08/04/2015

De la Méditerranée à l’Océan Pacifique

GISHA (Le Centre juridique pour la libre circulation), organisation non-gouvernementale israélienne, a récemment annoncé le départ d’un surfeur qui quitte la Méditerranée de sa Gaza natale pour un mois en destination de l’Océan Pacifique. L’organisation américaine Explore Corps continue à soutenir le sport du surf pour les jeunes de Gaza. L’article original est en anglais. Je le traduis ici.

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Il n’y a qu’une trentaine de sportifs pratiquant le surf de façon régulière dans la bande de Gaza. (Photo : Gisha)


« Attraper la bonne vague
Gaza Gateway, GISHA, 26 mars 2015

Ce matin, Ibrahim Arafat, un surfeur de 24 ans, a quitté Gaza par le passage d’Erez. Il passera par la Jordanie au Pont d’Allenby pour ensuite poursuivre son voyage jusqu’à Hawaii afin de participer à un atelier d’un mois. Cette formation lui donnera la possibilité de lancer le sport du surf à Gaza. L’organisation à but non lucratif américaine Explore Corps, qui soutient des programmes pour les jeunes de Gaza depuis 2008, couvrent tous les frais de cette aventure. Explore Corps contribue aussi à la construction d’un centre communautaire pour les sports aquatiques dans la bande de Gaza. En 2010, Explore Corps a donné 24 planches aux surfeurs de Gaza.

Peu après la fin de l’été terrible de l’Opération Bordure de Protection, en septembre 2014, Explore Corps a invité Ibrahim à Hawaii. Toute personne voyageant de Gaza aux Etats-Unis doit se présenter en personne à un entretien au Consulat américain à Jérusalem. Obtenir un permis pour sortir de Gaza en vue d’un entretien s’est avéré bien compliqué. Après le conflit, Israël a annoncé que la priorité irait aux blessés de guerre et malades, alors la demande d’Ibrahim pour aller à Jérusalem n’a pas été examinée avant le mois de février 2015. Il a pu se déplacer jusqu’à Jérusalem, obtenir un visa, puis revenir à Gaza pour attendre la réponse à la nouvelle demande d’autorisation de voyage de Gaza à Hawaii.

Lundi, le coordinateur des admissions de Gisha a reçu un appel téléphonique surprenant : la demande de visa de sortie d’Ibrahim avait été approuvée. Selon les critères publiées par le Coordinateur des activités du gouvernement dans les territoires (COGAT), des sportifs de la bande de Gaza ont droit à demander un permis pour voyager à l’étranger seulement s’ils font partie d’une équipe nationale palestinienne. Quoique cette autorisation soit une bonne nouvelle, elle montre également l’arbitraire d’une décision sur qui peut ou ne peut pas voyager à l’étranger. La formation d’Ibrahim va certainement améliorer les vies des jeunes de la bande de Gaza mais nous connaissons d’autres demandes, tout aussi légitimes, qui ont reçu des refus catégoriques puisqu’elles ne répondaient pas aux critères.

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Ibrahim Arafat a eu la chance de recevoir un feu vert pour partir à l’étranger (Photo : Ibrahim Arafat)

Mohammed ar-Riyashi, par exemple, fait du surf le long de la côte de Gaza depuis 10 ans. Il rêve de devenir un professionnel comme son ami, Ibrahim. Il a confié au coordinateur de Gisha à Gaza, Mohammed Azaiza, qu’il voudrait pouvait participer à des compétitions internationales pour qu’il ‘puisse parler pour le peuple de Gaza, surtout les sportifs.’

Soixante-quinze pourcent de la population de Gaza est âgée de moins de 30 ans. On s’attendrait à voir un grand nombre de jeunes surfeurs, mais ils ne sont pas plus de 30 à pratiquer ce sport de façon régulière. Les restrictions sur la libre circulation empêchent des surfeurs de développer leurs capacités, faute de pouvoir voyager à l’étranger pour des concours internationaux où ils pourraient apprendre et créer des réseaux. Selon ar-Riyashi, ‘… La Fédération palestinien du sport ne s’investit pas dans un sport qui n’est pas reconnu au niveau international et nous manquons de donateurs et de clubs qui peuvent former de futurs surfeurs.’ Pour rajouter aux complications, Israël rend difficile d’importer de l’équipement de base telle des planches et des combinaisons. De surcroît, la personne responsable pour faire transiter le matériel doit suivre une procédure particulière en s’adressant au comité qui coordonne l’entrée des marchandises à Gaza. 

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Mohammed ar-Riyashi anime l’entrainement des surfeurs sur la plage de Gaza (photo Gisha)

En 2012, ar-Riyashi a pu voyager par le passage de Rafah avec un collègue pour participer à un atelier de surf au Qatar. Il raconte que les Qataris étaient si favorablement impressionnés par leurs prestations qu’ils ont décidé de fournir à Gaza dix bateaux pour les sports aquatiques. L’année passée, il a voulu participer à un atelier de surf en Egypte mais le passage de Rafah lui a été refusé. Ce passage est fermé la plupart du temps. Voyager pour ar-Riyashi et d’autres jeunes sportifs leur permettrait de réaliser leurs rêves personnels et professionnels. Tout le monde en bénéficierait. »

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