05/12/2009

Ne pas hésiter

« Ne pas hésiter » traduit bien le titre du document publié le 2 décembre par le Comité public contre la torture en Israël (PCATI). Ce rapport aide à mieux comprendre les actions de l’armée israélienne lors des combats à Gaza l’hiver passé. L’agence suisse pour le développement et la coopération (Swiss Agency for Development and Cooperation, SDC) y a contribué financièrement. L’Electronic Intifada en a publié un communiqué de presse dont voici une traduction. 

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 la page de garde du rapport 


 

 

« Une nouvelle doctrine de guerre israélienne cible les civils

 

The Public Committee against Torture in Israël (PCATI) vient de publier un nouveau rapport mettant à nu des changements dans les règles israéliennes du combat. L’opération ‘Plomb Durci’ a mis en pratique cette politique, qui est également spécifiée dans de nombreuses déclarations des militaires dans les rangs supérieurs et des fonctionnaires les plus haut placés dans le gouvernement israélien.

  

Le rapport « Ne pas hésiter : changements dans la doctrine du combat des forces de défense israéliennes à la lumière de l’opération ‘Plomb Durci’ décrit la mise en oeuvre de nouvelles règles de combat pendant les affrontements à Gaza. Deux principes ont guidé le comportement de l’armée :

 

Pas de pertes dans le combat’ : éviter des blessés parmi les militaires est prioritaire, même au prix d’une prise de risques accrue pour la vie des civils palestiniens. Cette politique s’est traduite par l’utilisation massive d’armes puissantes et de tirs au phosphore blanc dans des zones à forte concentration d’habitants. Cette nouvelle directive explique les tirs sur toute personne qui se trouvait dans la rue, sans aucune discrimination entre combattants et civils, alors même que l’armée avait sommé les civils d’évacuer leurs maisons.

 

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 Jabaliya, 5.01.09 (Hatem Moussa)

 

La doctrine de Dahiyeh’ : le nom de cette directive est une référence au quartier résidentiel de Beyrouth où le Hezbollah avait établi son quartier général soutenu par la majorité des habitants.

L’armée israélienne a bombardé massivement Dahiyeh pendant la Deuxième Guerre au Liban. La théorie veut que l’on cible l’infrastructure civile pour infliger une destruction et des souffrances étendues à la population afin de fomenter une opposition populaire aux ennemis d’Israël (c’est-à-dire, au Hamas et au Hezbollah).

 

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Dahiyeh, juillet 2006, The Daily Star, Nafez Zouk

 

La mise en pratique de ces principes dans la bande de Gaza a provoqué une destruction intentionnelle à grande échelle et la mort de centaines de civils non-combattants (sans que la politique officielle soit de tuer des civils). Les actions d’Israël sont en contradiction flagrante avec des déclarations officielles affirmant que l’armée israélienne a respecté le droit humanitaire et a pris toutes les précautions possibles pour éviter de mettre les civils non-combattants en danger.

 

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après la frappe d’un missile, Rafah, 27.12.08

 

Ces règles du combat entache les citoyens d’Israël d’une souillure morale. Elles risquent d’isoler Israël encore plus du monde international. Des militaires, des commandants ou des chefs du gouvernement pourraient se faire arrêtés pour crimes de guerre s’ils s’aventurent à l’extérieur de l’Etat d’Israël. Les auteurs du papier résument : ‘Des changements si importants dans les directives du combat de l’armée, dont les répercussions sont de grande envergure, ne doivent pas se décider uniquement derrière les portes du grand quartier général ou du cabinet de sécurité mais doivent être soumis à une discussion publique conséquente.’ »

11:46 Publié dans Connaissance du Monde | Tags : armée israélienne, israël, combats, doctrine du combat, civils, dahiyeh | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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