31/10/2011

« Israël doit mettre fin au blocus de Gaza »

Le journal israélien Haaretz publie un éditorial sous ce titre aujourd'hui, 31 octobre 2011.
Voici une traduction de l'original, qui est en anglais.

 « Le blocus de Gaza et le boycott imposé au Hamas n'ont pas ramené le calme aux habitants du sud [d'Israël, ndlt]. En même temps, l'isolation de Gaza a augmenté l'isolement d'Israël sur la scène internationale et a contribué à une crise des relations avec la Turquie.

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Détail de l'œuvre de l'artiste gazaoui Nasser Amer qu'il a nommée « Où ? » (2004)


Editorial d'Haaretz

Le weekend passé, un résident d'Ascalon a perdu la vie dans ce rituel sanglant du sud qui a interrompu la vie de milliers de citoyens et fait de grands dégâts matériels. Comme dans d'autres moments semblables, après que les habitants de la région - des deux côtés de la frontière - ont payé le prix lourd de la violence, on appelle à un cessez-le-feu presque aussitôt violé. Le porte-parole de la branche armée du Jihad islamique dans la bande de Gaza a annoncé que 'l'organisation se réserve le droit de réagir à toute agression du côté israélien' et s'est vanté que 'l'ennemi suppliera pour un cessez-le-feu.'

Le premier ministre Benjamin Netanyahu, pour sa part, a cité le Talmud à la réunion du gouvernement : 'Si quelqu'un vient pour vous tuer, tuez-le avant qu'il ne vous tue.' Le premier ministre a menacé de faire payer de son sang quiconque nous fait du mal.

Vraisemblablement, le Jihad islamique ne pourrait pas faire fonctionner les lance-roquettes Grad ni envoyer des dizaines de roquettes, sans l'aide du Hamas, l'organisation [sic] qui contrôle la bande de Gaza, ou, pour le moins, sans que le Hamas ferme les yeux délibérément sur ces activités.

Le Hamas, comme tout entité politique désirant la consolidation de son pouvoir, veut améliorer le standard de vie des habitants de Gaza. Dans ce but, il devrait arriver à lever le blocus israélien qui perdure et qui impose des restrictions arbitraires sur l'importation de biens de consommation. Le blocus coupe presque complètement Gaza du monde extérieur - même des Palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem-Est.

Les longues années de blocus et le boycott imposé au Hamas, ainsi que l'Opération Plomb Durci, n'ont pas ramené le calme au sud. En même temps, l'isolement de Gaza a augmenté l'isolement d'Israël sur la scène internationale et a contribué à une crise profonde des relations avec la Turquie. Les hostilités au sud représentent un danger pour les vies des civils israéliens ; ils nuisent également aux quelques chances de faire renaître le processus diplomatique avec les représentants de l'Autorité palestinienne à Ramallah.

C'est le moment pour le gouvernement d'Israël de réexaminer la politique du blocus de la bande de Gaza, le boycott total du Hamas, les assassinats et les attaques aériennes. L'accord sur la libération de Schalit montre que même si l'idéologie du Hamas ne permet pas de reconnaître l'Etat d'Israël ni de contribuer à une solution du conflit israélo-palestinien, avec l'aide de l'Egypte, cette organisation peut être un interlocuteur, ce qui va aider à gérer ceci avec des approches non-violentes. »

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