07/02/2010

Interdit d’études !

Demain, Ayman Quader, un jeune gazaoui, est attendu sur les bancs d’une université en Espagne. Il y est accepté pour des études en vue d’un Master sur la paix, les conflits et le développement. Mais les portes de Rafah lui restent fermées. Après avoir lu cet article (dont l’original se trouve sur l’Electronic Intifada) qui décrit sa situation et ses mérites, vous pouvez signer une pétition pour le soutenir dans son projet d’étude.


«  Gaza - 01-02-2010

 

Le blocus de Gaza interdit à un jeune Palestinien d’aller étudier en Espagne

 

Par El Mundo

 

Ayman Quader, jeune Palestinien, est l’une des nombreuses personnes qui rêvent depuis des années d’aller étudier en Espagne. Mais aujourd’hui, avec un visa tamponné dans son passeport, une bourse de l’Université Jaume I et un billet d’avion déjà acheté, il voit se fermer les portes pour sortir de Gaza. Le 8 février prochain, cet étudiant âgé de 23 ans devrait assister à son premier cours à Castellón dans le cadre du « Master International sur la paix, les conflits et le développement », mais ni Israël ni l’Egypte ne lui permettent de quitter la bande de Gaza, laquelle subit un blocus sévère depuis la prise du contrôle du Hamas en 2007.

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Ayman Qader montre tous les documents préparés et obtenus pour pouvoir aller étudier en Espagne. (photo:Jody McIntyre)

 Alors que s’approche le premier février, date du vol du Caire à Barcelone, Quader est découragé et exaspéré de voir comment il va manquer un avion qui le mènerait vers une nouvelle vie, mais qui va prendre son envol de l’autre côté d’une frontière déterminée à le garder prisonnier.

 

« Je suis désespéré. J’ai tout essayé, j’ai les bons papiers et le soutien d’un avocat et de l’ambassade d’Espagne, mais n’ont pas reçu d’autorisation », a déclaré ce diplômé en langue anglaise, aîné de dix enfants.

 

Le passage d’Erez dans le nord de Gaza, est bouclé et les critères imposés par Israël pour le traverser sont extrêmement contraignants, tandis que le passage de Rafah à la frontière avec l’Egypte est ouvert au compte-gouttes pour quelques chanceux.

 

L’ambassade d’Espagne au Caire a confirmé qu’elle prenait « toutes les mesures possibles en direction du ministère des Affaires étrangères » pour que soit autorisé le passage d’Ayman à travers le territoire égyptien.

 

L’ONG israélienne Gisha à Tel Aviv a transmis la demande d’autorisation de sortie via le passage d’Erez, mais jusqu’à présent elle n’a reçu aucune réponse.

 

L’inquiétude et le découragement de Qader se mêlent à l’espoir que dans les jours à venir la situation puisse changer. En attendant, il se sent « infirme » car « il n’y a rien que je puisse faire sinon attendre jusqu’à ce que quelqu’un décide d’ouvrir la porte. »

 

« Tout ce que je veux, c’est que mes droits fondamentaux soient respectés, tel le droit à l’éducation qui est garanti par des résolutions internationales et les Nations Unies. »

 

Le Master à l’Université Jaume I est « quelque chose dont j’ai toujours rêvé » parce qu’il lui permettrait de sortir et de se former, puis de « revenir et de mettre ses connaissances au service de son peuple pour aider à résoudre le conflit au Moyen-Orient », dit-il.

 

En plus d’être bénévole dans des ONG, Quader publie des articles dans le journal en ligne The Palestinian Telegraph et est aussi un blogueur actif qui gère et alimente le site Peace for Gaza.

 

À travers son blog et d’autres outils Internet, Ayman a fait connaissance d’Espagnols qui lui ont suggéré d’étudier en Espagne et il a récolté plus de 1450 signatures sur une pétition sur Facebook pour lui permettre de quitter la bande de Gaza : Open Gaza for Ayman.

 

Adela Almela, coordonnatrice des étudiants du Master de l’Université Jaume I, espère que « Ayman puisse sortir et se joindre à cet enseignement » parce que celui-ci « se concentre sur les profils comme le sien, des jeunes qui peuvent ensuite utiliser dans leurs pays les connaissances acquises » sur la paix, le développement et la résolution des conflits.

 

Comme l’explique Quader, « les jeunes de Gaza ont beaucoup d’énergie, de la formation, et le désir de faire des choses. Si vous leur donnez l’occasion de prouver leur valeur, ils le feront, mais il n’y a pas de l’espace pour cela, ils souffrent de ce blocus illégal qui détruit toutes les opportunités et qui a fait de cette vie une prison

 

Son cas n’est pas unique et chaque année, environ un millier de jeunes de Gaza inscrits dans les universités étrangères sont frustrés de leur rêve.

 

Il y a actuellement plus de 500 étudiants de Gaza qui comptent avec impatience les jours qui passent, dans l’attente d’un appel, d’une autorisation officielle ouvrant un étroit passage et leur permettant d’élargir leur univers au-delà de la frontière.

 

Signez la pétition pour qu’Ayman Quader puisse quitter la bande de Gaza et aller étudier en Espagne : Open Gaza for Ayman

 

Source de l’article en espagnol : El Mundo

 

Traduction de l’espagnol : Claude Zurbach pour Info-Palestine.

 

20:56 Publié dans Conditions pour la paix | Tags : gaza, étudiant, paix, bourse, blocus, rafah, israël, egypte | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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