30/08/2013

Silence sur Gaza

Lea Frehse écrit depuis quelques mois pour le Centre d’Information Alternatif à Jérusalem. Elle publie un article par Ayman Qwaider, blogueur Gazaoui de 25 ans qui vit dans le camp de réfugiés de Nuseirat, au milieu de la bande de Gaza. Ayman a eu bien de difficultés pour aller étudier en Espagne, il y a trois ans. Il est à nouveau retenu malgré un permis qui l’autorise à se déplacer pour continuer ses études. Vous trouvez ici la traduction française de son article. 

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Garçon palestinien avec son cerf-volant au passage fermé de Rafah, 1er juillet 2013 (Ali Jadallah/APA Images)


  « Ramenons Gaza sous les projecteurs !

 

28 août 2013, Ayman Qwaider, bande de Gaza

 

La bande de Gaza est sous un blocus presque total, imposé par Israël et l’Egypte, depuis 2007. Rafah, le seul passage avec l’Egypte, est fermé depuis que l’armée a pris le pouvoir en Egypte. Comme les frontières avec Israël sont quasi impossible à traverser pour les Palestiniens, ils sont des centaines, ayant pourtant des permis en ordre pour voyager, à ne pouvoir ni quitter Gaza ni y revenir. Cette situation péjore gravement la vie de tous les jours - socialement, économiquement et en ce qui concerne l’éducation. bande de Gaza, passages, Rafah, Erez, blocus, occupation, isolement, études, hôpitaux, pêcheurs, Israël, Egypte

Tour de contrôle à Rafah, la frontière entre l’Egypte et Gaza (Photo : Marius Arnesen, Wikimedia)

 

Les étudiants palestiniens, les malades, tous ceux qui ont des permis pour voyager –j’en fais partie – cherchent à utiliser le passage d’Erez (entre Gaza et Israël) – pour arriver à leurs universités, leurs hôpitaux, assister aux conférences ou programmes de formation prévus. Mais Rafah et Erez leur restent fermés. Il y a une politique systématique d’isolement pratiquée contre les 1,7 millions d’habitants de la bande de Gaza, une politique qui dénient les droits humains élémentaires. Espérons que cette situation finira bientôt et que ceux qui ont besoin de liberté seront exaucés. 

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Les passages de Rafah, au sud, et d’Erez, au nord, de la bande de Gaza (Wikipedia)

En ce moment, les réalités changeantes dans la région, l’occupation israélienne qui perdure et le conflit politique interne ont des répercussions dramatiques sur le quotidien des Palestiniens à Gaza. La situation actuelle consiste en une pure privation.

 

Parmi d’autres problèmes, le manque d’électricité est dévastateur : plus de huit heures de coupures par jour. Pendant la nuit, la ville de Gaza devient une ville fantôme, plongée dans le noir presque total, noyée sous le bruit assourdissant des générateurs que les Palestiniens doivent ‘accepter’ comme partie de leur vie de tous les jours. De surcroit, la crise du carburant est très visible ces jours-ci. On voit de longues files de voitures et de taxis qui attendent de remplir leurs réservoirs d’essence pour poursuivre le train normal de leurs affaires. C’est bientôt la rentrée à Gaza, mais plusieurs écoles qui furent détruites ou endommagées dans les attaques récentes sur Gaza n’ont pas encore été reconstruites pour absorber le nombre élevé d’élèves. Ceci oblige les directeurs de certaines écoles à assurer un double service – un système qui devient trop fréquent. 

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File d’attente pour l’essence dans une station service de la ville de Gaza, 17 juin 2013 (Ashraf Amra/APA Images)

 

Sur la côte, les pêcheurs continuent d’être harcelés par des bateaux de la marine israélienne, avec le résultat négatif que cela implique pour leur gagne-pain. Il y a peu de jours, la flotte militaire israélienne a ouvert le feu contre des hasakas [un hasaka est un petit bateau palestinien de pêche ndlt]. 

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Hasakas (photo David Levene/Oxfam)

Les forces israéliennes attaquent les pêcheurs à des distances qui varient entre un et six miles nautiques, mettant leur vie et leurs bateaux en un péril constant et imprévisible.

Ceci est seulement mon très petit survol de la situation ici à Gaza. Ici, tout le monde suit les évènements en Egypte de près. Dans l’intervalle, Gaza est quasi disparu des media internationaux. J’espère qu’avec ces quelques lignes, je peux remettre Gaza en lumière! »

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