23/11/2009

On n’est nulle part si bien que chez soi

‘Chère Eva,’ écrit le coordinateur du Russell Tribunal sur Palestine Frank Barat, en commentant l’article que voici. ‘Merci pour ce blog fantastique qui nous ouvre une fenêtre sur la vie quotidienne à Gaza. Merci immensément pour votre courage et votre travail. C’est grâce à des gens comme vous qu’un jour, les palestiniens auront, pour la première fois, la possibilité d’une vie meilleure, sans occupation, répression, humiliations, torture, check-points, drones, incursion de l’armée …’

 

Cet article provient du blog d’Eva Bartlett, canadienne qui connaît Gaza comme si elle y était née. En réalité elle n’y a passé qu’une année, mais quelle année !

 

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des catelles de Gaza à Beit Hanoun (Eva Bartlett)


« Vous dites qu’il n’y a pas de reconstruction à Gaza ?

22 novembre 2009

 

Hier, nous avons visité la partie est de Beit Hanoun, à approximativement 2 kilomètres de la frontière est d’Israël. Nous avons inspecté des citernes et des puits détruits, ainsi que leurs moteurs – impossible à remplacer. C’est également impossible de nettoyer les puits situés à un kilomètre de la frontière en raison des risques de tirs de l’armée israélienne.

 

La famille Basiouni est en train de reconstruire sa maison à côté d’un de ces centaines de puits détruits. Ils ont bien plus de chance que les ces 4'000 familles dont les maisons ont été démolies par les bombardements israéliens, les explosions des engins placés intentionnellement ou les démolitions par bulldozers.

 

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M. Basiouni au travail (Eva Bartlett)

 

Les Basiouni reconstruisent leur maison en plus petit que l’original. Ils peuvent se considérer chanceux d’avoir sous la main de belles pierres, des blocs de ciment et des catelles récupérées des maisons démolies. Autrement, il s’agirait d’importer du ciment provenant des tunnels de la frontière égyptienne – cher, de mauvaise qualité – pour bâtir une baraque en tôle et en blocs de béton, ou bien en boue, comme certains à Gaza le font.

 

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reconstruction d’un poste de police à Sheikh Zayed, au nord de la bande de Gaza, 13.10.2009 (Eva Bartlett)

 

Comparées aux denrées de base comme le ciment, le verre, le métal et le bois, les catelles sont un luxe inimaginable. Entre les bombardements israéliens meurtriers de Gaza et le blocus qui perdure, 95% de l’industrie gazaouie ne fonctionne plus. Les usines qui fabriquaient des catelles figuraient parmi les 600 usines rasées dans les attaques israéliennes. Les catelles sont maintenant choses rare à Gaza. Il n’y a aucun ciment pour en fabriquer de nouvelles et la plupart sont réduites en poussière. ‘Nous avons récupéré ces catelles dans les ruines environnantes. Toute cette terre appartient à notre famille. Ces catelles sont vieilles et solides, épaisses et de qualité supérieure.’ M Basiouni sourit – la majorité des palestiniens de Gaza luttent pour leur existence dans des conditions extrêmement difficiles tandis que lui, il a du matériel de reconstruction sous la main... »

 

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M. Basiouni se prépare à poser une catelle pour le sol de sa maison (Eva Bartlett)

 

Pour ceux qui comprennent l’anglais, le blog Free Gaza est vivement recommandé pour un aperçu fidèle de la réalité de Gaza. Grâce aux possibilités interactives du blog qu’Eva Bartlett maîtrise admirablement, Free Gaza informe mieux qu’un livre ou un journal. C’est une illustration exceptionnelle de tout le potentiel de ces nouvelles techniques de communication.

00:41 Publié dans Connaissance du Monde | Tags : gaza, reconstruction, blocus, puits, usines, bombardement, israël | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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