16/03/2013

Il y a dix ans, Rachel Corrie

Le 16 mars, 2003, Rachel Corrie, 23 ans, fut tuée par un bulldozer israélien dans la ville de Rafah, au sud de la bande de Gaza. Elle était debout avec un mégaphone sur un monticule de terre demandant aux soldats de ne pas raser la maison d’un pharmacien et de sa famille. L’année dernière, sa mort fut classée comme accident par une cour civile israélienne.

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 Rachel à l’honneur dans la ville de Ramallah, Cisjordanie (16 mars 2007, photo ISM)


A Gaza aujourd’hui, on rencontre des enfants dont le prénom est Rachel.

Les journaux que Rachel a tenu furent publiés en 2008 (« Let Me Stand Alone »). Un soldat israélien lui écrit le 8 février 2003, « … s’il te plaît, documentes tout ce que tu peux, … il y a beaucoup de soldats dans les territoires occupés qui sont malades de ce qu’ils voient…ce que tu fais est bien, je t’en remercie. Paix, …»

Rachel écrit des E-mails à sa mère le 27 et le 28 février. Avant tout, elle se sent personnellement responsable en tant qu’américaine pour ce qu’elle appelle « un génocide » de la part des dirigeants israéliens. Elle situe ce qu’elle voit en Palestine dans un cadre plus général : dans le monde, « … il y a une disparité croissante des richesses et du pouvoir, un problème avec une augmentation du contrôle privé des intérêts publics, un problème de base avec la démocratie, ce qui devient de plus en plus meurtrier. » Mais « nous sommes essentiellement tous les mêmes dans notre fort intérieur – nos différences sont dues principalement à notre situation particulière. »

Rachel se sent faire partie d’une nouvelle vague de conscience : « Nous travaillons face à des structures de pouvoir massives, sophistiquées et ancrées dans la durée. Nous travaillons au milieu de systèmes d’information qui nous font croire que nos expériences personnelles n’ont pas de poids, que nous sommes impuissants et que l’avenir est déjà scellé. »

De nos jours, la vision et l’indignation de Rachel reste intacte. Dix-huit jours avant sa mort, elle se demande si vraiment la plupart des gens savent ce qui se passe. C’est une excellente question.

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