01/08/2014

Le cauchemar des médecins : un désastre humain guette

Des bénévoles de plusieurs nationalités de l’ISM, une organisation qui prône la fin de l’occupation et le blocus sur Gaza, sont présents pendant le conflit actuel à Gaza. Ils viennent de publier sur leur site un rapport en anglais sur la situation dans les hôpitaux. Je le traduis ici.

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On opère à ras le sol, 30 juillet 2014 (photo par le Ministère de la
Santé à Gaza)


«Ministère de la Santé de Gaza : ‘opérations chirurgicales effectuées dans les couloirs et sur le sol’
31 juillet 2014, Ministère de la Santé de Gaza, Gaza, Palestine occupée

Les hôpitaux de Gaza fonctionnent dans des conditions impossibles – des opérations ont lieu maintenant dans les couloirs et par terre à cause du tellement grand nombre des blessés que ce soit ceux des massacres de la place de jeux du camp de réfugiés de Shati, ceux de l’école de l’UNRWA ou ceux du marché de Shujahiya.

Le manque de places dans les salles d’opérations fait que deux opérations se passent en même temps pendant que d’autres se passent dans les couloirs.

Faute de lits, des actes chirurgicaux délicats ont lieu sur des patients directement sur des brancards posés par terre.

En ce moment, il n’y a pas de places pour les patients postopératoires : l’unité des soins intensifs de l’hôpital Shifa [l’équivalent du HUG ndtl] est au complet ainsi que tous les lits dans les unités chirurgicales. Certain cas ont été transportés à la maternité et aux hôpitaux spécialisés, en médecine interne et à d’autres hôpitaux de Gaza. En ce moment, trente patients sont à même de sortir mais ils n’ont nulle part où aller. Il y a grand besoin de ces trente lits.

Les salles d’hôpitaux débordent de gens – des patients gisent par terre sur des matelas. Il y a parfois même deux personnes dans le même lit et d’autres sont renvoyées trop vite après les soins reçus. Dans beaucoup de cas, il n’est pas possible de faire des dossiers médicaux, faute de temps vu le grand nombre de personnes en besoin de traitement. … Dans de telles conditions, un désastre humain guette. Il est impossible d’éviter des infections et des complications postopératoires, parfois la mort sera inévitable. 

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Des opérations ont lieu dans les couloirs, 20 juillet 2014, (photo par Ministère de la Santé de Gaza)

Il y a déjà des morts à cause du fait que les soins n’ont pas été effectués à temps : le nombre de patients dépasse largement la capacité du personnel.

On évalue à 50% l’incapacité des travailleurs médicaux de répondre aux besoins de traitement : il y a des individus qui reçoivent des soins inadéquats, d’autres n’en reçoivent pas du tout. Notre personnel travaille 24 heures de suite avec un jour de pause sans être payé. La présence de tous les médecins et leurs assistants chirurgicaux a été exigé, pour parer aux grands nombres de blessés. Ils souffrent d’un énorme stress qui ne vient pas seulement du manque de repos mais aussi à la vue de blessures terribles qu’ils doivent traiter et un manque de matériel pour le faire. De surcroit, ils ont constamment peur pour leurs familles et ils craignent des attaques sur les hôpitaux qui sont de plus en plus ciblés par les Israéliens. 

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Garçon blessé à l’hôpital de Shifa, 20 juillet 2014 (Ali Jadallah / APA images)

Le Ministère de Santé à Gaza demande que:

1)    les Nations Unies, le Comité international de la Croix Rouge et d’autres organisations non-gouvernementales internationales fournissent des abris sûrs et hygiéniques pour les patients renvoyés qui n’ont plus d’habitation où retourner : ceci est un besoin très urgent.

2)    les passages aux frontières soient ouverts afin de permettre l’accès d’équipes médicales et du matériel médical. Il s’agit de besoin de première urgence pour soulager les travailleurs sur place.

3)    La communauté internationale prenne des mesures immédiates et concrètes pour arrêter les crimes de guerre qu’Israël est en train de commettre librement à Gaza. »

A 13 heure suisse, Dr Mona Al-Farra du Croissant Rouge palestinien à Gaza, a témoigné à la chaine Al Jazeera en anglais. Ils n’ont pas reçu du matériel médical depuis deux semaines. Elle a perdu plusieurs personnes dans la famille de cousins ce matin à Khan Younis : elle explique que tout le monde travaille en vivant des deuils de ce type. Ce matin, le bilan est de 70 morts et 200 blessés à Rafah, la plupart des civils, dans des attaques où des travailleurs médicaux ont été tués et des ambulances ciblées. Les hôpitaux sont en rupture du stock. Il y a un appel général pour des donneurs de sang …

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