12/03/2014

Jusqu’où ira l’armée israélienne ?

Fin février, Amnesty International publie un rapport « La gachette facile » (« Trigger Happy ») dénonçant la violence sans limites des soldats israéliens qui ont tué 22 civils palestiniens, dont 4 enfants, en Cisjordanie en 2013. Parmi ces cas, plusieurs semblent assimilables à des crimes de guerre. Depuis ces trois dernières années, 67 enfants et 194 adultes ont été gravement blessés par des tirs israéliens. Entre 2011 et 2013, 8'000 Palestiniens, dont 1'500 enfants, ont subi des blessures par des soldats en Cisjordanie. Dans presque tous les cas, les soldats responsables restent actifs dans l’armée. Comme le soldat qui a tiré sur en enfant de 11 ans dans la bande de Gaza le 21 février. Je traduis ici l’article, originellement en anglais. 

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Fadel Abou Odwan sur son lit de l’hôpital (photo Defence Children International)


« Des soldats tirent sur un enfant de 11 ans l’abandonnant à la mort
Defence for Children International (DCI) / Palestine Section, 4 mars 2014, Ramallah

Le 21 février 2014, des soldats israéliens ont blessé gravement un enfant, à la barrière entre Gaza et Israël. Fadel Abou Odwan, 11 ans, est resté seul à terre, perdant son sang pendant trois heures sans qu’on lui apporte de l’aide.

Ce jour-là, Fadel allait aider son frère pour ramener les moutons de leur pâturage près de la barrière de séparation. Des soldats israéliens se sont approchés de lui, ont tiré, puis l’ont laissé sur place, blessé et incapable de bouger. Fadel est resté à terre pendant trois heures sans que l’on lui apporte d’aide médicale. Il était totalement visible par les soldats.

Fadel a raconté son calvaire au DCI depuis son lit d’hôpital. Il se rappelle s’être trouvé au sol après avoir été blessé par un tir à la jambe et à l’aine alors qu’il se distançait des soldats en courant. ‘Je levais ma main vers le ciel en le regardant, puis je réalisais que je n’étais pas encore mort, alors je refermais les yeux en attendant de mourir.’ Il se rappelle clairement qu’il se disait : ‘Je vais mourir, je vais être un martyr.’

Sur le chemin pour retrouver son frère, Fadel avait sur lui la fronde avec laquelle il chassait les oiseaux. Trois officiers palestiniens positionnés comme d’habitude le long de la barrière l’ont arrêté et l’ont délesté de sa fronde. Ces hommes ont commencé à jouer avec la fronde et ont lancé des cailloux contre la barrière avec cette fronde en ignorant les demandes de Fadel qui voulait l’avoir en retour.

A ce moment, dit Fadel, deux jeeps israéliennes sont arrivées de l’autre côté de la barrière à toute allure. ‘Je me suis mis à courir très vite, j’avais très peur –ils allaient tirer sur nous. J’ai couru environ 100 mètres loin de la barrière.’ Une balle l’a stoppé net – elle a passé à travers son aine pour se loger dans sa jambe gauche.

Après une heure, Fadel a entendu un soldat israélien lui dire de ramper vers l’endroit où les soldats se trouvaient. Lorsque le soldat a constaté que Fadel ne pouvait pas bouger, il a voulu couper la barrière, mais il a reçu l’ordre de ne pas le faire. Fadel est resté seul encore une heure, il perdait du sang. Il était à une distance de 150 mètres de la barrière, des deux jeeps israéliennes et d’un tank stationné là. 

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A certains endroits, il y a peu de distance entre l’armée et les Palestiniens de l’autre côté de la clôture : manifestation novembre 2012 photographiée par l’armée israélienne (photo IDF Spokeperson’s Unit)

La nuit descendait et Fadel a entendu des chiens aboyer. ‘J’ai tourné la tête et j’ai vu huit chiens noirs qui reniflaient le sol à environ trois mètres de moi. J’ai pensé qu’ils allaient me manger puisqu’ils sentaient mon sang. Je ne pouvais pas me défendre – chaque mouvement que j’esquissais me causait une douleur atroce.’ Les soldats ont tiré pour faire partir les chiens mais ils n’ont rien fait pour aider Fadel médicalement.

