15/12/2013

Gaza sinistré

Malgré la pénurie sévère d’électricité, Rami Almeghari, journaliste, parvient à publier un article sur le désastre naturel à Gaza. En même temps, Nick Spicer envoie un rapport à Al Jazeera en anglais (cliquer ici : http://www.aljazeera.com/video/middleeast/2013/12/thousands-evacuated-after-gaza-floods-2013121514947470895.html ). Dans ce film, on peut voir un de mes amis qui travaille pour le Comité international pour la Croix Rouge en train de distribuer de l’aide depuis un camion. Il y a deux jours, il était à Rafah, au sud de la bande de Gaza, pour aider à évacuer des familles sinistrées. Je traduis ici l’essentiel de l’article de Rami Almeghari. On peut consulter l’article dans son intégralité ici : http://electronicintifada.net/content/families-seek-refuge-school-flooded-gaza-turns-disaster-area/13004.

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Des milliers de Palestiniens de Gaza ont été déplacés en raison d’importantes inondations (Eyad Al Baba / APA images)


 « Des familles cherchent un abri dans une école tandis que Gaza inondée devient une ‘zone sinistrée’ 

Deux tôles sont tombés du plafond de la maison de Bilal al-Riqib au sud de la bande de Gaza, mardi soir. Elles ont manqué de peu les têtes de sa femme et ses enfants (dont un enfant de cinq mois). Ils étaient déjà sans électricité quand un des pires orages de mémoire de la région s’est abattu au sud de la bande de Gaza où ils habitent à Bani Suhaila. De grandes étendues restent sous l’eau, des milliers d’habitants sont déplacés.

Al-Riqib est un employé dans la construction, il est au chômage. Sa maison ne contient que deux pièces. Il n’avait pas encore réglé toute la facture de ses meubles. La famille s’est sauvé d’abord dans une école voisine, maintenant elle passe la nuit chez des voisins. Al-Riqib n’a pas pu travailler depuis le mois de juillet : l’entreprise qui l’employait dépendait de matériaux amenés depuis l’Egypte à travers les tunnels. Beaucoup ont été détruits par les autorités égyptiennes. …

Avec la famille d’al-Riqib dans l’école primaire d’Ibn Zaidoun se trouvent 16 familles, soit environ 100 personnes. Parmi eux, la famille de Basim Qahwaji, 46 ans, père de 7 enfants. Leur maison est inondée. ‘Mes sept enfants et leur mère dorment maintenant ici. Nous avons reçu trois matelas, trois couvertures avec de la nourriture et de l’eau,’ dit-il. Mohammad Braim, un travailleur municipal, s'explique : ‘Nous avons fait notre possible pour aider ces familles.’ 

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Un tracteur enlève la carcasse d’un cheval des eaux (5 décembre
http://felestin.ps)

Le porte-parole pour l’UNRWA Chris Guinness décrit le travail de l’ONU  pour la Ma’an News Agency ainsi : ‘De grandes étendues du nord de Gaza sont sinistrées, l’eau va jusqu’à l’horizon.’ Il a dit que des centaines de familles ont été évacué dans des bâtiments de l’UNRWA et que des milliers d’employés de l’UNRWA ‘travaillent 24 heures sur 24 pour aider les plus vulnérables – les vieux, les malades, les enfants et les femmes.’ Mais, Guinness a averti, ‘la situation est désastreuse et avec l’eau qui monte, le risque de maladies transportées par l’eau ne peut qu’augmenter.’… Guinness a renouvelé l’appel de l’UNRWA pour ‘une pression efficace afin de mettre fin au blocus de Gaza’ qui était en train d’aggraver la crise créée par l’orage.

Peu de jours avant l’arrivée de l’orage, L’Organisation mondiale de la Santé a constaté une dégradation importante dans les provisions de médicaments et le secteur de santé à Gaza.

Isra Almodallal, porte-parole du gouvernement du Hamas, a déclaré : ‘Dans une situation de pénurie de carburant et d’électricité, le gouvernement s’efforce d’aider bien que les ressources soient limitées. Sans ouverture des frontières pour laisser passer l’équipement dont on a besoin, nous aurons de la peine à faire face la crise.’ Almodallal a encouragé les Nations Unies et les gouvernements du monde d’exercer une pression sur Israël pour mettre fin à son siège :

‘Récemment, l’année 2014 fut déclarée année de solidarité avec le peuple palestinienne. A mon avis, c’est l’heure de s’activer pour de vrai et soulager les souffrances du peuple palestinien, surtout dans la bande de Gaza.’

 Rami Almeghari est journaliste. Il enseigne dans l’une des universités de Gaza. »

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