26/11/2014

Place aux femmes israéliennes !

Elles en ont marre – marre des développements violents de ces derniers mois, marre d’être exclues des décisions politiques qui prônent la guerre sans fin. L’organisation Women Wage Peace (« Les femmes font la paix ») s’est constituée suite aux attaques de cet été contre Gaza. Sa première action visible était une manifestation de femmes israéliennes juives et arabes dans le village d’at-Tira en juillet. Hier, des femmes provenant de partout en Israël ont pris le train pour Sderot, ville voisine de la bande de Gaza, pour réclamer la poursuite concrète et conséquente d’une politique de paix par les autorités de leur pays. C’est l’histoire que raconte un article de l’édition anglaise du Ha’aretz d’aujourd'hui. Je le traduis ici.

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Membres de « Les femmes font la paix » lors du trajet entre la gare de Sderot et le Collège Académique Sapir, d’où avait lieu l’inauguration de leur nouveau mouvement le 25 novembre 2014. (photo par Ilan Assayag)


 « À la frontière avec Gaza : un train de femmes pour la paix
par Judy Maltz, Ha’aretz, 26 novembre 2014

Anat Cohen pourrait être la femme choisie pour les affiches de Les Femmes font la paix, un mouvement de la société civile israélienne qui a annoncé son existence officiellement aujourd’hui. Cette mère de 52 ans, qui a deux enfants, donne des cours de Pilates pour des femmes de la classe ouvrière à Holon. Elle ne vote pas à gauche mais pour Shas, le parti séfardi orthodoxe. Elle adhère au message des centaines de femmes voyageant par train à Sderot : Israéliens et Palestiniens doivent immédiatement reprendre les pourparlers pour la paix avec, cette fois-ci, des femmes autour de la table de négociation. ‘Pour moi, un accord de paix n’a rien à faire avec la droite ou la gauche,’ dit Anat.

Un millier de femmes ont participé à la cérémonie d’inauguration sur le gazon du campus de Collège Sapir, environ 700 ont pris le train pour s’y rendre. Le rôle des femmes dans des négociations pour la paix était au cœur des discussions. Le train est parti de Nahariya, près de la frontière avec le Liban, avant de descendre le long de la Méditerranée, où il s’est arrêté à nombreuses reprises pour laisser monter des passagères. Un autre train qui allait d’est en ouest a ramené quelques centaines de femmes à la gare centrale de Tel Aviv où elles ont rejoint les autres en chantant et en criant des slogans. Parmi elles se trouvaient plusieurs activistes chevronnées comme Neta Shemesh du Forum des parents palestiniens et israéliens en deuil. ‘J’en ai marre des guerres,’ dit-elle. En face d’elle, Nitza Peleg, une infirmière de Ramat Hasharon, déclare n’avoir jamais milité depuis son adolescence. Les deux femmes ont grandi ensemble au Kibbutz Shamir. Sa motivation ? ‘J’ai simplement ressenti que je n’en pouvais plus,’ dit-elle. ‘Ce pays s’embarque dans une direction très dangereuse et je ne peux plus rester assise et silencieuse.’ 

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On marche pour la paix. 25 novembre 2014 (photo par Ilan Assayag)

Michal Shamir, directrice de l’Ecole de l’art, des études sociales et de la culture du Collège Sapir, a eu l’idée de ce ‘train pour la paix’. Elle a tiré son inspiration des longues heures passées entre sa maison à Binyamina (au nord) et Sderot. C’est une activiste de longue date : ‘J’ai grandi dans une famille très politisée,’ explique-t-elle. ‘Mes parents ont chacun perdu un frère à la guerre et, après celle de cet été, où j’ai vu le mépris total pour la vie humaine, j’ai décidé qu’il fallait faire quelque chose.’

Une autre activiste, Liat Arbel, ‘peacenik et féministe’ souligne que le mouvement a envie de casser les idées reçues quant aux positions des partis de gauche et de droite. A part quelques jeunes mamans avec leurs bébés, l’âge moyen des femmes était de 40 ans au moins. Parmi elles, il y avait Imogene Friedman, retraitée d’IBM à Haifa, qui a déménagé en Israël il y a 15 ans. Il y avait également Shiri Levinas, une spécialiste de la résolution de conflits, qui a fondé le mouvement avec Michal. Selon Levinas, des recherches prouvent que les négociations ont plus de chance de réussir si les femmes y participent. ‘Elles sont cinquante-et-un pourcent de la population dans ce pays et ne peuvent pas accepter de ne pas avoir la parole en politique,’ dit-elle.

Le mouvement a débuté par un évènement, simultané à la Conférence annuelle de Sderot sur la société, fréquentée par de nombreux responsables politiques et d’autres personnalités. Marie-Lynne Smadja, une des fondatrices nouvellement arrivée de France, conseille : ‘Donnez au mouvement une visibilité. Faites savoir que vous êtes là sur la scène pour réclamer votre place.’»

Commentaires

Les femmes, peu importe de quel parti ou sans parti, croyante ou non, qui en ont marre de la guerre et veulent la paix désirent participer aux négociations, discussions et médiations.

N'est- pas la moindre des choses: PEACE NOW!

SHALOM! Non plus genre slogan mais pour de vrai, pour de bon.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 26/11/2014

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