Selon Ayed Abou Eqtaish, directeur du programme Accountability [Responsabilisation ndtl] chez Défense Enfants International-Palestine : ‘Ceci est un exemple horrifiant d’un cas où des soldats israéliens ont blessé un enfant en toute impunité. Lorsqu’un enfant est blessé par tir et abandonné pendant des heures sans soins médicaux, il faut que les responsables soient déférés devant la justice.’

Au bout de trois heures, le frère de Fadel et ses cousins l’ont sauvé et amené à l’hôpital. Le rapport médical montre qu’il a subi une opération pour enlever ses testicules avant d’être placé aux soins intensifs. Selon son médecin, ‘Cette blessure handicapera Fadel physiquement et psychologiquement pour le reste de sa vie et limitera certainement ses possibilités de se marier et d’avoir des enfants.’

Fadel fait maintenant partie des nombreux enfants qui ont subi des blessures le long de la barrière de Gaza. Le Centre palestinien pour les droits humains (PCHR) a documenté au moins six enfants blessés et un tué dans cette région depuis le début de l’année 2014.

‘Ils m’ont tiré dessus sans aucun motif,’ dit Fadel, toujours à l’hôpital. ‘Ils auraient pu me venir en aide mais ils m’ont simplement laissé là pendant trois heures de temps. Je n’oublierai jamais ce qu’ils m’ont fait.’ »

Commentaires

Je regrette, mais je ne crois pas un mot de ce que vous écrivez. Et je ne veux pas laisser Patoucha et Corto seuls face à vos allégations. Alors des preuves, sinon on vous considèrera comme la énième idiote utile à bavocher la propagande des "Autres", ceux qui ne nous aiment pas, ceux qui ont dansé de joie au soir du 9/11...
A priori, vous êtes une menteuse et une idiote.

Écrit par : Géo | 12/03/2014

Geo, vous venez de pratiquer les insultes que vous reprochez à Corto. Vous n'êtes pas meilleur et mériteriez d'être censuré.

Écrit par : Jmemêledetout | 12/03/2014

jmemeledetou@ (massacre du pseudo, comme Geo). Où voyez-vous une seule insulte ?
Je demande des preuves, et si Mme Scheller ne peut les fournir, alors je la considèrerais comme "A priori, vous êtes une menteuse et une idiote.", parce qu'on ne peut balancer un tel texte sans l'appuyer de documents prouvant la véracité des faits dénoncés.

jmemeledetou, je ne vous aime pas, mais alors pas du tout. Il serait bon que vous pensiez à utiliser ce que vous avez entre les oreilles avant d'écrire. Je n'oublie pas votre extrême légèreté à parler de sujets dont vous n'avez pas la moindre idée, comme votre critique des Gripen chez Duval.

Écrit par : Géo | 13/03/2014

@Geo,

Je ne vous aime pas non plus, cela ne m'empêche pas d'être courtoise et de vous approuver parfois lorsque vos propos correspondent à ma vision.

Ceci ne serait pas une insulte ? Je vous cite :

"A priori, vous êtes une menteuse et une idiote."

Dans ce cas, nous n'avons pas la même notion de l'insulte. Vous auriez très bien pu demander une preuve ou explication de la source sans cela.

Pour ce qui me reste de quart de neurone entre les deux oreilles, celui-ci semble satisfaire de nombreuses autres personnes. Il ne se sent donc pas isolé. On ne peut pas plaire à tout le monde.

Écrit par : Jmemêledetout | 13/03/2014

Pour consulter les sources des informations dans cet article, vous pouvez cliquer sur "un rapport" et "La gachette facile" (en italics), sur "Defence for Children International (DCI/Palestine Section" et sur "Fadel a raconté son calvaire".

Écrit par : Carol Scheller | 13/03/2014

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