29/08/2014

La mort chez soi

Mourir lors d’une frappe d’un missile israélien sur sa maison : c’était le sort de 999 Palestiniens, dont 329 enfants et 212 femmes, durant les dernières attaques sur Gaza. A ceux-ci s’ajoutent 233 personnes tuées lorsqu’elles fuyaient les bombes. A Gaza, le Centre Al Mezan pour les droits humains continue à documenter toutes sortes de violations du droit international dans des circonstances extrêmement éprouvantes pour ses employés. Les rapports sont en anglais. J’en traduis un ici.

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Un enfant de la famille Al Qassas devant leur maison après l’attaque (photo Al Mezan)


« Pourquoi au nom du ciel étions-nous attaqués ?

La famille Al Qassas et des parents déplacés perdent 7 enfants et 3 femmes dans une attaque de l’armée israélienne sur leur maison

Journaux de Gaza (Gaza Diaries) 11 par Al Mezan, 23 juillet 2014

Plusieurs membres de la famille Yasser Al Qassas se trouvaient au dernier étage de cette maison de trois étages. Yasser et sa femme Summay avaient hébergé chez eux de la parenté, des familles Al Qassas et Siyam. Précédemment, ces familles déplacées avaient reçu l’ordre par l’armée israélienne d’évacuer leurs maisons dans le quartier d’Al Zeitoun où l’armée procédait à des frappes.

C’était vers 3h50 de l’après-midi, lundi 21 juillet 2014. Sans aucun avertissement, un missile lourd israélien a frappé la maison de plein fouet. Personne ne sait pourquoi. Il ne s’y passait aucune activité militaire et personne dans les familles n’est proche d’un groupe de résistants. Des membres de la famille ont décrit amèrement à Al Mezan comment ils ont perdu dix des leurs. Quatre blessés – deux enfants, une femme et un homme – ont survécu à l’attaque. La famille Al Qassas habitait la rue Al Thalatheeni dans le quartier d’Al Sabra, au sud de la ville de Gaza.

Cette attaque est typique de ce type d’incident : un missile cible une maison où les habitants sont présents, souvent sans avertissement. La plupart des victimes dans ce genre d’attaque sont des enfants et des femmes, y compris des dizaines de personnes déjà déplacées à cause des frappes dans une autre partie de la bande de Gaza.

Les victimes de cette attaque sont :

Alyaa Yousef Siyam, 35 ans, un parent du quartier d’Al Zeitoun

Fayza Siyam, 68, belle-mère de Yasser et grand-maman des enfants ci-dessous 

Sumayya Al Qassas, 32 ans, fille de Fayza et femme de Yasser

Islam Yasser Al Qassas, 15 ans, fille de Yasser et Sumayya

Arwa Yasser Al Qassas, 4 ans, fille de Yasser et Sumayya

Samar Yaser Al Qassas, 3 ans, fille de Yasser et Sumayya

Israa’ Yasser Al Qassas, 7 ans, fille de Yasser et Sumayya

Nesma Iyad Al Qassas, 10 ans, fille du cousin de Yasser

Lamya Iyad Al Qassas, 13 ans, fille du cousin de Yasser

Mohammed Zakariya Al Qassis, 4 ans, neveu de Sumayya

Ce genre d’attaque dans laquelle une maison est la cible direct d’une attaque représente une des plus grosses violations du droit international par l’armée israélienne pendant l’opération qui continue en ce moment [rapport rédigé le 23 juillet ndlt] à Gaza. … Sur les 311 personnes tuées jusqu’à 13h le mardi 22 juillet, 15 étaient des combattants. 

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Un mois plus tard, le 24 août, Issam Jouda pleure aux obsèques de sa femme et quatre enfants, tués dans leur maison de Jabaliya (Ezz al-Zanoun / APA images)

Al Mezan souligne que le fait qu’une personne qui pourrait être qualifiée de combattante se trouve dans un lieu donné ne change pas le statut de ce lieu comme cible civile. S’attaquer à une cible civile est une violation grave du droit international, illégitime en toute circonstance. Ce genre d’attaque se doit d’être investigué rapidement et de façon crédible pour que ceux qui l’ont ordonné ou commis puissent être traduits en justice. »

On peut cliquer sur « Reports and Studies » sur le site d’Al Mezan pour lire les dix rapports qui précèdent celui-ci.

Commentaires

« Pourquoi au nom du ciel étions-nous attaqués ?" Cette question attend une réponse. Qui répondra?
" un missile cible une maison où les habitants sont présents, souvent sans avertissement."
Ils meurent.
Leur nom, leur âge, leur famille... Nous avons le droit de questionner... de connaître le contexte familial
Nous avons le droit de connaître qui a fait cela, et pourquoi!

Écrit par : cmj | 29/08/2014

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