27/12/2013

« Le calme et l’occupation ne peuvent pas coexister »

C’est le message de l’éditorial du journal israélien Haaretz du 26 décembre 2013. Je publie, ici, une traduction de ce plaidoyer, originalement en anglais.

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Photo : un enfant palestinien regarde le débris de la maison détruite de Hala Abu Sbeikha, 3 ans, tuée dans une frappe aérienne israélienne la veille au centre de la bande de Gaza, 25 décembre 2013. Photo AFP.


 « Israël doit laisser vivre les Gazaouis

La bande de Gaza est un baril de poudre prêt à exploser et c’est presque l’heure fatidique.

C’est le début d’un nouveau cercle de violences. Un sniper palestinien de Gaza a tiré sur Saleh Abu Latif de Rahat, qui travaillait pour les Forces de défense israéliennes [IDF, le nom officiel de l’armée israélienne ndlt] près de la barrière à la frontière. Il l’a tué. Cet incident a déclenché une attaque puissante sur la bande de Gaza en réprésaille : une fillette de 3 ans fut tuée et 10 autres personnes blessées.

Les violences ont recommencé vendredi passé, lorsque l’IDF a tué un Palestinien qui s’approchait de la barrière; deux jours après, un autre Palestinien fut blessé par tirs. On le soupçonnait d’avoir l’intention de planter des explosifs. ‘Je propose que vous ne nous mettiez pas à l’épreuve,’ dit le Premier Ministre Benjamin Netanyahu. Il a tenu sa promesse avec diligence.

Mais le calme et l’occupation ne peuvent pas coexister. Pendant des années, Israël et, plus récemment, l’Egypte, ont imposé un blocus sur Gaza qui l’a mis dans la plus grande détresse. Il y a 1,7 millions Palestiniens pris au piège dans un des endroits du monde si densément peuplé. Le marché de l’emploi stagne et les ressources du Hamas, responsable pour la bande de Gaza, sont épuisées. Les tunnels entre le Sinaï et Gaza, qui ne servaient pas seulement à importer des armes, mais aussi des marchandises, sont presque tous détruits. Il est quasi impossible de se rendre en Cisjordanie depuis Gaza ou vice versa et l’exportation des marchandises depuis Gaza est fortement réduite. 

Israël tient Hamas comme responsable de la situation à Gaza, mais c’est Israël qui contrôle tout le périmètre autour de Gaza, ce qui empêche le Hamas d’avoir une influence sur le déroulement de la vie normale. Cette situation paradoxale donne lieu à plein de contradictions. D’un côté, Israël exige que le Hamas garantisse le calme à Gaza, donc que le Hamas se responsabilise pour la sécurité, ce qui implique qu’Israël reconnaisse le gouvernement du Hamas. D’un autre côté, Israël maintient une politique d’étranglement qui affaiblit le Hamas aux yeux des organisations rivales qui, eux, défient le Hamas en lançant des attaques contre Israël.

Le gouvernement doit réexaminer sa politique envers Gaza et faire le nécessaire pour que ses habitants puissent vivre une vie décente. Gaza est un baril de poudre prêt à exploser et c’est presque l’heure fatidique. Même des autorités haut-placées de la sécurité, comme le Ministre de Défense Moshe Ya’alon, le comprenne – Ya’alon a récemment donné l’ordre de relâcher le blocus quelque peu. Ces autorités voient que les démonstrations de forces et les bombardements d’ ‘infrastructures’ ne font que nourrir l’illusion qu’Israël dispose d’une formule magique pour empêcher les attaques palestiniennes.»

21:48 Publié dans Connaissance du Monde | Tags : haaretz, bande de gaza, violences, idf, blocus, israël, egypte, hamas, tunnels, cosjordanie | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Le blocus de la bande de Gaza est un crime contre l'humanité. Tout cela se passe non seulement sous l’œil bienveillant des européens et consorts sinon avec leur complicité même.

Écrit par : Gérard | 28/12/2013

Ce blocus sur les armes et les matériaux destinés à produire des armes est le fruit d'une décision approuvée par l'ONU.

Gaza a une frontière avec l'Egypte et ce sont les égyptiens qui viennent de détruire les tunnels de contrebande.

Gaza manque d'électricité car la compagnie privée israélienne qui vend le fuel n'est plus payée par l'autorité palestinienne qui est en guerre avec le Hamas de Gaza. Cherchez l'erreur...

Des milliers de gazaouis se font soigner en Israël. Si au lieu de détourner l'argent de l'aide internationale au trafic et à la fabrication d'armes, le Hamas avait utilisé cet argent à établir un système de santé, les gazaouis auraient l'un des meilleurs système de santé du monde. Si le Hamas avait choisi de valoriser les infrastructures d'agriculture laissées par Israël lors de son retrait intégral et inconditionnel au service de la population (au lieu de prendre les tuyaux d'irrigation pour en faire des roquettes) et s'il ne détournait pas cet argent pour construire ses villas et palaces, peut-être la vie serait meilleure à Gaza.

Pourquoi ces choix du Hamas ? Avec quels objectifs ? Pourquoi l'Egypte est-elle encore bien plus dure qu'Israël ? Pourquoi cette haine de l'autorité palestinienne pour le Hamas?

Écrit par : archi-bald | 28/12/2013

en accord total avec le commentaire de Gérard
claire-marie

Écrit par : cmj | 28/12/2013

Cher archi-bald, je cherche en vain une vérification de votre première déclaration dans ce commentaire riche de différents éléments. Pourriez-vous s'il vous plaît fournir vos sources pour vos affirmations ? Par exemple, que des milliers de Gazaouis sont soignés dans des hôpitaux en Israël ? Je voudrais bien que cela soit le cas ! Quand au système de santé, les coupures fréquents d'électricité sont malheureusement dévastatrices pour tout appareil des milieux hospitaliers, soit pour le dialyse, soit pour les couveuses ... et les pièces nécessaires pour la réparation des instruments délicats manquent cruellement, tout ceci est dû au blocus.

Écrit par : Carol Scheller | 28/12/2013

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