15/10/2011

Libération de Gilad Schalit : la fin du siège de Gaza ?

Un bulletin du Centre palestinien pour les droits humains (Palestine Center for Human Rights - PCHR) réagit à l'annonce de la libération prochaine de Gilad Schalit. Raji Sourani, directeur du PCHR et Daragh Murray, représentant juridique du PCHR au niveau international, rentrent d'une visite de deux semaines aux Etats-Unis, où ils ont pris la parole en public au Harvard Kennedy School avec Mme Sara Roy, au New School for Social Research à New York, à l'American University à Washington, D.C. et au Robert F. Kennedy Center for Justice and Human Rights, parmi d'autres. 

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Le PCHR continue sa tradition d'analyse et de critique des évènements en Palestine-Israël. On rappelle que l'avocat Sourani a vu l'intérieur des prisons en Israël et en Palestine. Il a fondé le PCHR pour informer sur ce qui se passe dans la région du point de vue du droit international. Il s'adressera au Centre européen pour les droits constitutionnels et humains (European Center for Constitutional and Human Rights) à Berlin le 19 octobre.

L'analyse de la situation dans laquelle Israël annonce la libération de Gilad Schalit en échange de plus d'un millier de prisonniers palestiniens est publiée en anglais sur le site du PCHR. Voici sa traduction en français.


 « Après la libération de Schalit, moins de justification pour la fermeture de Gaza

Jeudi, 13 octobre 2011, réf : 104/2011

Le Centre palestinien pour les droits humains (PCHR) salue l'accord sur l'échange de prisonniers entre le Mouvement islamique de résistance (Hamas) et les Forces de l'occupation israéliennes (IOF). L'accord annonce la libération de plus de mille prisonniers palestiniens contre la libération d'un soldat israélien, Gilad Schalit, prisonnier de la résistance palestinienne durant plus de cinq ans. Le PCHR est reconnaissant envers l'état égyptien ainsi qu'envers les autres médiateurs dans la conclusion de cette affaire. Ces prochaines semaines, le PCHR souhaite de nouvelles contributions égyptiennes à la concrétisation de l'accord de réconciliation signé au Caire entre le Fatah et le Hamas en mai.

 Selon les déclarations israéliennes et palestiniennes dans les média, l'accord prévoit la libération de 1'027 détenus palestiniens dans des prisons israéliennes en échange du soldat Gilad Schalit, qui a été capturé par la résistance palestinienne à Gaza. L'accord prend en considération les 27 femmes détenues et les 300 mineurs. L'échange se déroulera en deux étapes : la première durera une semaine. Dans ce laps de temps, Gilad Shalit sera libéré en échange de 450 détenus, comprenant 279 prisonniers purgeant une peine à vie et les 27 femmes. Ensuite, dans une période de deux mois, 550 détenus palestiniens seront libérés mais dans des circonstances décidées par l'armée israélienne. Cela veut dire que 203 détenus palestiniens seront déportés : 40 à l'étranger et 163 dans la bande de Gaza. Le PCHR a des réserves par rapport à la déportation des détenus et trouve cette décision problématique puisqu'elle revient à forcer ces individus à émigrer, ce qui représente une violation du droit international.

A la fin de cet échange, il restera plus de 5'000 prisonniers palestiniens, dont environ 300 de la bande de Gaza, détenus dans des conditions cruelles et dégradantes. Ces cinq dernières années. Il y a eu une dégradation sans précédent de la situation des détenus palestiniens depuis la capture de Gilad Schalit par la résistance palestinienne en juin 2006. Parmi les situations cruelles : l'interdiction des visites familiales pour tous les détenus gazaouis et l'empêchement pour des centaines de familles en Cisjordanie de rendre visite à leurs fils. Il y a également des fouilles corporelles complètes, des raids qui se passent en pleine nuit, l'emprisonnement en cellule d'isolement et des négligences médicales. Il y a deux semaines, des centaines de détenus ont commencé une grève de la faim illimitée pour protester contre des mesures punitives supplémentaires de l'administration pénitentiaire israélienne. L'administration pénitentiaire a réagi aux grèves en imposant des mesures encore plus punitives y compris des transferts d'un grand nombre de détenus d'une prison à une autre ; la confiscation du sel, nécessaire pour un équilibre pendant cette grève de la faim, ce qui a contribué à une détérioration de leur santé ; la confiscation des appareils électriques et des attaques dans les chambres des détenus y compris à l'aide de gaz lacrymogène.

Le PCHR considère cette détérioration constante des conditions des détenus à l'intérieur des prisons israéliennes avec une grande inquiétude. Le PCHR appelle la communauté internationale à exercer de la pression sur l'armée israélienne pour qu'elle relâche les détenus palestiniens, dont le nombre dépasse 5'000, dans les prisons israéliennes. Il exige que ces détenus soient traités de façon humaine en conformité avec le droit international, notamment en regard de l'article 33 des Conventions de Genève et des Règles minima pour le traitement des détenus établies en 1955. Le PCHR demande un arrêt des mesures punitives imposées depuis plus de cinq ans.

D'autre part, le PCHR rappelle que la fermeture israélienne imposée à la bande de Gaza en juin 2006 était la conséquence directe de l'attaque exécutée par la résistance palestinienne gazaouie le 25 juin 2006, lorsque Schalit fut capturé. Plus tard, l'armée israélienne a serré la vis comme jamais, en fermant tous les passages des frontières utilisés pour le déplacement de personnes et biens commerciaux. Ces mesures de punition collective ont eu un impact destructif sur tous les aspects de la vie dans la bande de Gaza.

Avec la fin du cas Schalit, prétexte utilisé par l'armée israélienne pour maintenir la fermeture de la bande de Gaza, le PCHR appelle à lever le siège immédiatement ainsi que toutes les mesures punitives imposées à la population civile. De plus, le PCHR appelle la communauté internationale à intervenir afin de mettre fin aux souffrances des civils palestiniens en ouvrant la bande de Gaza. »

                                                                      

00:13 Publié dans Connaissance du Monde | Tags : prisonniers, palestiniens, grève de la faim, pchr, gilad schalit, gaza, siège | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

Commentaires

"Tant mieux pour Shalit, mais il y a de nombreuses familles palestiniennes qui attendent depuis bien plus longtemps que la famille Shalit , et attendront encore la libération de résistants, parfois n’ayant même pas de sang sur les mains, qui ont défendu, pour beaucoup, la véritable, eux, terre de leurs ancêtres ...... "

http://www.centpapiers.com/tant-mieux-pour-shalit/84085

Écrit par : Paul | 15/10/2011

Situations cruelles sans visites des familles pour les Palestiniens et le PAUVRE GILAD qi ne pouvait meme pas avoir la visite de la Croix Rouge ni de sa famille , 2 poids 2 mesures, CELA N'EST PAS CRUEL

Écrit par : vivian | 15/10/2011

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