28/12/2014

C’est vraiment le moment

Le 26 décembre 2014, l’éditorial du journal israélien Haaretz cite l’augmentation du nombre de jeunes de Gaza qui risquent leur vie à la recherche d’un travail et une vie meilleure de l’autre côté de la frontière en Israël. L’après-midi même, Ma’an News signale l’arrestation de deux jeunes palestiniens sur qui l’armée israélienne a tiré au nord de la bande de Gaza puisqu’ils se sont approchés de la barrière avec « l’intention de traverser la frontière ». Un des deux a été blessé aux jambes, les deux étaient amenés pour être interrogés. Cet incident apparemment mineur cache une situation générale insupportable. Selon Haaretz, il y a une augmentation de 25% des tentatives de ce genre depuis septembre. L’éditorial d’Haaretz, en anglais, l’explique en peu de mots que nous traduisons ici.

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La barrière entre Gaza et Israël (photo par Ilan Assayag)
 


« En finir avec le blocus de la bande de Gaza
Editorial du Haaretz, 26 décembre 2014 

Le temps est venu d’en finir avec la politique israélienne de fermeture qui est en échec et de donner de l’espoir aux Gazaouis désespérés. 

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Des Israéliens manifestent contre les actions de leur armée au Rabin Square, 9 juillet 2014, défiant la police, qui a refusé l’autorisation de la manifestation (photo : Activestills)

Depuis la fin de la guerre l’été passé, le nombre de Gazaouis essayant de s’introduire en Israël à la recherche du travail est en augmentation. Ils courent volontiers le risque d’être arrêtés, blessés ou même tués – ce qui atteste de leur désespoir. Israël ne peut pas ignorer ce désespoir, le traitant comme une simple question de sécurité qui aurait une solution technique.

Quelques dizaines de personnes ont essayé de traverser la barrière depuis la fin de l’été. Ils communiquent la détresse et le désespoir ressentis par la plupart des habitants de l’enclave palestinienne. Presque la moitié des Gazaouis sont sans emploi, 70% des familles dépendent de l’aide humanitaire et environ 120'000 individus attendent la reconstruction de leurs maisons détruites. L’eau du robinet à Gaza n’est pas potable et il y a seulement quelques heures d’électricité par jour.

Avec la lenteur de l’arrivée des matériaux de reconstruction dans la bande de Gaza en ce moment, les bâtiments détruits l’été passé ne seront pas refaits avant une décennie. Et même s’il y avait un changement positif dans cette situation, le problème principal reste : il y a 1,8 millions de personnes entassées dans un petit territoire de 365 kilomètres carrés [le canton de Genève compte environ 282 km carrés, avec une population d’à peu près 469'000 habitants, à titre de comparaison ndlt]. Ces gens sont coupés du monde, de leurs compatriotes palestiniens en Cisjordanie tout spécialement. Le déni de libre circulation les humilie, les laissant sans but et sans goût pour la vie. 

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Ecoliers dans une école UNRWA du quartier dévasté de Shijahija, premier jour de la rentrée, 15 septembre 2014 : l'espoir ! (photo par Anne Paq / ActiveStills)

La bande de Gaza n’est pas une entité souveraine. Les noms de ses habitants sont consignés dans un registre contrôlé par Israël. En empêchant les Palestiniens de Gaza de se déplacer et en patrouillant en mer, sur terre et dans l’air autour de Gaza, Israël maintient le contrôle de l’économie de Gaza et la pauvreté qui y règne.

La politique israélienne de couper Gaza du monde a été entamée dans les années ’90’s, avant les vagues d’attentats-suicides et avant l’arrivée du Hamas au pouvoir. Si le but était de garantir plus de sécurité pour les Israéliens, cette politique était un échec abyssal. Elle n’a fait qu’ajouter à l’instabilité et l’incertitude ressenties par les Palestiniens et les Israéliens.

Un camion ou une donation de plus ne changera pas la donne. Israël doit arrêter avec sa politique de fermeture et de coupure de la bande de Gaza du reste du monde. Elle doit reconnaître le fait que les résidents de Gaza font partie du peuple palestinien, dont les responsables politiques s’efforcent à établir un état à côte de l’état d’Israël. »

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