26/04/2010

« Le blocus est aussi maritime »

Des étudiants du Centre d’information francophone - Faculté de français de l’Université d’al-Aqsa à Gaza continuent leurs recherches sur la diversité des vécus dans la bande de Gaza. Leur professeur Ziad Medoukh nous envoie les résultats d’une nouvelle enquête. C’est à la fois un exercice impressionnant de langue française et d’une rencontre avec un milieu peu connu des étudiants.  

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« La situation des pécheurs dans la bande de Gaza

Le blocus est aussi maritime

 

La bande de Gaza est un territoire de 380 mètres carrés avec environ 1’600'000 habitants. Parmi la population, 3'000 pêcheurs gagnent leur vie sur la mer de Gaza. Le mercredi 21 avril 2010, le Centre d’informations et de recherches francophones a organisé une visite au port de Gaza pour les rencontrer. L’équipe du centre a rencontré plusieurs pêcheurs. Ils nous ont parlé de leur situation et les difficultés inouïes qu’ils rencontrent pour exercer leur activité sous le blocus israélien inhumain imposé à la population de Gaza.

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Ahmed Sarafandi est pêcheur depuis plus de 20 ans sur la mer de Gaza, père de sept enfants,

il est l’unique soutien de trois familles. Il prend la mer dans un bateau simple, tous les jours, dans l’espoir de ramener quelques kilos de poisson à vendre pour pouvoir acheter de quoi nourrir et faire vivre les nombreuses personnes à sa charge. Il a beaucoup à nous dire.

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Il faut savoir que les pêcheurs gazaouis ne sont autorisés à travailler que sur une superficie de trois kilomètres carrés, pas plus, par décision militaire israélienne. Ils sont surveillés et harcelés en permanence par la marine israélienne qui contrôle la mer de Gaza.

Et si des pêcheurs dépassent cette limite bien insuffisante, les bateaux de l’occupation israélienne ouvrent le feu sur eux, déchirant leurs filets de pêche, voire les emprisonnant. Parfois, même, l’armée va jusqu’à bombarder leurs petits bateaux. Selon Ahmed, il y a deux mois qu’un pêcheur de Gaza appelé Sami Bakr a été emprisonné pendant un mois dans les prisons israéliennes. L’armée a bombardé son bateau modeste alors qu’il pêchait dans la mer de Rafah au sud de la bande de Gaza, sans aucune raison.

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Les pêcheurs de Gaza utilisent des moyens rudimentaires pour pêcher à cause du siège et parce que les équipements de pêche sont trop chers pour eux. En effet, un simple moteur de bateau coûte 5000 $ au minimum. Or, les pêcheurs ne rapportent qu’entre 10 et 15 kilos de poisson par jour puisque la zone admise pour la pêche est restreinte et bien insuffisante pour satisfaire les besoins du marché local.

 

Actuellement, les commerçants de Gaza achètent le poisson égyptien qui passe par les tunnels entre la ville de Rafah du côté de Gaza et du côté égyptien car la pêche à Gaza est toujours menacée par les opérations de l’occupant israélien contre les pêcheurs.

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Ahmed nous raconte qu le 12 avril, un projet de soutien aux pêcheurs du camp de réfugiés de Shati a été lancé. C’est le premier de son genre depuis sept ans. Il est financé par la coopération française et mis en œuvre par la Société du développement agricole et environnemental. Le projet est programmé pour six mois ; son objectif, la réparation des bateaux et des filets, ainsi que l’achat de nouveaux filets et de moteurs. A terme, plus de 70 pêcheurs pourront ainsi reprendre et poursuivre leur activité professionnelle. Le travail de réfection est effectué par des ouvriers du camp de Shati spécialement recrutés pour le projet. Chaque travailleur bénéficiera ainsi d’un emploi rémunéré pendant trois mois. »

 

 

Les photos sont prises par les étudiants de l’Université Al-Aqsa.

 

10:14 Publié dans Connaissance du Monde | Tags : gaza, pêcheurs, blocus, université al-aqsa, shati, marine israélienne | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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