30/07/2014

Insoutenable

L’opinion mondiale s’indigne de plus en plus : une deuxième des 85 écoles de l’UNRWA, qui tentent d’abriter les 180'000 personnes officiellement déplacées dans le conflit, a été frappée par des tirs israéliens le 30 juillet 2014. Le bilan de ces trois dernières semaines en ce qui concerne la souffrance humaine n’est pas chiffrable. L’armée israélienne semble anesthésiée quant aux conséquences effroyables de ses actions à Gaza. Selon une amie palestinienne qui suit les évènements heure par heure au téléphone avec sa famille habitant Gaza, « La situation à Gaza est au-delà du désastre. »  Dans ce contexte, je traduis les informations d’une journaliste néerlandaise qui suit le conflit israélo-palestinien depuis longtemps. L’article original est en anglais sur le site des Blogs de l’Electronic Intifada.

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« Bonbons pour les soldats israéliens, cancer pour les civils de Gaza
par Adri Nieuwhof, 29 juillet 2014

Dans un communiquée de propagande particulièrement grotesque, un fabricant d’armes israélien se vante de distribuer des bonbons aux soldats qui attaquent Gaza. Cette entreprise, Israel Aerospace Industries est un des premiers fabricants de drones pour l’armée israélienne. Ces drones ne livrent pas des bonbons aux Palestiniens mais des bombes qui causent de blessures horribles.

L’organisation des droits humains palestiniens Al-Haq a publié une communication le 27 de ce mois qui explique en détail comment des missiles Hellfire commandées par des drones tirent des munitions DIME [munitions explosives contenant du métal lourd ndtl] sur des quartiers résidentiels à Gaza. Le docteur norvégien Mads Gilbert qui travaille actuellement à l’hôpital Shifa en ville de Gaza a témoigné ces dernières semaines de blessures qu’il pense causées par des munitions DIME.

Des corps coupés en moitié
Une bombe DIME contient normalement un mélange de matériel explosif dans un alliage de cobalt, nickel, fer et tungstène. La bombe ne laisse presque aucun fragment métallique dans le corps humain, ce qui permet l’identification de ces blessures en contraste avec les blessures causés par des munitions traditionnelles qui ont une couche extérieure en métal. Des médecins dans la bande de Gaza ont observé des corps entiers coupés en moitié, des os pulvérisés, la peau, le muscle et les os carbonisés par des bombes DIME. Les effets biologiques de ces armes sont dangereux pour les victimes : les tissus de la chair se déchirent, ce qui fait que les amputations sont extrêmement difficiles à soigner et que la mort s’ensuit souvent.

Les soins de ces blessures ont été rendus encore plus problématiques par des attaques israéliennes sur plus de vingt dispensaires ou hôpitaux. Des Palestiniens qui survivent à leurs blessures du type DIME courent un risque substantiel de contracter le cancer. Le fait d’avoir été exposé à un mélange de tungstène et de cobalt constituerait un risque précoce de cancer des poumons selon le Centre américain pour la prévention et le contrôle des maladies. 

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Le personnel de l’hôpital Shifa, ville de Gaza, traite un blessé : les médecins disent qu’ils observent des blessures qui semblent avoir été causées par des bombes DIME. (Ezz Zanoun / APA images)

Criminel
Selon Al-Haq, l’utilisation des bombes DIME contre le peuple de Gaza est une violation du droit humanitaire international. Tuer ou blesser des civils est proscrit par le principe de proportionnalité, central au droit humanitaire. Plus de 80% des Palestiniens tués jusqu’à présent sont des civils selon le Centre palestinien pour les droits humains basé à Gaza. Un cinquième des victimes sont des enfants.

Israël a signé la Convention sur certains armes conventionnelles de 1980 qui interdit l’utilisation d’armes qui ‘causent des blessures inutiles ou des souffrances excessives’. Cette convention sur l’utilisation d’armes chimiques proscrit aussi toute munition dont le but est de placer des fragments dans le corps humain qui échappent à la détection. Al-Haq soutient qu’Israël utilisent les civils palestiniens pour tester les bombes DIME. En ce cas, Israël viole le principe d’humanité du droit international qui exige que toute personne soit traitée avec humanité en toute circonstance. Conduire des expériences sur des civils est également reconnu comme crime de guerre par le Statut de Rome de la Cour pénale internationale.

Tout ceci mène à une conclusion inéluctable : Israël doit être traduit en justice pour ses actes cruels et criminels à Gaza. »

 

 

 

 

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