20/11/2009

Centre éducatif sans ressource

Aujourd’hui, le monde marque le 20e anniversaire de la Convention des droits de l’enfant, ratifiée par la Suisse et par Israël, mais pas par les Etats-Unis. C’est un jour pour réfléchir aux priorités politiques des dirigeants de notre monde. Les adultes portent en eux leurs vécus d’enfant. L’autre jour, Eva Bartlett, journaliste canadienne vivant depuis un an à Gaza, a visité un centre éducatif pour femmes et enfants à Rafah. Ville du sud de la bande de Gaza, Rafah a beaucoup souffert des bombardements meurtriers et des démolitions des maisons par l’armée israélienne depuis 2003. Le petit Centre de Rafah, autrefois havre de paix, ne peut plus subvenir aux besoins des démunis pour qui il était conçu.

 

  « Pas d’argent pour les enfants

19 novembre 2009

 

dsc00253.jpg

dans le centre de Rafah (Eva Bartlett)


A Rafah, le triste état d’une petite organisation illustre les conséquences du siège impitoyable sur Gaza imposé depuis la victoire électorale du Hamas au début 2006. Il s’agit d’un centre communautaire pour enfants et  femmes élevant une famille, vivant dans la précarité. Les meubles sont en mauvaise condition, les jouets défraichis, les livres déchirés et les salles presque vides. Peu d’enfants fréquentent les lieux pour faire leurs devoirs à la sortie de l’école.

 

Najwa, la directrice du centre, explique qu’avant le blocus, le centre offrait des services parascolaires qui fonctionnaient bien. Pendant l’été, il y avait des cours et des jeux organisés pour des centaines de jeunes démunis de Rafah.

 

Avant que les exportations soient interdites, le centre vendait de belles broderies de qualité, dit Najwa. Environ 40 femmes pouvaient ainsi contribuer aux revenus de leurs familles dans une période où le travail était difficile à trouver. Maintenant, le travail est devenu simplement impossible à trouver et la fermeture des frontières a exclu l’exportation des broderies, leur dernière source de revenu.

  

Tous les enseignants et les conseillers du centre sont bénévoles, dit Najwa. Une jeune femme qui travaille avec les enfants, a payé de sa poche un tableau blanc et des stylos pour la classe.

 

dsc00254.jpg

 

Il n’a pas d’argent, aucun soutien financier. Ce sont des programmes comme celui-là que le siège international de Gaza met à mal.

 

Que vise un pareil siège, lorsque des programmes d’aide sociale doivent fermer ou n'exister qu'à une échelle tellement réduite? Qui est puni ?

 

Est-ce que ce sont les dirigeants politiques démocratiquement élus qui en souffrent ? Ou plutôt, comme pendant le massacre israélien de Gaza l’hiver passé, chacun des civils enfermés dans la bande de Gaza ? »

 

Les photos prise par Eva Bartlett lors de sa visite du centre sont éloquentes.

 

 

 

 

17:03 Publié dans Conditions pour la paix | Tags : gaza, parascolaire, enfants, siège, occupation | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Bravo et merci, Carol, pour votre ténacité à nous faire ressentir le quotidien des Gazaouis.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 20/11/2009

(C’est un jour pour réfléchir aux priorités politiques des dirigeants de notre monde.)
...par tout dans le monde, les enfants sont souvent les seuls qui paient la facture des guerres, en particulier en Palestine et plus précisément à Gaza. Vos notes madame, restent les seules souffles de vertu qui coulent au fond des tambours de guerre qui ne cessent malheureusement de retentir entre les collines de la terre sainte.

Écrit par : Mohamed Ftelina | 20/11/2009

Les commentaires sont fermés.