25/10/2015

Des jeunes sont désespérés

En anglais, Maan News nous apprend l’étendue du désespoir à Gaza, où Israël garde bientôt 2 millions d’êtres humains dans une prison sans exutoire. Quand ce sont des jeunes qui n’arrivent plus à tenir, le point de non-retour est particulièrement palpant. Je traduis l’article ici.

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Lune de sang au-dessus de Deir al-Balah au début de l’éclipse totale de la lune, 28 septembre 2015 (Ashraf Amra / APA images)


«Des envies de suicide augmentent face à la dévastation qui perdure à Gaza
AFP, 30 septembre 2015. Ville de Gaza

Muammar Quidar allait se marier mais il n’en pouvait plus face aux pressions uniques de la vie dans la bande de Gaza. Ce Palestinien de 21 ans a récemment essayé de se tuer en avalant de la mort aux rats. Il a témoigné après avoir survécu et suivi un traitement : ‘Toutes les portes m’étaient fermés,’ dit-il. Il fut arrêté à plusieurs reprises et son stand de fruits et légumes fermé par la police, ce qui le privait de tout revenu. 

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Muammar Quidar de nouveau au travail (AFP / Mohammed Abed)

Le nombre de suicides réussis ou non dans la bande de Gaza est en augmentation … Les chiffres exactes sont impossible à obtenir officiellement dans ce territoire où le suicide reste tabou, étant donné les valeurs traditionnelles et religieuses. La police nie la fréquence de ce phénomène. Mais l’AFP a appris d’une source anonyme que les statistiques étaient ‘effrayantes’ puisque les incidents sont presque quotidiens.

De leur côté, les médecins ont aussi exprimé leur cri d’alarme quant au nombre de patients ayant ingurgité des substances toxiques. Ils laissent toutefois le dernier mot à la police. Mohammed Abu Assi fait partie de ces statistiques. Il a passé plusieurs jours dans un coma après avoir avalé du poison : ‘à 30 ans, je n’arrivais même pas à gagner assez pour nourrir mes enfants petits. Je préférais mourir que de les voir mourir devant moi’ dit-il.  

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Mohammed Abu Assi, vendeur des rues comme Muammar Quidar, est également de retour au travail (AFP/Mohamed Abed)

‘Plus vivable dans en 2020 ?’

Le désespoir gagne à Gaza, surtout depuis la guerre de l’été 2014 qui a laissé plus de 100'000 individus sans foyer et tué plus de 2'200 personnes. Le petit territoire de 1.8 millions fait face à un blocus israélien et une frontière avec l’Egypte fermée. Depuis la guerre, la reconstruction se poursuit à un rythme extrêmement lent. L’accès à l’eau et à l’électricité est limité et le taux de chômage est de 42 % selon la Banque mondiale, un des taux les plus hauts dans le monde. Plus de 60 jeunes sont sans travail et 39 % de la population survit en-dessous du seuil de pauvreté. Plus de 80% des résidents dépendent de différentes formes d’aide. Selon un communique récent de l’agence onusien de développement [UNCTAD ndlt], la bande de Gaza risque de devenir inhabitable en l’espace de cinq ans. …  Un sondage récent a montré que la crise est si grave que 52% des Gazaouis veulent quitter le territoire mais la fermeture des frontières empêche la sortie. Certains ont essayé la dangereuse traversée de la Méditerranée pour tenter d’atteindre l’Europe.

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Premier jour de la rentrée, 24 septembre 2015 : le toit de l’école Shuhada Khuzaa pour filles Khan Younis n’est toujours pas réparé. (Ashraf Amra / APA images)

‘Il nous reste plus rien’

Abu Assi est arrivé à ses limites lorsque la police a fermé son petit café à la plage qu’il avait baptisé ‘Les Racines des Pauvres » en jouant sur le nom de l’hôtel et restaurant avoisinant – ‘Roots’ se trouve dans une autre classe sociale ! Les autorités du Hamas ont l’habitude de fermer des stands ou des magasins qu’ils considèrent illégaux. La famille d’Abu Assi vit dans un petit appartement de 30 mètres carrés. ‘Tout le monde ici, jeune ou vieux, vit dans la pauvreté,’ dit-il. Lorsque quelqu’un arrive au point qu’il considère que la mort est préférable à la vie cela veut dire qu’il nous reste rien.’ … En avril, le Hamas a étouffé une rare action de protestation par des jeunes. Selon l’économiste Omar Shaban, l’explication de l’augmentation des suicides est ‘le désespoir.’ Dans une société ‘qui opprime et écrase les gens, le suicide, la violence et la radicalisation sont des réponses qui donnent à craindre une explosion,’ dit Shaban. »

 

Commentaires

En plus l'Egypte va innonder un canal construit à sa frontière avec Gaza afin de noyer tous ceux qui tentent de creuser des tunnels.

Écrit par : Jeannette Bougrab | 26/10/2015

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