27/07/2010

Ils sprayent pour la fin du blocus

Une polonaise qui a vécu les attaques sur Gaza en hiver 2008-09 et un ancien pilote de la force d’élite de l’armée de l’air israélienne ont publié un article sur l’Electronic Intifada en anglais. En voici une traduction partielle.

 

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photo : les auteurs de l’article avec un drapeau palestinien à côté de leur graffiti sur un mur dans le vieux ghetto de Varsovie


« Libérez tous les ghettos !

par Ewa Jasievicz et Yonatan Shapira 20 juillet 2010

 

« … En Palestine, Gaza est un ghetto. Le blocus israélien est décrit par l’ONU comme « un crime contre l’humanité ». .. La ghettoïsation est une stratégie de punition collective d’enfermement et de division pratiquée quotidienne par l’Etat d’Israël contre le peuple palestinien.

 

A Gaza, il y a une crise humanitaire orchestrée par des humains et une crise des droits humains reconnue et documentée par les Nations Unies, les organisations internationales et le peuple de Gaza lui-même [voir les articles de ce blog depuis trois ans ndlt]. Depuis quinze ans, Gaza vit un processus de ghettoïsation accrue.

 

Selon le Ministère de Santé palestinien, plus de 360 personnes sont mortes depuis 2007 parce qu’on leur a refusé l’accès à un traitement médical adéquat. Tout individu qui s’approche des murs ou des barrières électrifiées des périmètres de la bande de Gaza se fait tirer dessus. Quatre-vingt dix pour-cent de la population dépend de l’aide pour se nourrir. Selon les statistiques de l’Organisation mondiale de la santé, 66% des enfants et 30% des femmes enceintes souffrent d’anémie. Six pour-cent des enfants gazaouis présentent des symptômes de rachitisme.

 

La BBC a récemment décrit un document du gouvernement israélien intitulé ‘La ligne rouge – la consommation de la nourriture dans la bande de Gaza’. Ce papier établit le nombre de calories nécessaire pour un enfant, une femme et un homme. Dans la dernière décennie, Israël a attaqué la population civile, les infrastructures, les usines, les hôpitaux, les écoles et les terres agricoles de Gaza avec des avions de combat F-16, du phosphore blanc, des bulldozers, des hélicoptères Apaches armés et de drones. La majeure partie de la bande de Gaza est encore en ruines après les massacres commis par Israël pendant son assaut dans l’hiver 2008-09. Lorsque des représentants de l’Etat israélien affirment, ‘Il n’y a pas de crise humanitaire à Gaza,’ c’est parce qu’ils ont cessé de considérer les Palestiniens comme des êtres humains. …

 

Notre action est un petit acte de résistance non-violente dans le but de briser le silence international sur Gaza. Nous voulons faire appel à la conscience des touristes israéliens qui visitent le site du vieux ghetto. Notre action aspire à rallier le courage du peuple palestinien pris au piège dans les ghettos de la Palestine. Nous sommes des civils avec, en nos mains, pas plus qu’un spray de peinture.

 

Notre action concerne le futur et la nature du monde dans lequel nous voulons vivre. Elle soutient et promeut la collectivité humaine. Elle fait appel à la dignité, au respect réciproque et à la solidarité. Un monde sans ghettos et sans les murs bâtis sur la discrimination et les préjugés.

 

‘ Plus jamais ça’ veut dire : plus jamais de crime contre l’humanité ni de dés-humanisation nul part dans le monde. Libérez tous les ghettos ! »

15:39 Publié dans Conditions pour la paix | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

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L’occupation israélienne- Quel acharnement!?
25/07/2010


Le nouveau plan du ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman pour transformer la Bande de Gaza à devenir une entité autonome justify; a rencontré une rude opposition palestinienne. Les deux composantes du gouvernement palestinien (le Fatah à Ramallah) et le Hamas (dans la Bande de Gaza), ont rejeté catégoriquement l'offre israélienne. Lieberman à souhaité mobiliser la communauté européenne pour construire une centrale autonome pour l'approvisionnement de l’électricité ainsi que des stations de dessalement d'eau de mer et de traitement d’eaux usées. Cette aide fait partie d’un plan global pour pouvoir désengager complètement Israël de la bande de Gaza, abandonner le contrôle maritime sur les marchandises vers cette destination et fermer hermétiquement sa frontière avec l'Etat juif.

Naboul Abou Roudeina, porte-parole de la présidence palestinienne à Ramallah, qualifie le plan Lieberman de "complot contre « la lutte du peuple palestinien, son unité, sa liberté et son indépendance ». Il considère ce plan dans le cadre "des aspirations de la droite israélienne". Ahmed Assaf, porte-parole du Fatah, organisation qui soutien l’Autorité palestinienne, a affirmé que la bande de Gaza est toujours sous « l’occupation israélienne » et ainsi elle le restera, étant donné que la bande de Gaza forme une unité géographique avec la Cisjordanie et Jérusalem –Est.


