06/02/2011

Lettres Migratoires

L'infatiguable Ziad Medoukh, responsable de la faculté de français de l'Université Al Aqsa de Gaza, nous fait part d'un projet ambitieux intitulé «lettres migratoires» destiné à faire communiquer les jeunes de Gaza avec leurs pairs dans le monde. Voici sa description de cette campagne :

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Mohamed Iqtifan (photo Ziad Medoukh)


« Le centre de la paix organise un atelier sur les jeunes et la cause palestinienne

 

Le Centre de la paix de l’université Al-Aqsa de Gaza poursuit ses activités, ateliers, débats et conférences, qui visent à sensibiliser les jeunes de la bande de Gaza aux principes de tolérance, démocratie, droits civiques, droits de l’homme, à la non-violence et à la paix. . Mercredi 2 février 2011, dans ses locaux au sein de l’université, le Centre a organisé un atelier sur le thème suivant : "les jeunes et la cause palestinienne".

Cet atelier-débat, a été animé pendant plus de deux heures et demie par Monsieur Mohamed Iqtifan, responsable de la campagne : "lettres migratoires" dans la bande de Gaza.

Monsieur Ziad Medoukh, coordinateur du Centre, a présenté cette activité. Il a expliqué combien il était important d’informer les jeunes palestiniens de la nécessité de mener des actions au niveau international, grâce à Internet et au réseau social, afin de sensibiliser le monde entier à la noblesse de notre cause juste. Son Centre, a-t-il dit, essaie d’établir des liens entre les jeunes étudiants, la société civile palestinienne, et le monde extérieur, notamment la France et l’Europe.

L’intervenant a ensuite présenté les différents thèmes de son atelier. Il a commencé par évoquer la conjoncture actuelle en Palestine, marquée par l’absence de perspectives sur le plan politique, par l’échec du processus de paix ainsi que par la poursuite de la politique coloniale de la part de l’occupant. Il est nécessaire selon lui d’informer le monde de la réalité de ces Palestiniens qui poursuivent le combat et la lutte pour leur liberté et leur indépendance.

Les jeunes palestiniens, a-t-il déclaré, ont un rôle dans la société : ils peuvent imaginer, inventer, créer et développer des initiatives, à l’intérieur comme à l’extérieur, afin d’améliorer leur situation malgré les difficultés. Ils peuvent parler de leur vie, de leurs rêves, et de leurs espoirs aux jeunes du monde entier, au travers des échanges via Internet et des messages adressés à ces jeunes.

Monsieur Iqtifan a ensuite longuement parlé de la campagne qu’il préside à Gaza, intitulée : "Lettres migratoires" Cette campagne regroupe des personnalités de la société civile dont des jeunes des territoires palestiniens, et qui a pour but de rassembler des milliers de lettres écrites par des enfants, des adolescents, des adultes, des personnes âgées , par des citoyens, par des réfugiées, de tous milieux sociaux. Ces lettres seront envoyées aux personnes d’âge correspondant des cinq continents, elles seront distribuées et lues par des jeunes palestiniens fin 2011, lors de leurs déplacements à l’étranger.

Il a insisté sur l’importance pour les jeunes palestiniens d’avoir des contacts régulier avec les jeunes de l’extérieur afin de leur parler de leur souffrance, mais surtout de leur détermination à résister sur leur terre, afin de leur parler aussi de leur attachement à l’éducation comme forme de résistance, et à la non violence comme moyen d’affronter les différentes mesures de l’occupation israélienne.

Pour terminer, il a encouragé les étudiants  à s’associer à cette campagne, par leurs écrits en langues étrangères, par leur participation aux différents stages, ateliers et activités proposés par elle, composés en majorité des jeunes.

Le débat qui a suivi a été très animé, des questions ont été soulevées : Comment les jeunes de Gaza peuvent-ils défier le blocus imposé à la population civile ? Comment peuvent-il faire entendre leur voix, celle de jeunes sous blocus, de manière convaincante, aux jeunes étrangers ? Comment ces jeunes sous occupation peuvent-ils améliorer et faire grandir la solidarité internationale envers notre cause de justice et de la paix ? Quel est leur rôle dans cette action ?

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Mohamed Iqtifan (photo Ziad Medhouk)

Plus de trente-quatre étudiantes et étudiants ont assisté à cette rencontre, rencontre qui témoigne de la volonté de notre Centre d'aborder, dans les activités de ses ateliers, tous les sujets et thèmes qui concernent et intéressent le public visé par elles, en l'occurrence, les jeunes. »

Commentaires

Effectivement « Mieux vaux tard que jamais »

C’est une excellente idée de cet infatigable « grand » Gazaoui. A fortiori si les rédacteurs gazaouis font connaître la réalité du contexte des votes des trois premières résolutions de l’ONU qui ont fait le malheur de leur pays.

Écrit par : Palestinophile | 07/02/2011

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