27/11/2012

« Permettez à Gaza de respirer

Par Jessica Montell, directrice de B’Tselem, Centre israélien d’information pour les droits de l’homme dans les territoires occupés

(New York Times 21 novembre 2012)

En discutant du conflit récent dans la bande de Gaza et au sud d’Israël, on tombe la plupart du temps à des disputes de cours de récréation : Qui l’a commencé ? Qui se comporte de la pire manière ? Entretemps, des millions de gens des deux côtés de la frontière sont en train de payer un prix terrible, avec l’extrémisme comme vainqueur.


En ce moment, il n’est pas certain que le nouveau cessez-le-feu tienne. Nous savons d’après l’expérience du passé que les victimes civiles et la destruction par une opération terrestre aurait été dévastatrice. Gaza ne s’est pas encore remis de la mort et la destruction causé par l’Opération Plomb Durci il y a quatre ans [décembre 2008-janvier 2009 ndlt].

Les résidents de Gaza ont le droit de ne pas seulement survivre, mais de prospérer. Israël peut aider à cette fin en levant les restrictions sur les exportations et la liberté du mouvement des personnes 

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 Jessica Montell au travail dans le bureau de B’Tselem à Jérusalem

On espère que ce cessez-le-feu garantira que les civils des deux côtés seront protégés, et que ceux qui attaquent des civils ou violent d’autres règles de la guerre seront tenus pour responsables. Mais les citoyens de Gaza ont besoin de beaucoup plus que ça.

Les résidents de ce petit morceau de terre appauvri ont le droit non seulement de survivre – mais de prospérer. Cela veut dire qu’Israël doit lever son blocus sur la bande de Gaza. Si les restrictions sur les importations sont quasi toutes levées depuis 2010, ce n’est pas le cas pour un interdit sur les exportations qui a mené à la fermeture des usines, des fermes et des entreprises de Gaza. Il y a une deuxième partie du blocus encore en place que maintient Gaza et la Cisjordanie complètement isolés, l’un de l’autre. Cette séparation divise des familles, empêche l’accès aux hôpitaux aussi bien que tout lien normal entre les deux moitiés du territoire palestinien.

Ironiquement, le blocus a joué un rôle déterminant dans la militarisation actuelle de Gaza. L’économie des tunnels a profité au gouvernement du Hamas, qui imposait les denrées contrebande, et qui a pu accumuler des armes qu’ils ont retourné maintenant contre Israël.

En tant qu’israélienne, j’ai besoin de la protection de mon gouvernement, mais je sais que mon gouvernement est aussi responsable pour le bien-être des Palestiniens dans les régions toujours sous contrôle israélien. Le lever du blocus est un élément essentiel de tout effort à promouvoir un avenir où Gaza et Israël peuvent vivre comme voisins plutôt que comme des ennemis. »

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