13/11/2012

Parkour (le free running) à Gaza

Pousser les limites du corps à l’extrême est un plaisir pour des jeunes en ville à Genève et à Gaza. Parkour est né dans les banlieues de Paris. C’est un sport qui vise à éliminer des barrières matérielles et psychiques. Un article du Haaretz décrit le parkour né à Khan Younis, deuxième ville de la bande de Gaza. Le parkour gazaoui est devenue un art visant à dépasser les obstacles. Pour un avant-goût, cliquez ici: http://www.theadrenalist.com/sports/parkour/parkour-gaza-strip/ et ici : http://dawn.com/2012/11/08/free-style-running-in-gaza/ Gaza, parkour, free running, Palestine, sport, Fecebook, Khan Younis, jeunes, obstacles, saut, siège

Un adepte de parkour à Gaza saute par-dessus un barrage routier du Hamas (photo Klaus Thymann)


« A Gaza, des Palestiniens sautent des toits à la rue

Un lieu dont la densité est une des plus grandes du monde est devenu une arène naturelle pour des jeunes qui sautent des toits aux murs.
Par Haaretz le 13 novembre 2012

En 2005, alors que les autorités israéliennes finalisaient leur projet de désengagement unilatéral, le jeune Abdallah Enshasy, résident des ruelles surpeuplées de Khan Younis, a eu une idée géniale. Cette idée n’allait pas changer le destin de sa nation, mais elle a bien changé sa vie à lui et l’ambiance dans lequel il baignait.

Enshasy a vu le documentaire « Jump London » dans lequel trois jeunes évoluent parmi les monuments les plus connus de Londres en volant d’un endroit à l’autre. Enshasy voyait la bande de Gaza comme un lieu se prêtant à merveille à cette passion urbaine de parkour et se voyait lui-même comme son pionnier.

Avec son ami Mohammed al-Jakhbeer, Enshasy a commencé à sauter dans les rues en ruine de Gaza en imitant les jeunes du film « Jump London ». ‘Au début, nous n’étions pas bien acceptés,’ dit Enshasy au New York Times en 2011. ‘Les gens disaient que nous sautions comme des singes et escaladions des murs comme des voleurs.’  Les deux amis se sont vite fait une réputation auprès de la police locale.

Sept ans plus tard, une douzaine de jeunes pratiquent le parkour partout à Gaza pour le grand bonheur des spectateurs. La page Facebook du Gaza Parkour Team a 1673 abonnés qui proviennent de partout dans le monde. ‘Nous avons envie d’encourage les jeunes en Palestine de pratiquer le parkour,’ affirment les fondateurs sur leur page.

En mars 2012, les autorités israéliennes ont permis à plusieurs jeunes de participer à un meeting d’adeptes de parkour à Rome. ‘Nous avons pu passer au-dessus de l’obstacle le plus difficile – celle de la frontière israélienne,’ a dit un des jeunes.

Parkour est un sport hautement risqué, comme d’autres sports extrêmes. L’entraînement demande énormément de temps ; la santé et les accidents sont des préoccupations majeures. Dit Jihad Abu Sultan : ‘Parkour est un sport qui vous apprend à dépasser les obstacles dans la vie. Il me donne le sentiment d’être libre.’

Pour pratiquer le parkour, il n’y a pas besoin d’équipement. On peut sauter n’importe où … dans le cas de Gaza, dans les cimetières locaux, sur le toit de l’hôpital et dans les ruines trouées des balles ou des obus. ‘C’est ici que nous jouons habituellement,’ disent les jeunes. ‘Nous vivons sous le siège.’

Ces dernières semaines, la situation autour de Khan Younis est fragile, avec des clashes entre Israël et le Hamas. Les attaques aériennes israéliennes forcent les jeunes adeptes de parkour à changer souvent le lieu de leur entraînement, voire à l’annuler. Ils savent qu’ils se mettent en danger.

Les parents de Jakhbeer préféreraient qu’il trouve un travail salarié pour aider la famille. Il est diplômé de la faculté de multimédia de l’Université Islamique. ... ‘Il n’y a pas d’avenir dans le sport,’ dit un membre de la famille.

A l’évidence, il n’y a pas d’avenir pour quoi que ce soit à Gaza. Selon les Nations Unies, 70% de la population est âgé de moins de 30 ans, et la moitié de ces jeunes sont sans emploi. Beaucoup de jeunes errent sans but dans les rues. Il y a un mois, l’un d’eux, Mohammed Abu Nada, 20 ans, s’est immolé, ne voyant pas d’issu à sa situation désespérante.

Mais les adeptes de parkour à Gaza refusent de céder au désespoir. Ils enseignent le parkour aux jeunes ‘pour aider de supporter la vie déprimante à Gaza.’, dit Enshasy »

Pour mieux voir tous les aspects de la vie d’Enshasy et Jakhbeer, deux jeunes pas tout à fait comme les autres, cliquez ici : http://www.aljazeera.com/programmes/artscape/2011/06/2011619123857973866.html

21:44 Publié dans Connaissance du Monde | Tags : gaza, parkour, free running, palestine, sport, fecebook, khan younis, jeunes, obstacles, saut, siège | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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