26/04/2014

Un regard lucide et positif

Barak Ravid, journaliste israélien bien informé, explique pourquoi Israël devrait se réjouir de la réconciliation palestinienne de Sha’teh dans un article du journal israélien Haaretz, il écrit : « durant les cinq ans de Netanyahou, assis dans son fauteuil de premier ministre, il a négocié avec le Hamas en y mettant plus de temps, plus de sérieux et beaucoup plus de bonne volonté qu’avec le président palestinien Mahmoud Abbas. » L’article est originalement en anglais. Je le traduis ici. 

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En 2009 déjà, ex-soldat David Zonsheine et son association  «Courage de Refuser» demandait au gouvernement israélien : « Parlez avec le Hamas ! »


 « La réconciliation palestinienne : une occasion à saisir pour Israël
Par Barak Ravid, 24 avril 2014

A peine quelques minutes après les premières nouvelles d’une percée dans les discussions de réconciliation entre le Hamas et le Fatah, suite à une rupture qui avait duré sept ans, le bureau du premier ministre a réagi par une attaque massive sur tous les fronts médiatiques … Les messages du porte parole pour les médias arabes, Ofir Gendelman, étaient au moins aussi forts qu’un serment du vendredi par le premier ministre du Hamas Ismaïl Haniyeh dans une mosquée de Gaza….

L’humeur belliqueuse de Netanyahou et de ses fidèles n’était pas surprenante. … Comme lors de la perte du pouvoir de Moubarak en Egypte, la victoire de Rohani en Iran ou l’accord provisoire entre Téhéran et les pouvoirs mondiaux, la réponse d’Israël fut à nouveau négative et génératrice de panique. Elle interprète tout changement de statu quo comme une menace au lieu d’une occasion positive.

La réponse du gouvernement israélien n’était pas seulement attendue – elle est hypocrite. Durant les cinq ans de Netanyahou, assis dans son fauteuil de premier ministre, il a négocié avec le Hamas en y mettant plus de temps, plus du sérieux et beaucoup plus de bonne volonté qu’avec le président palestinien Mahmoud Abbas. … Netanyahou a réalisé au moins deux accords écrits avec le groupe terroriste de Gaza : le relâchement du soldat Gilad Shalit et le cessez-le feu qui a mis fin à l’Opération Pilier de Défense en 2012.

Un gouvernement israélien qui aurait sincèrement envie de faire avancer la solution des deux états aurait été heureux et aurait vu l’accord de réconciliation, non pas comme une menace, mais comme une occasion à saisir. Tout compte fait, c’était Netanyahou, son Ministre des affaires étrangères Avigdor Lieberman et leurs collègues du cabinet qui ont déclaré qu’Abbas ne représente pas vraiment le peuple palestinien et qu’aucun progrès ne pourrait se faire tant que l’Autorité palestinienne ne contrôle pas Gaza.

L’accord de réconciliation est une occasion à saisir également parce que les problèmes sérieux du Hamas pourraient bien le forcer à changer de cap, comme c’était le cas pour Yasser Arafat et l’OLP après la Guerre du Golfe en 1991. L’accord oblige le Hamas à faire partie de l’OLP et d’accepter ses principes, y compris les Accords d’Oslo et la Feuille de Route. De surcroit, dans l’acception formelle de cette réconciliation, le Hamas semble prêt à relâcher quelque peu son contrôle de la bande de Gaza en faveur d’un gouvernement d’unité. 

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Un des 10 membres du Fatah relâchés par le Hamas le 21 avril 2014 tient sa fille dans ses bras (ville de Gaza, photo par REUTERS /Suhaib Salem)

L’implémentation de l’accord veut aussi dire qu’il y aura des élections pour le président et le parlement palestinien, pour la première fois depuis des années. En vue de la situation délicate du Hamas par rapport à l’opinion publique en Palestine et surtout dans la bande de Gaza, de nouvelles élections affaibliraient son pouvoir politique. De nouvelles élections renouvelleront également le mandat d’Abbas – ou bien donneront plus de légitimité à la personne élue à sa place – ce qui fera du chef palestinien un partenaire plus stable et plus fort - en somme, un partenaire plus fiable pour Israël. »

Commentaires

Merci beaucoup, Carol, de nous donner une vision élargie de la situation.
Bon dimanche à vous et à tous ceux qui vous entourent!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 27/04/2014

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