12/10/2012

L’opinion d’un professeur d’anglais

Haidar Eid, professeur de littérature anglaise à l’Université d’Al Aqsa, ville de Gaza, rejoint ses collègues israéliens Ilan Pappé et Miko Peled en pensant que le futur israélo-palestinien doit se concevoir comme un seul état binational. Sa perspective vient d’un vécu différent d’autres intellectuels palestiniens. Dr Eid a obtenu son PhD en Afrique du Sud, où il a enseigné et vécu. Il s’est établi à Gaza en 2005. « Roadmap to Apartheid » est un film dirigé par Ana Nogueira, une sud-africaine blanche et Eron Davidson, un juif israélien. Il est signalé dans un article de L’Electronic Intifada du 2 octobre. Il fait écho à la perspective essentiellement sud-africaine du Dr Eid. Voici un résume de son article publié par Maan News le 24 septembre.

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Dr Eid


Les Accords d’Oslo et l’Initiative de Genève envisage l’existence de deux états comme l’unique solution au conflit israélo-palestinien. Il est cependant difficile à comprendre comment une coexistence sur une base égalitaire peut être possible si l’Etat d’Israël reste l’Etat juif. Comment alors prendre en considération les droits des citoyens palestiniens israéliens, actuellement traités comme des citoyens de deuxième ordre ? Comment faire face à la permanence apparente de colonies israéliennes établies sur des terres occupées de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est ?  Comment répondre à la promesse de la Résolution 194 des Nations Unies qui garantit soit le retour soit la compensation aux réfugiés palestiniens (4.5 millions) ?

Selon Dr Eid, « L’Accord [d’Oslo ndlt] et l’Initiative ont légitimé l’apartheid. » Pour lui, le langage des deux documents ressemble au langage du Group Areas Act, qui a donné suite au déplacement de millions des sud-africains de couleur dans des ghettos racialement cloisonnés. Il rappelle que, dans l’Afrique du Sud sous l’Apartheid, 84 % de la terre, y compris toutes les régions les plus développées, étaient réservés à la minorité blanche, seulement 15% de la population totale. Dans les Accords d’Oslo, même le 22% de la Palestine historique destinée en principe à un état « indépendant » est décrit comme « disputé ».

Dr Eid souligne aussi que, depuis dix ans, la position israélienne dans les négociations n’a pas bougé. L’établissement d’un état palestinien n’est mentionné nulle part dans les Accords d’Oslo. Il conclut que dans la situation actuelle, il est impossible d’imaginer un état palestinien indépendant ou souverain.

L’alternative pour lui serait « un état laïc et démocratique où il y aura égalité entre tous ses citoyens et entre groupes avec une identité culturelle différente. » « La mort du projet d’un état indépendant palestinien, » dit-il, est le résultat des Accords d’Oslo, du siège de la bande de Gaza et de l’occupation qui continue toujours en Cisjordanie. Il constate : « La Communauté Internationale a jugé la solution raciste de quatre Bantustans intolérable … Le monde a ainsi boycotté le régime apartheid de l’Afrique du Sud de façon diplomatique, économique, culturelle et académique. Et aujourd’hui, il ne reste plus rien de la veille Afrique du Sud ni de ses Bantustans… »

Il conclut, « C’est comme cela que des solutions racistes se trouvent dans un coin de la poubelle de l’histoire – c’est un musée en vue de l’édification des nouvelles générations. »

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