18/11/2014

Des écoles-abris

C’est la non-vie pour des milliers de Palestiniens de Gaza dont la maison était totalement détruite par les bombardements israéliens l’été passé : plus de chez eux. Ces déplacés palestiniens habitent dans des écoles gérées par les Nations unies (UNRWA). Un article de Gisha (Centre légal pour la libre circulation), organisation israélien sans but lucratif, décrit cette situation.

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Hommage artistique aux victimes des attaques israéliennes sur le quartier de Shujahiya en juillet par l’artiste Eyad Sabbah. Il a utilisé de la fibre de verre recouverte d’argile. 21 octobre 2014 (Mohammed Asad / APA images)


« Plus de 30'000 personnes vivent encore dans les écoles de l’UNRWA : Comment vivent-ils ?
par Gisha, Gaza Gateway, 13 novembre 2014

Il y a deux mois et demi que l’Opération Bordure Protectrice est finie. Pendant les attaques, des milliers de résidants de Gaza ont trouvé abri dans les écoles de l’UNRWA. Beaucoup d’entre eux sont retournés dans leurs maisons tandis que d’autres, dont la maison était détruite, logent chez la parenté ou chez des amis. Mais dans 18 écoles de l’UNRWA, ils sont encore plus de 30'000 sans maison et sans aucune solution temporaire à leur situation. Ils attendent la reconstruction promise de Gaza tout en vivant dans des salles de classes transformées en appartements d’une pièce.

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appartement dans une salle de classe (photo Gisha)

Malgré des dommages très conséquents à des habitations et à d’autres bâtiments partout dans la bande de Gaza, malgré l’hiver qui approche à grands pas et malgré les promesses d’une reconstruction, le Mécanisme pour la reconstruction de Gaza n’est toujours pas organisé. Seulement 33'465 tonnes de matériel de construction ont pu être acheminées pour des organisations internationales en septembre et en octobre, puis 2'516 tonnes ont été autorisées pour la réparation de quelques maisons privées dont les dégâts n’étaient pas trop importants. Ce genre d’importation doit passer par un long processus. Il y a beaucoup d’individus répondant aux critères du Mécanisme qui attendent toujours l’arrivée des matériaux. Ceux dont les maisons étaient très fortement endommagées ou totalement détruites n’ont aucune solution pour l’instant.

La situation était bien différent pendant les premiers six mois de 2013 : chaque mois, environ 420'000 tonnes de matériaux de construction étaient importées à Gaza par le passage de Kerem Shalom, par les tunnels ou par le passage de Rafah (ceci pour des projets fondés du Qatar). Ceci représente plus de onze fois la quantité admise pendant les deux derniers mois. A l’époque, ce volume ne remplissait même pas les besoins élémentaires d’une population de plus de 1,7 millions de Gazaouis. Aujourd’hui, après l’Opération Bordure Protectrice, l’échelle des besoins est toute autre.

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Adnan Al-Najjar devant sa maison à moitié détruite à Khuza’a. Toute la maison est à risque, des énormes trous à peine couverts par le bois ou le plastique. novembre 2014 (photo par Anne Paq).

Eid Abd al-Aziz al-Masri, déplacé avec sa famille dans une école de l’UNRWA, témoigne : ‘Nous sommes des civils sans aucun lieu avec les combats dont les maisons furent détruites. Ils nous ont placés dans des abris comme celui-ci, vraiment inhabitables. Il n’y a pas assez de salles de bains, il n’y a nulle part où faire la cuisine ou se laver. Nous faisons tout dans la salle de classe. Les gamins se lavent à l’aide des casseroles ; nous y faisons à manger, prenons nos repas et dormons.

Al-Masri, ses parents, sa femme enceinte et ses dix enfants habitaient Beit Hanoun. Ils ont dû fuir le quartier à cause des combats. Al-Masri et son fils Ahmad, huit ans, sont retournés à Beit Hanoun à la fin des 50 jours de conflit et y ont trouvé leur maison effondrée. ‘Lorsque j’ai vu ma maison détruite, j’ai eu le sentiment que ma vie n’avait plus de sens,’ dit al-Masri. ‘J’ai hérité de  la maison de mon père, qui l’avait héritée de mon grand-père.’ Ahmad a trouvé sa bicyclette complètement cassée dans les débris de sa maison. Il a pleuré.

Il n’a y que deux toilettes dans chaque école, une pour les hommes et une pour les femmes. Les égouts sont souvent bloqués et une odeur infecte les lieux. ‘C’est très sale,’ dit al-Masri, ‘et cela provoque des maladies de peau.’ Il n’a reçu aucune information quant au programme de reconstruction : il ne sait ni quand les débris de sa maison seront enlevés ni comment les maisons détruites seront reconstruites. Depuis deux mois et demi, sa vie s’est arrêtée. »

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