30/12/2009

L’Hôpital Al-Shifa, un an plus tard

Il y a un an, l’hôpital principal de la ville de Gaza était le lieu du chaos entre la vie et la mort. Ziad Medoukh y est allé, brancher son Natel – l’électricité était en panne partout et des journalistes français lui téléphonaient jour et nuit pour demander les dernières nouvelles. Arrivé à Paris au printemps 2009, Ziad ne dort pas pendant une semaine entière : « en voyant tout ce que j’ai vu sur le moment, je ne ressentais rien, mais ici en Europe, chaque fois que je me couchais pour la nuit, en fermant mes yeux je voyais les bras, les jambes sans corps, toute la mare de chair humaine déchirée qui se trouvait absolument partout, par terre, dans l’hôpital. Je ne pouvais simplement pas dormir. »

 

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"Gaza vit"

 

 

Aujourd’hui, des étudiants de l’Université Al-Aqsa, l’université du Dr Medoukh, peignaient des muraux sur les murs de l’hôpital. Eva Bartlett les a vu.


 

« Evocation

 30 décembre 2009

Aujourd’hui, des étudiants de l’Université Al-Aqsa, ville de Gaza, ont fait vivre les murs entourant l’Hôpital Al-Shifa avec des scènes de l’assaut israélien sur Gaza l’hiver passé.

Quelques scènes montrent la destruction, la brutalité et les nombreux morts du massacre israélien qui n’a épargné aucun lieu de la bande de Gaza.

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Des ambulances et des services médicaux d’urgence ont subi des attaques : 16 travailleurs paramédicaux ont été tués et 57 blessés ; 9 ambulances ont été détruites et 7 endommagées ; 43 cliniques et 15 hôpitaux ont été détruits. 

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destruction d'une ambulance du Croissant Rouge

Nesma crée une peinture murale qui représente les périodes pendant et après ces trois semaines terribles : ‘Pendant les attaques, les gens ont été terrorisés, épuisés, affamés et assoiffés … remplis de désespoir, en mille morceaux. Après le massacre, les gens ont recommencé à vivre, même s’il n’y a pas eu de reconstruction.’ La femme qu’elle peint regarde en avant avec dignité : ‘Elle représente la force et l’espérance dans l’avenir. Elle est la source des enfants, de la vie.’  

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Nesma, 22 ans, est en troisième année des Beaux-Arts. Elle habite près du port de Gaza, un endroit qui a subi pendant trois semaines la frappe quotidienne d’obus par des bateaux de guerre israéliens. ‘Nous sommes restés à l’intérieur. Il n’y avait aucun endroit où aller pour être en sécurité … nulle part.’

 

‘Nous palestiniens avons besoin d’un sursis. Nous voulons respirer, nous voulons une nouvelle vie de liberté. Nous sommes pleins d’énergie, mais il n’y a simplement aucune ouverture en ce moment, à cause du blocus et [les répercussions de] l’assaut.’

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Al-Shifa, l’hôpital principal de la ville de Gaza, a vécu des situations de premières urgences inimaginables [Le livre ‘Eyes in Gaza’ des deux norvégiens Mads Gilbert et Erik Fosse qui ont travaillé au côtes de leurs collègues palestiniens raconte en détail quelques-uns de ces jours à Al-Shifa ndlt]. Tous les hôpitaux de la bande de Gaza ont ressenti l’étouffement du siège – le carburant nécessaire pour les appareils médicaux manquait cruellement.

 

Les jeunes artistes ont choisi Al-Shifa pour peindre leurs muraux puisque cet hôpital représente pour eux la souffrance et les tragédies individuelles qui se déroulaient dans les foyers, les rues, les ambulances et les cliniques partout dans Gaza pendant ses 23 jours d’enfer. 

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Mohammed au travail

 

Mohammed Abu Hashish a choisi de peindre un enfant qui fait la queue pour remplir son bidon vide avec de l’eau. Au moins 800'000 palestiniens étaient sans eau pendant les attaques. Encore 10'000 gazouis n’ont pas d’eau en ce moment et 60% de la population, parmi les 1,5 millions individus dans la bande de Gaza, n’ont qu’un accès limité à l’eau. A noter qu’entre 90 et 95% de l’eau n’est pas potable. Presque quatre ans de blocus, combinés avec des bombardements ciblant les systèmes sanitaires et l’eau pendant l’assaut sur Gaza en décembre et janvier de l’hiver passé, ont contribué à ces statistiques sinistres. 

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 (…)

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Iman, en quatrième année des Beaux-Arts, a peint une femme :’Cela pouvait être n’importe quelle femme, n’importe où à Gaza,’ dit-elle. ‘Gaza était entièrement détruit.’ »

 

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Il nous semble que cette belle calligraphie, photographiée par Eva, donne un message d’espoir. Y aurait-il un(e) lecteur (lectrice) de ce blog qui sait la lire ?!

Commentaires

Et dire qu'il y en a qui accusent les musulmans de faire dans la victimisation! On doit voir nos frères se faire tuer et ne rien faire, ne rien dire, ne rien condamner, surtout pas condamner! Si on condamne, on nous brandit l'arme fatale de "l'antisémitisme"! Un seul état au monde peut tout faire sans que personne n'ose rien dire, comme si la terre entière doit payer le prix des exactions horribles commises par les allemands et une bonne partie des européens à l'encontre d'innocents juifs! Jusqu'à quand les palestiniens doivent payer ce que les européens ont fait? Nous condamnons fermement les horreurs qu'on subit des milliers de juifs innocents comme nous voulons et devons condamner les horreurs subites par des milliers de palestiniens! La justice est un droit pour tous les humains!

Écrit par : Inside | 30/12/2009

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