13/10/2010

Récupération à risque : le dur métier des jeunes

Les attaques sur Gaza en hiver 2008-09 ainsi que la démolition délibérée des structures dans les colonies israéliennes lors du déploiement en 2005 ont laissé d’énormes quantités de détritus. Récupérer ce matériel est devenu la maigre source de revenu des plus pauvres de la bande de Gaza. Beaucoup d’enfants y travaillent et, depuis les trois derniers mois, ils sont les cibles préférées de l’armée israélienne. Defence Children International documente la situation cas par cas depuis le mois de juin. Amira Hass pour Ha’aretz et Harriet Sherwood pour The Guardian la dénoncent tout récemment. Voici l’essentiel de leurs informations. 

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Les ruines de la colonie évacuée d'Elei Sinai où des jeunes gazaouis risquent leur vie pour récupérer du ciment et du gravier (photo Limor Edrey, Ha'aretz)

 

La zone « tampon » entre Israël et Gaza s’élargit de façon arbitraire aux gré des actions de l’armée israélienne : selon les Nations Unies, depuis janvier 2009, au moins 25 personnes, y compris 6 enfants, ont été tuées par des tirs à plus d’un kilomètre et demie de la frontière. Il y a eu 146 blessés dans cette zone qui s’étend en principe à moins de 300 mètres de la frontière. Ces trois derniers mois, on compte 5 morts et 50 blessés, dont 35 % sont des garçons entre 13 et 17 ans. Neuf d’entre eux ont reçu des tirs à la jambe ou au bras ; un, au ventre. Certains seraient handicapés à vie.

 

Ces enfants mineurs sont au courant des dangers; un garçon a raconté au Defence for Children que trois chevaux et un âne ont été tués par balle. En septembre, Ibrahim Abu Said, 91 ans, son petit-fils Hussam, 17 ans, et Ismail Abu Owda, 16 ans, ont été tués par un obus pendant qu’ils récoltaient des olives sur leurs terres qui sont hors de la zone tampon. L’obus a aussi tué 43 chèvres. En juillet, une mère de 5 enfants a été tuée à proximité de la maison familiale.

 

La plupart des jeunes collectionneurs de ciment et de gravier ont délaissé l’école pour venir en aide à leurs familles nombreuses. Ils quittent leurs maisons à 4h30 ou 5 h du matin avec des sacs, des pelles et des chariots. Leur travail quotidien leur rapporte un maximum de £7 par jour, le double de ce qu’ils peuvent gagner en vendant, par exemple, des légumes dans la rue. Actuellement, le matériel de construction admis à l’importation dans la bande de Gaza ne couvre que 4% des besoins.

 

Plus de 50% des gazaouis sont au chômage et plus de 80% des familles dépendant de l’aide social pour leur survie. Ziad Tamboura, 27 ans, a eu les os d’un pied écrasés par une balle la semaine passée. Il ramassait des fraises à 500 mètres de la frontière. Depuis son lit d’hôpital, il dit, « Si j’arrive à marcher de nouveau, j’y retournerai. C’est le seul travail que j’ai. » Tamboura est marié et a un enfant.

 

Dans une déclaration officielle en réponse à des questions sur cette situation, l’armée israélienne évoque « plusieurs incidents d’activité hostile terroriste » près de la barrière de sécurité, souvent par des individus « déguisés en civil. »

 

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