09/04/2015

Sans l’occupation et le blocus, il n’y aurait aucun besoin d’aide humanitaire !

Ce sont les propos de James Rawley, Coordinateur humanitaire des Nations Unies pour la Palestine, à la fin du mois de mars. L’UNRWA (l’organisation de l’ONU pour les réfugiés palestiniens) souligne que “Plus de sept mois après l’annonce du cessez-le-feu à Gaza, pas un seul foyer totalement détruit n’a été reconstruit.”, le 3 avril (#Gaza). Le Ministère de Santé de Gaza a saisi l’occasion de la Journée mondiale pour la santé le 7 avril pour rappeler en détail la situation catastrophique de la population. Un résumé de ces informations fut publié par Ma’an News sur son site en anglais. Je le traduis ici. Pour ceux qui maîtrisent l’américain, on peut aussi écouter le témoignage édifiant du 3 avril de l’étudiante Shaima Ziara du Comité populaire contre le siège. 

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Une famille vit dans une tente sur les ruines de leur maison (photo : Ylenia Gostoli, décembre 2014, Qantara.de)

Pour ceux qui s’intéressent, il y aura une conférence du professeur Christophe Oberlin, médecin français qui travaille à Gaza, organisée par la Centrale sanitaire Suisse Romande : « Gaza sous siège, nouvelles du terrain et actualités sanitaires », le 28 avril à 18h, auditoire Yersin au CHUV, Lausanne. 


« Ministère de la Santé : Risque pour les vies humaines si le blocus de Gaza continue
Ville de Gaza, Ma’an, 7 avril 2015

… le blocus de Gaza est maintenant dans sa huitième année. Il y a des centaines de malades dans la bande de Gaza en besoin de soins immédiats à l’étranger, selon le porte-parole du Ministère de Santé Ashraf al-Qidra. La vie de toutes ces personnes sera mise en danger si le blocus perdure. Il manque aussi des fournitures médicales.

La bande de Gaza souffre d’un blocus impitoyable de la part d’Israël et, depuis 2007, également de la part de l’Egypte. En raison de la limitation stricte des exportations et des importations, des crises humanitaires sont fréquentes. La secrétaire du Ministère Yusif Abou-al-Reesh souligne également des atteintes à la sécurité alimentaire. Le blocus israélien pose des obstacles graves à la gestion de la santé à Gaza selon le responsable de l’Organisation mondiale de santé sur place, Mahmoud Daher.

Suite à l’offensive sur Gaza l’été dernier, plus de 10'000 souffrent de blessures majeures selon l’UNRWA. Le Centre Al-Insan pour la démocratie et les droits humains exige une intervention immédiate pour évacuer les centaines de patients ayant besoin de traitement et pour exercer de la pression sur Israël qui doit respecter les Conventions de Genève.

Selon un rapport récent du Comité international de la Croix Rouge, la guerre de l’été 2014 a causé des dommages permanents et invasifs aux infrastructures de l’eau, des réseaux sanitaires et de l’énergie. Ceci pose un problème : une hygiène de base et l’accès à une eau propre est presque impossible.

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Trous d’obus dans le mur de l’école Sobhi Abou Karsh, Shujahiya 5 août 2014 (photo AFP)

Les enfants à Gaza de plus de six ans ont survécu à trois guerres dans leur vie. Les conseillers basés dans les écoles de l’UNRWA ont estimé en mars 2015 que beaucoup d’enfants réfugiés ont des problèmes de comportement et émotionnels. Leurs performances scolaires souffrent en conséquence de ce conflit continu. La dernière guerre de 50 jours a fait plus de 2'200 morts et privé 100'000 gazaouis de leur foyer. Il y a eu auparavant huit jours de bombardement en 2012 suite à la guerre de 22 jours en 2008-2009.

James Rawley, dans le rapport référencé au début de cet article, déclare que les restrictions sur le libre déplacement à l’intérieur du territoire occupé le fragmentent, empêchant les Palestiniens de gagner leurs vies et accéder à des services de base : « L’occupation qui continue mine la capacité des Palestiniens à mener une vie normale. Sans cela et les politiques sous-jacentes, l’assistance internationale humanitaire ne serait pas nécessaire. »

 

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