06/02/2014

Sept ans déjà…

Ziad Medoukh écrit depuis Gaza, nous étions le 4 février 2014. Le mois de janvier était particulièrement éprouvant pour les gens de Gaza. Le poème du Dr Medoukh communique le désespoir d’un éducateur qui enseigne le français et la paix face à l’indifférence du monde international. Il voit ses propres enfants grandir dans un Gaza qui ne ressemble que peu au Gaza où il a grandi. Son vécu est celui de milliers de Palestiniens.

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Zone de tampon (no-go zone), bande de Gaza, 1er février 2012, Anne Paq, Activestills.org


 Sept ans de blocus sur Gaza, cela ne suffit-il pas ?
Ziad Medoukh

 

Quand aurai-je tout ce dont j’ai besoin pour l’école ?
Dit l’enfant de Gaza
Gaza, l’enfance perdue.

 

Quand pourrai-je voyager librement ?
Se demande le jeune de Gaza
Gaza la jeunesse sans avenir.

 

Quand mes proches arriveront-ils de l’étranger pour mon mariage ?
S’inquiète la jeune fille de Gaza
Gaza la ville en cage.

 

Quand pourrai-je réviser mes cours sans coupures d’électricité ?
S'enquiert l’élève de Gaza
Gaza la vie entre parenthèses.

 

L’ouvrier de Gaza s’interroge :
Jusqu’à quand resterai-je au chômage ?
Gaza la précarité.

 

Le malade de Gaza qui ne trouve pas de médicaments :
Où est-il, ce monde dit libre ?
Gaza l’abandonnée.

Le  vieux palestinien de Gaza, devant sa maison touchée par les inondations :
Où est le secours international ?
Gaza laissée à son sort.

Le chercheur de Gaza se demande :
Quand pourrai-je trouver des livres facilement ?
Gaza, la prison à ciel ouvert.

Et l’étudiant de Gaza :
Quand pourrai-je rejoindre mon université à l’étranger ?
Gaza, la fermeture des passages.

Le pêcheur de Gaza se dit :
Quand pourrai-je aller pêcher sans peur et sans limite ?
Gaza sous blocus maritime illégal.

La  mère palestinienne de Gaza se pose toujours la même question :
Quand pourrai-je trouver de tout sur le marché ?
Gaza sous blocus inhumain.

Le  paysan de Gaza voyant ses produits de qualité jetés :
Quand  pourrai-je exporter mes fraises à l’étranger ?
Gaza la terre oubliée.

Et toute la population gazaouite pose au monde trois questions :
Sept ans de blocus inhumain, cela ne suffit-il pas ?
Jusqu’à quand ce blocus israélien inhumain ?
Pourquoi ce silence international devant la souffrance des Gazaouis ?

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