30/05/2011

Siège israélien : pas de changement

L'Egypte a ouvert le passage de Rafah à certaines catégories de personnes samedi passé, c'est un pas à saluer. Malheureusement, cela ne change en rien la situation du siège israélien imposé sur la bande de Gaza depuis quatre ans. Dans un article qui explique bien le contexte dans lequel Rafah s'ouvre, Yousef Munayyer, directeur du Jerusalem Fund, décrit le blocus de la côte méditerranéenne et le siège qui empêche la circulation des personnes et des marchandises entre Israël et Gaza et entre la Cisjordanie et Gaza.

La fin de l'année scolaire arrive, toujours sans aucune perspective pour les nouveaux diplômés. La version complète de l'article dont voici la traduction se trouve sur le site de l'IRIN, agence de presse des Nations Unies.

2.jpg

Professeur Mirvet Serdah, historienne et enseignante à l'université, explique l'écart entre les principes des droits de l'homme et leur application aux étudiants du Centre de la paix de l'Université d'Al-Aqsa : 5 mai 2011 (photo Centre de la paix, Université Al-Aqsa, ville de Gaza, remerciements au Dr Ziad Medoukh)

 


« Jeunes éduqués, sans emplois - problèmes !

Jérusalem, 30 mai 2011 (IRIN)

Des experts affirment que le manque d'offres d'emploi pour les jeunes des territoires palestiniens occupés a créé une crise de l'emploi qui risque de contribuer à la déstabilisation de la région arabe.

Philippe Fargues, sociologue et démographe, dirige le Centre de politique migratoire de l'Institut européen universitaire à Florence. Récemment, il a publié un article dans lequel il note que la rapide croissance du nombre de jeunes arabes va modifier la forme du monde arabe. Selon Fargue, ' La génération née dans les années 80's arrive en âge de travailler ... les ressources pour répondre aux besoins de ces jeunes manquent.' A son avis, les jeunes arabes frustrés ont deux choix : rester dans leurs pays et protester ou partir à la recherche de travail et de nouveaux horizons. Il n'y a jamais eu autant de jeunes entre l'âge de 15 et 29 ans dans le monde arabe.

Selon les derniers chiffres du Bureau palestinien de statistiques, le chômage en Palestine s'élève à 21,7 % de la population. Pour la bande de Gaza il s'agit même de 30,8 %, alors qu'en Cisjordanie il s'élève à 17,4 %. Selon l'ONU 43,4 % de la population a moins de 15 ans et dans la bande de Gaza, 63,4 % des jeunes entre 15 et 24 ans sont sans emploi, cette proportion atteint même 75,8 % des jeunes femmes.

Depuis l'imposition du blocus en 2007, la plupart des gazaouis ne pouvaient pas envisager la migration. 'Cette génération doit faire face à plus de difficultés que la mienne,' dit Mahmoud Abu Libda, superviseur d'un atelier de mécanique soutenu par ACT Alliance à Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza. La mécanique est peut-être le seul métier où des possibilités de travail sont encore garanties à Gaza, étant donné les coupures fréquentes en électricité et l'utilisation des générateurs. Chaque année, les demandes pour une place dans l'atelier de Libda dépassent 150, mais il y a seulement 22 places à pourvoir.

'Ce qui m'importe,' dit Libda, 'c'est de trouver une place de travail pour eux. Ils pourraient travailler en Israël ou dans les pays du Golfe, mais le blocus nous emprisonne ici. Le meilleur moyen de trouver un poste de travail à Gaza est d'être membre du Fatah ou du Hamas ou de se joindre aux groupes extrémistes.' 'J'ai amené mon fils à l'atelier pour le protéger des dangers, pour qu'il travaille plutôt que de rejoindre la résistance.'

201105300806310648.jpg

 Mécaniciens en formation dans l'atelier NECC/ACT à Khan Younis (Photo : Phoebe Greenwood/IRIN)

Abdullah Nam Rooti, 21 ans, est dans sa dernière année d'apprentissage chez Libda. Il témoigne : 'J'étais ravi de pouvoir suivre cette formation. La plupart des amis avec qui j'étais à l'école sont sans emploi. La plupart de ceux qui ne trouvent pas d'emploi vont travailler dans les tunnels. ... Ce serait mieux si l'on pouvait travailler hors de Gaza. J'accepterais n'importe quel travail ailleurs, mais je préférerais vivre et travailler ici.' 

Chris Guinness, porte-parole pour l'UNRWA, se confie à IRIN : 'Les jeunes gens de Gaza se trouvent totalement coincé : ils ont un niveau élevé d'éducation mais aucune chance de trouver un travail qui corresponde à leur niveau de compétence. Une population bien éduquée sans débouché est génératrice de frustration, de mécontentement et pire encore. Cette situation n'est bonne pour personne, surtout pas pour Israël.' »

 

23:05 Publié dans Connaissance du Monde | Tags : gaza, rafah, passage, jerusalem fund, jeunes, chômage, travail, siège, israël, blocus | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

Les commentaires sont fermés.