17/09/2012

À Gaza, une triste première pour la Palestine

En début de ce mois, Ihab Abu Nada, 20 ans (son âge varie entre 17 et 21 ans dans les articles consultés), s’est immolé par le feu en désespoir de trouver un travail. Le soir avant, son père lui avait parlé longuement de la situation désespérée de la famille. Le matin suivant, dans une place centrale de la ville, là où les taxis desservent toute la bande de Gaza, à l’extérieur de la morgue de l’hôpital Shifa, ce jeune s’est mis le feu. Il est mort quatre jours plus tard.


Selon Le Centre des nouvelles des Nations Unies, son père Sufian, 54 ans, a la charge de huit personnes. Résidant du camp de réfugiés Shati, après avoir réglé le loyer, les charges et des dettes à rembourser, il lui reste $50 pour le reste du mois. Plus de 80% des 1,6 millions de personnes dans la bande de Gaza dépendent de l’aide internationale, et plus de 40% de cette population vivent dans la pauvreté comme Ihab.

Ihab avait délaissé l’école pour chercher du travail. Parfois, il lui arrivait à gagner 30 shekels en lavant la vaisselle 13 heures de suite. Il essayait de faire un peu d’argent en vendant des chips dans la rue, une pratique découragée par le gouvernement. On croise des jeunes comme Ihab souvent dans les rues de la ville de Gaza. Pour leur chewing-gum, leur chips ou leurs biscuits, ils demandent un petit shekel, c’est toujours ça. Mais Ihab ne parvenait pas à dénicher un bon travail pour vraiment venir en aide à sa famille. Et il ne l’a pas supporté.

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Nadia Abu Nada fait le deuil pour son fils (dont la photo est affichée au mur) dans la maison familiale, 4 septembre 2012 (demotix.com : Majdi Fathi)

Selon l’UNWRA, le taux de chômage de jeunes réfugiés gazaouis est de 59 %. Un rapport publié sur leur site le 7 septembre fait état du fait que même avec une bonne formation (L’UNRWA a deux centres de formation), les opportunités de travail sont rares pour de multiples raisons, dont la plus importante est le blocus imposé par Israël.

 

Il est difficile d’imaginer l’horizon fermé des jeunes gazaouis. Même pour des diplômés qui maîtrisent deux langues presque à la perfection, il n’y a pas de débouchés. Ceux qui ont de la chance travaillent souvent pour rien ou presque, sans aucune garantie d’engagement. Le problème dépasse largement la classe sociale. Il pèse lourdement sur les enseignants et les parents.

Et sur les jeunes qui, nés au moment des Accords d’Oslo en 1994, attendent l’arrivée des jours meilleurs depuis leur naissance. Pour Ihab, l’attente n’était plus vivable.

21:09 Publié dans Connaissance du Monde | Tags : gaza, palestine, jeunes, immolé par le feu, travail, unwra, chômage | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Bonjour, j'aimerais vous remercier pour la publication de ce billet. Je ne sais comment exprimer la tristesse qui m'habite en prenant connaissance de telles nouvelles. Je sais par contre que l'acte de ce jeune homme, en plus de me toucher profondément, me donne une grande leçon de courage qui relativise mes propres soucis. Le découragement est intense devant l'état actuel du monde mais pour les personnes qui peuvent encore utiliser leur esprit et leurs forces pour amener un peu plus d'équité en ce monde, le souvenir de ce jeune homme apporte la force et le courage pour continuer à oeuvrer dans ce sens. Que la Paix soit avec lui et avec sa famille.

Écrit par : Marie Silenia | 17/09/2012

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