‘J’avais 11 dunams [environ un hectare ndlt] d’oliviers; les bulldozers israéliens les ont rasés. Avant, je gagnais bien plus que 11'000 $ US grâce aux oliviers. Maintenant, les plus âgés de mes arbres ont juste 4 ans, ils produisent peu. Nous avons aussi des abeilles. A l’époque, il y avait beaucoup d’oliviers, de citronniers, d’orangers et nous avions un miel superbe deux fois par an. Actuellement, on doit nourrir les abeilles en partie avec du sucre et elles ne donnent du miel qu’une fois par année.’

 

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Abdullah Abu Shar (Waddi Salqu, au centre de l’est de Gaza) : ‘Pendant la guerre israélienne contre Gaza, l’armée israélienne a détruit ma maison et 50 autres appartenant aux différents membres de notre famille. Mon fils Mahmoud (25 ans) et sa femme Fida (18 ans) ont été tués avec leur fils Tamer (10 mois) lors de deux attaques de drones israéliennes sur leur maison.’ Plus tard, Abu Shar fait remarquer : ‘Nous avons quatre martyrs [C’est le terme utilisé pour tous ceux tués par l’armée israélienne ndtl] dans notre famille, seulement quatre.’ ‘Ça en fait trop,’ dis-je. Son visage stoïque se désagrège et il sanglote, en silence, pendant un moment.

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Masiouna Abu Shar : ‘Je vis ici depuis 50 ans. Ces terres étaient à mon grand-père. Les israéliens ont tout détruit. Pas une seule maison reste debout. Toute la terre a été dévasté. Maintenant, nous devons tous louer des maisons à Deir al Balah pour 150$ US par mois. Nos terrains ont été mis hors d’usage et rien ne peut y être cultivé. Que pouvons-nous faire de cette terre ?’

 

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Là, c’était notre maison. Il n’en reste rien. Nous avions aussi 50 arbres : oliviers, figuiers, goyaviers … tous détruits. Vous voyez ses maisons là-bas ? Détruites, tout est détruit, tous les biens de notre famille.’

  

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Abdul-Raziq Abu Shar : ‘L’armée israélienne a rasé mes oliviers trois fois ces sept dernières années : en 2002, 2004 et 2005. J’avais 120 oliviers et encore 100 dattiers, dont 15 avaient plus de 30 ans.’

 

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Nayfa Abu Shar : ‘ Ma maison a été rasée, et tous mes arbres avec.’

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Ghrelli Abu Shar : ‘ Je vivais avec mon fils et ses quatre enfants. Notre maison a été détruite, nos arbres – il y en avait 80 – aussi. Il y avait beaucoup de figuiers, d’oliviers, de citronniers et de dattiers.’ 

 

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Nous avons construit un abri de deux pièces avec des pierres que nous avons pu récupérer, mais il n’est pas fini. Lorsque je viens ici pendant la journée, la tente me protège du soleil. Je cuisine sur le feu. J’ai peur d’y rester après le coucher du soleil : les soldats israéliens nous tirent dessus tout le temps.’

 

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Sabri Jendiya (74 ans) (Shayjayee, Gaza-est) : ‘J’ai travaillé la terre depuis que je suis un petit garçon. Nous sommes paysans, nous investissons tout dans notre terre. Nous possédons 30 dunams à environ 800 mètres de la barrière de la frontière. A cause du danger de tirs des soldats israéliens, je ne travaille plus sur mes terres comme auparavant. [Un entretien avec un paysan en août 2008 donne une idée des menaces subies par les paysans dans ce secteur depuis 2000 : ndlt] Mais aussi, toutes les sources d’eau ont été détruites par la guerre israélienne contre Gaza. Quand les pluies viendront, je planterai des légumes faciles à cultiver. Dans notre maison, il y a trente personnes et un seul de mes fils a du travail.’

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Shabaan Mohammed Mhayssy (83 ans) : ‘J’étais vraiment heureux sur mes 7,5 dunams. J’ai dépensé 10'000 shekels (environ 2'500 $US) pour notre citerne d’eau qui était pourvue d’une pompe pour arroser le terrain. Mes oliviers étaient anciens. Les soldats israéliens ont détruit la citerne et tous mes arbres. Je ne suis pas capable de nourrir les 30 personnes qui vivent dans notre maison.’

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Samir : ‘Ma terre a subi les bulldozers sept fois. Il y a avait environ cent oliviers et orangers. Il y avait six puits. Tous sont détruits. Lorsque les paysans pouvaient produire leur propre nourriture, ils pouvaient vivre de façon autonome. Maintenant les attaques israéliennes les chassent de leurs terres et ils doivent dépendre de l’aide humanitaire.’

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Ramzi Hillis : ‘J’ai une bonne terre, 20 dunams, à environ 400 mètres de la barrière qui est à la frontière. Tous mes arbres et mes 10'000 poules ont été tués par des bulldozers entre 2004 et maintenant. Nous élevons encore des abeilles, quoique la production est très mauvaise ces dernières années. Maintenant je conduis un taxi pour soutenir les 13 personnes qui composent ma famille.’

 

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Amar Mhayssy (78 ans) : ‘Ma femme et moi, nous possédons 9 dunams de terre dans le zone tampon. [Voir le blog du 9.10.09] Nous ne pouvons plus cultiver cette terre parce que les israéliens tireront sur nous. Nous avons encore 10 dunams de terre à plus de 500 mètres de la barrière qui se trouve à la frontière. Sur ces terrains-là, nous avions 2 dunams d’oliviers qui avaient plus de 60 ans. L’armée israéliens les a tous rasés avec leurs bulldozers. Nous allons replanter des arbres, et je prie Allah pour qu’ils ne soient pas détruits à nouveau par les bulldozers. Nous avons 13 personnes dans notre famille dont 4 enfants à l’université. Personne n’a un emploi.’

 

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Amar et Sena Mhayssy (75 ans) : ‘Tous les matins, les soldats israéliens tirent sur nous. La vie ici est dure.’

 

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Salem As Saede (de l’est de Beit Hanoun) : ‘J’avais 4,5 dunams de terre, avec des oliviers et des orangers. Tout a été détruit par les soldats israéliens ces dernières années.’ Cet hiver, l’armée a rasé ce qu’il restait de ses terres en détruisant le puit qu’il avait reconstruit suite à une autre incursion. Saede s’est marié deux fois, il a 17 enfants, tous sans emploi. Tous ont besoin de l’aide alimentaire. Il ne peut même pas cultiver sa terre pour élever de nouveaux produits fermiers. Saede était enseignant.’ »

  

Toutes les photos et le vidéo sont par Eva Bartlett : http://ingaza.wordpress.com/ .

 

21:14 Publié dans Connaissance du Monde | Tags : paysans, gaza, armée israélienne, témoignages, terres | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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