Sami Abou Zouhari, porte parole du Hamas, a expliqué que « malgré la libération effective de la bande de Gaza de la présence militaire et des implantations celle-ci demeure légalement et pratiquement sous l'occupation ». Quant à l’initiative de Lieberman elle n'est qu'"une nouvelle tentative d’échapper à la responsabilité attribuée à une occupation. » Abou Zouhari a déclaré qu’Israël « pays occupant » est dans l’obligation de continuer à subvenir aux besoins de la population locale dont l'approvisionnement des produits alimentaires, de l’électricité et du carburant.


La position du Hamas illustre l'une des grandes absurdités du conflit israélo-palestinien. Le gouvernement du Hamas, fier de la libération de « l’occupation israélienne grâce au djihad et la lutte armée de toutes les forces composantes de la bande de Gaza" exige toujours de son ennemi israélien à continuer à le ravitailler sur tous les plans mais parallèlement cherche ouvertement à libérer la Palestine, à détruire l’Etat sioniste et chasser ses citoyens. Absurdité encore, le Hamas est soutenu dans sa position par des organisations internationales des droits de l’Homme comme Amnesty International. Elles affirment en reprenant les arguments du Hamas, et à haute voix, qu’Israël est toujours une « force occupante » donc il doit subvenir « à la sécurité et au bien -être des Gazaouis ».


S'Israël est toujours « la force occupante » dans la bande de Gaza comme elles le prétendent, pourquoi ces organisations n’exigent pas d’Israël d’assumer leur responsabilité de subvenir «à la sécurité » des Gazaouis afin d'agir contre le gouvernement Hamas, qui inculque progressivement la loi islamique tout en piétinant brutalement les droits de l’Homme, et en réprimant toute opposition à leur régime par un bras de fer et des exécutions


En outre, aucune des organisations des droits de l’Homme n’expose leurs conditions pour mettre fin à « l’occupation, »mais par contre elles revendiquent l’ouverture totale de la frontière.


Il existe donc un véritable paradoxe, car s'Israël lève le siège et accepte leur revendication et notamment la levée du blocus maritime et le contrôle sur l’espace aérien, l’occupation devrait prendre fin logiquement et donc Israël ne devrait plus se soucier du sort des Gazaouis.


Aujourd'hui, tous le reconnaissent que le « siège » n'existe pas vraiment et que la bande de Gaza n’est pas « une prison » comme le témoignent les données du gouvernement du Hamas sur le passage des marchandises (importation d’un milliard de dollars par an) et des personnes (des dizaines de milliers, y compris les membres de l’aile militaire du Hamas) à la frontière avec l’Egypte.


L’Egypte souhaite également la poursuite de « l’occupation » et son argument officiel est le suivant:

« L’argument selon lequel la bande de Gaza serait considérée comme "terre libérée " exprime une acceptation d'un plan qui vise à imposer la charge sur ce territoire à son voisin l’Egypte. Il ne le faut pas l'accepter car ça serait un excellent moyen pour Israël de se dégager de son devoir d’occupant, et éliminerait le problème palestinien. »


Face à ce paradoxe et devant l'acharnement de sauvegarder « l’occupation israélienne » la question qui s'impose est: pourquoi les Palestiniens sont déterminés à s’opposer à accepter une indépendance totale, même comme première étape, sur une partie de la Palestine?


Anat Biltski, ancienne présidente de Bet'selem formule sa propre réponse. Lors d’une conférence tenue en 2007 à l’Université MIT, elle a mis en garde la direction palestinienne de ne pas accepter cette solution et que pour des raisons "d'érosion et de fatigue" dans leur lutte, il ne faudrait pas, selon elle, accepter la création d'un Etat palestinien sur une partie de la Palestine ainsi que la fameuse formule de deux Etats. Biltski a souligné que seul un Etat sur tout le territoire de la Palestine pourrait être une solution juste et réaliste ; et elle a même critiqué vivement la volonté de Sary Nuseibeh d’abandonner la revendication du droit de retour des réfugiés palestiniens.



Cette logique guide principalement la position de la direction palestinienne qui n’a pas renoncé à la libération de toute la Palestine. Cinq ans se sont déjà écoulées depuis le retrait israélien de la bande de Gaza et le gouvernement du Hamas continue à maintenir les camps des réfugiés malgré l’encombrement et la misère et continue à demander de l’aide par le biais de l’UNRWA. Le logement des réfugiés dans les implantations qui ont été évacuées (ou par l’autorité palestinienne en Cisjordanie) ne nuira pas aux droits de réfugiés d'exiger leur retour lors des négociations, de même que le droit des palestiniens vivant à l’étranger et qui sont définis comme réfugiés ne sera pas non plus écarté.


Toutefois, l’objectif de l’Autorité palestinienne et le gouvernement du Hamas est identique. Leur but commun est de préserver à feu doux le problème épineux des réfugiés. Il est la clé de l’objectif final dans les jalons de l’histoire palestinienne, voire- l’anéantissement de l’Etat juif – c’est la raison réelle que « l’occupation » est préférable pour les Palestiniens. Israël refuse de mettre la corde sur son cou mais le Hamas perçoit cette légitime et naturelle réaction comme une violation du droit international.

Écrit par : Corto | 28/07/2010

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