05/08/2013

Les Gazaouis espèrent passer leurs vacances comme les autres

Ziad Medoukh est responsable du département de français à l’Université Al-Aqsa dans la ville de Gaza et de son Centre pour la Paix. En vacances, il nous décrit les journées estivales des habitants de Gaza.

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 La plage à Gaza, 18 juin 2013 (photo Middle East Monitor - Memo - Mohammed Asad)


 « Nos vacances à Gaza

par Ziad Medoukh
4 août 2013

La situation difficile vécue par plus de 1,7 millions de Palestiniens de Gaza touche tous les domaines de leur vie sous blocus et sous menaces israéliennes permanentes.

Au début de chaque été, les Gazaouis s’interrogent, ils se posent toujours la même question : où peut-on passer les vacances cette année ?

Cette question est posée depuis l’an 2000 avec la fermeture de frontières et notamment en 2006 avec le blocus illégal imposé par les forces de l’occupation israélienne contre les habitants de la bande de Gaza. Le déplacement des Gazaouis vers la Cisjordanie et vers l’étranger est quasi impossible pour la plupart d’entre eux.

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Si proche et pourtant si éloigné : inscription à la mairie de la ville de Gaza (Eva Bartlett, ingaza.wordpress.com)

C’est vrai que les habitants de Gaza ont d’autres préoccupations, mais ils ont aussi le droit de passer quelques moments de détente pendant leur mois de vacances scolaires estivales.

Cet été 2013, la situation est devenue de plus en plus dure avec la fermeture du passage de Rafah, côté égyptien, qui a empêché les Gazaouis de passer leurs vacances en Egypte ou dans d’autres pays.

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Fermeture du passage de Rafah, 18 mai 2013 (Eyad Al Baba/APA Images)

En général, ils ne profitent pas de leur mois de congé, ils sont obligés de rester enfermés dans leur prison à ciel ouvert.

Pour la majorité de ces habitants, la plage de Gaza reste le seul endroit pour eux où passer quelques heures par jour afin d’oublier les difficultés quotidiennes.

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Artiste du sable, 18 juin 2013 (photographe Memo Mohammed Asad)

En fait, la plage attire les familles, les jeunes et les habitants de toute la bande de Gaza qui viennent y passer des heures. Ils fuient la chaleur et les coupures d’électricité et oublient  le stress d’une année de travail ou d’étude.

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A la plage, des distractions, 18 juin 2013 (photographe Memo Mohammed Asad)

Dans cette région sous blocus, il n’y a pas d’autres lieux touristiques. De plus, les villages situés à la campagne au sud et au nord de la bande de Gaza sont proches des zones tampons imposées et contrôlées par l’armée israélienne qui peut tirer à tout moment sur les habitants.

Pendant leurs vacances scolaires, les enfants de Gaza n’ont pas de vrais clubs ni de structures éducatives. A part quelques associations qui s’occupent d’eux et quelques bibliothèques publiques, ils passent leur temps soit à jouer devant leurs maisons et dans des quartiers souvent surpeuplés, soit à accompagner leur famille sur la plage où sont souvent organisés pour eux des camps d’été et des colonies de vacances et les camps d’été organisés. 

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On s’amuse au camp d’été d’UNRWA, 18 juin 2013 (Xinhua/Khaled Omar)

Les plus grands, qui souffrent du chômage et de l'absence de perspectives, passent leur temps, soit dans les cafés soit devant leurs maisons, à échanger sur un avenir sombre pour eux, soit ils se retrouvent nombreux sur la plage.

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Le temps est chaud, plage de la ville de Gaza, 31 mai 2013 (photo REUTERS/Mohammed Salem)

Avec le blocus et les coupures d’électricité permanentes, les familles ont annulé les visites familiales et préfèrent passer la grande partie de leurs journées sur la plage de Gaza.

Même l’accès à ce seul endroit de loisir est quelquefois difficile, avec la présence de la marine israélienne et des difficultés économiques qui empêchent beaucoup les gens de se rendre en ce seul lieu de respiration, sans oublier les problèmes sanitaires sur la plage.

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 Déchets sur la plage, ville de Gaza, 24 juin 2013 (photo REUTERS/Mohammed Salem)

Le tourisme interne n’est pas développé dans la bande de Gaza et l’accès aux quelques sites et lieux touristiques en Cisjordanie est presque impossible pour les Gazaouis depuis 2000, donc la plage de Gaza reste leur seule option.

Heureusement que la mer existe dans la bande de Gaza, sinon  les habitants étoufferaient.

Les Gazaouis espèrent et espèrent : ils espèrent une ouverture, ils espèrent vivre une vie normale, ils espèrent la fin du blocus, ils espèrent passer leurs vacances comme les autres et ils espèrent la liberté et la paix. »

Commentaires

Votre article est très intéressant et ce à plusieurs titres.

1. il y a du travail à Gaza,
2. les gazaouis ont assez d'argent pour aller en vacances,

Je me demande si la marine israélienne n'est là pour assurer la sécurité des gazaouis.

Tuer des policiers égyptiens, n'est vraiment une bonne idée.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 06/08/2013

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